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HandsAway, l’app qui lutte contre le harcèlement de rue : 2 ans après où en est-on ?

29.11.2018

En 2016, après avoir été victime de harcèlement de rue une fois de trop, Alma Guirao a eu l’idée de créer l’application HandsAway : un espace où les femmes victimes d’agressions peuvent s’alerter mais aussi se soutenir. Un pas innovant avant les mouvements #MeToo et #BalanceTonporc et l’agression médiatisée de Marie Laguerre. Deux ans plus tard, où en est HandsAway ? Lucile Dupuy, chef de projet et responsable du développement nous répond.

Après deux ans d’existence, combien d’utilisateurs compte HandsAway ?

Lucile Dupuy : « Nous avons aujourd’hui 35 000 utilisateurs et 1300 alertes ont été données depuis la création de l’application. Ce n’est pas assez, mais ça a permis de lever l’omerta sur ce type d’agressions. Il faut savoir que 70% des agressions sont verbales, 30% physiques et que 64% d’entre elles se passent dans la rue. »

Y a-t-il beaucoup d’hommes sur l’appli ?

Lucile Dupuy : « Aujourd’hui nous comptons 30% d’hommes sur HandsAway. Ils sont nombreux à vouloir aider et soutenir les victimes d’agressions. »

HandsAway

HandsAway

Les mouvements comme #MeToo ou #BalanceTonPorc ont-ils vraiment libéré la parole ?

Lucile Dupuy : « Oui, je pense que ces mouvements ont beaucoup apporté à la libération de la parole, même si certaines victimes ont encore peur de parler. Ça a été un véritable soulagement et il faut continuer dans cette dynamique, comme l’a fait Marie Laguerre qui a lancé sa plateforme après son agression. Pour nous, les grands bénéfices de tout ça c’est qu’à présent, on nous écoute. C’est moins tabou dans les entreprises notamment. Avant on nous riait au nez, aujourd’hui, on nous reçoit. La SNCF accepte par exemple de discuter avec nous des agressions qui se produisent dans leurs transports. »

La loi sur les violences sexuelles et sexistes votée cet été prévoit de verbaliser les regards déplacés et les propos sexistes d’une amende allant de 90 à 3000€. Pour vous, c’est suffisant ?

Lucile Dupuy : « Pour moi, c’est un premier pas très intéressant, c’est un message envoyé par les autorités nationales et les institutions publiques aux harceleurs et futurs harceleurs : c’est interdit par la loi. Avant, ça ne l’était pas officiellement, à présent, si. »

Depuis un an HandsAway est aussi devenue une association…

Lucile Dupuy : « Oui, par souci de cohérence, pour coller à nos valeurs et à notre message il était tout naturel de créer une association autour de HandsAway. Nous organisons des groupes de parole avec des psychologues mais nous avons également pour vocation de sensibiliser, ce que nous avons déjà fait à travers trois campagnes avec l’agence TBWA. »

HandsAway

Quel est l’avenir de HandsAway ?

Lucile Dupuy : « Nous préparons la sortie d’une nouvelle version de l’application avec une carte recensant tous les hôpitaux, commissariats et associations à proximité du lieu de l’agression. Mais nous travaillons également sur un pluggin qui permettra de lutter contre le cyber-harcèlement. Les internautes ayant placé le pluggin pourront signaler tout contenu à caractère sexuel. »

Pour en savoir plus sur HandsAway : handsaway.fr

> Les bons conseils pour se protéger du cyber-harcèlement

> #BalanceTonPorc : 1 an après, quel impact en entreprise ?

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