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Rose May Lucotte (Change Now) : « La France peut devenir n°1 de l’innovation environnementale »

Les 28 et 29 septembre prochains, la station F accueillera Change NOW, un sommet international présentant les dernières solutions en matière d’innovation sociale et environnementale. Sa fondatrice, Rose May Lucotte, nous en dévoile les enjeux. Car oui, le changement, c’est maintenant !

Quelle était votre ambition en créant Change NOW ?

Rose May Lucotte :  L’enjeu de Change NOW est de trouver des solutions pour répondre aux grands enjeux d’urgence environnementale et sociale, et les déployer à grande échelle. Notre mission est tout d’abord d’identifier les solutions, puis de les connecter avec les acteurs, entreprises et les fonds qui pourront les développer. Le but est aussi de rassembler et d’attirer tous les talents de cet écosystème afin d’inventer les solutions de demain.

Il y a quelques semaines, San Francisco accueillait le Global climate action summit qui réunissait à la fois des gouverneurs d’Etat américains, mais aussi de grandes entreprises. Des activistes ont critiqué leur présence. De votre côté, pensez-vous qu’on ne peut pas faire sans elles ? 

Rose May Lucotte :  Oui il faut créer une synergie entre les startups qui innovent et les grands groupes qui ont un potentiel de déploiement. Que ce soit via l’intrapreneuriat ou des relations extérieures, nous observons à travers des événements comme VivaTech que les relations entre les startups et les grands groupes deviennent de plus en plus importantes. Le discours sur le Green Washing date et aujourd’hui beaucoup de grandes entreprises innovent dans le développement durable car c’est une question de survie pour leur business, pas juste d’image. C’est le cas dans des secteurs comme l’énergie ou l’automobile. 

Qui sont vos soutiens cette année ?

Rose May Lucotte :  Kering, qui démontre une réelle volonté de faire bouger les choses au niveau de la mode car cette industrie est très polluante, mais aussi Accenture et BNP qui souhaite soutenir l’entrepreneuriat social et environnemental. Nous avons également Clarins, marque très engagée pour le respect de la biodiversité depuis 20 ans, et enfin Citeo, qui propose des éco-emballages.

La France tente de prendre le leadership sur les questions environnementales au niveau mondial. Malgré tout, la démission de Nicolas Hulot a envoyé un signal négatif à tous les défenseurs du climat. Quel a été votre ressenti ?

Rose May Lucotte :  Pour moi, lorsqu’il était en poste, cela nous envoyait le signal que l’on pouvait se reposer sur le Gouvernement. Sa démission nous a rappelés que le changement doit venir de l’initiative privée. J’espère que la Marche pour le Climat va être un catalyseur.

Et de votre côté, vous sentez-vous soutenus par le Gouvernement ?

Rose May Lucotte :  Comme vous le disiez dans votre précédente question, la France essaie de se positionner à l’international. Pour cela, elle s’appuie sur un écosystème déjà bien développé dans l’économie sociale et solidaire. Lorsque nous avons fondé Change Now, nous nous sommes demandés si nous devions rester à Paris, et pour nous, c’est le bon endroit. Maintenant, au niveau gouvernemental, il y a encore peu d’aides pour les entrepreneurs sociaux et environnementaux, ou alors ces soutiens restent tournés vers les associations à but non lucratif. Il faut justement en finir avec ce clivage et ne pas sacrifier l’aspect business. Cela représente un frein pour attirer plus de talents dans le secteur, alors que la demande est là. Nous nous en sommes rendus compte lors du Startup Career Day que nous organisons. Nous avons observé que 80% des candidats étaient intéressés par le volet positive impact. Toutefois, nous espérons beaucoup de la création de French Impact, l’équivalent de la French Tech mais pour accélérer l’innovation sociale. On a annoncé un fonds d’un milliard d’euros. Mais cela est encore loin d’être mis en place.

Comment se positionne l’écosystème français à l’échelle internationale ?

Rose May Lucotte : Nous ne pourrons jamais devancer la Silicon Valley dans l’univers de la tech, mais nous pouvons être leader mondial en matière d’innovation sociale et environnementale. Il y a une vraie place à prendre, nous sommes au coude à coude avec Londres.

Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions durables, mais on a l’impression qu’elles se heurtent constamment aux lobbies et que rien n’avance. Vous dîtes justement vouloir être un sommet de l’action et pas juste de la réflexion : de quelle façon ?

Rose May Lucotte : Déjà, toutes nos conférences et expos sont axées sur les solutions. Nous n’en sommes plus au stade où l’on réfléchit au réchauffement climatique. Ensuite, nous organisons des sessions de pitchs pour faire découvrir aux investisseurs les innovations. Aussi, nous avons mis en place un service de conciergerie permettant d’organiser en amont des RV de 15 minutes. Nous avons déjà organisé plus de 600 RV/jour. Enfin, nous avons fait venir une délégation de villes internationales comme Amsterdam, Milan, Singapour, Dubaï ou Los Angeles. Dans un cas sur deux, les collectivités sont les premiers clients de ces startups.

Dans votre panel de speakers, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de femmes. Cela reflète-t-il une forte implication des femmes dans le secteur, ou une vraie volonté de votre part ?

Rose May Lucotte : A vrai dire, l’an dernier, nous étions déjà à 40% de speakers femme, mais cela s’est fait naturellement car les femmes sont très présentes dans cet écosystème.

Vous qui avez un regard panoramique sur les startups de la GreenTech, quels sont les secteurs les plus actifs ?

Rose May Lucotte : Nous voyons beaucoup de startups qui innovent dans la consommation durable. Des acteurs comme La Ruche qui dit oui ont ouvert la voie. On en trouve d’autres à l’instar de FairTrip (appli pour des voyages équitables) ou encore WeDressFair (un select store de marques éthiques).

On observe aussi beaucoup d’innovation dans l’économie circulaire comme Love your waste (récupération des matières organiques des restaurants et collectivités pour en faire du compost) ou encore Phenix (outil de gestion des surplus et invendus).

Enfin, le troisième gros secteur est l’énergie. On voit bien au delà de l’éolien et du solaire avec des startups telles qu’Equium qui produit de l’énergie à partir du son ou encore Brainwhere qui ambitionne d’utiliser le vent du jet stream pour le convertir en électricité.

Il y a quelques jours, l’émission cash investigation revenait sur les fausses promesses du plastique recyclé. Au salon, trouvera-t-on justement des alternatives pour stopper définitivement le plastique ?

Rose May Lucotte : Nous en parlerons en session d’ouverture car c’est un énorme enjeu. Nous aurons aussi un corner dédié avec des démonstrations de solutions à travers des startups du monde entier. Nous travaillons en partenariat avec Think Beyond Plastic, un énorme incubateur en Californie avec qui nous avons sélectionnés des projets comme TIPA en Israël qui développe un packaging semblable à du plastique mais composé de matière organique et qui permet de conserver plusieurs mois les aliments ou encore Paptic, un nouveau matériau remplaçant le papier ou le plastique.

Et pour finir, quels sont vos 5 gestes éco-friendly au quotidien ?

Rose May Lucotte : Venir au travail en vélo, manger au maximum bio et local et réduire ma consommation de viande, arrêter d’acheter des bouteilles d’eau, utiliser des produits d’entretien naturels, et enfin acheter le moins possible neuf !

@Paojdo

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