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Sinead Bunting (Monster) ou l’art de recruter plus de femmes dans la tech

VP Marketing Europe chez Monster, Sinead Bunting a fait de la parité et la diversité son cheval de bataille. Charte de recrutement dans la tech, workshops et diffusion des best practices, cette Irlandaise ne ménage pas ses efforts pour faire avancer la cause des femmes.

« Comment peut-on (encore) être une femme » ? C’est en lisant cet ouvrage culte de la féministe et activiste Caitlin Moran que Sinead Bunting a eu le déclic. Nous sommes en 2014 et notre interlocutrice est Directrice Marketing pour l’Angleterre. « J’ai réalisé que puisque 90% des codeurs sont des hommes, et qu’ils développent la langue du futur, les femmes ne feront pas partie de la conversation. C’est d’autant plus dommageable qu’un million de développeurs devraient être recrutés d’ici 2020 en Europe. Dans ma tête, il n’était donc plus envisageable d’ignorer la moitié de la population ».

Mais pourquoi plus de femmes dans la tech ?

Telle est la première question à laquelle nous devons tenter de répondre d’après Sinead. Commençons déjà par dire qu’au delà du droit à l’égalité, les géants de la tech ne peuvent plus se passer du regard des futures consommatrices. « Par exemple, Apple avait sorti une appli relative aux données de santé, et avait omis d’y intégrer la période des menstruations, une information pourtant essentielle pour les femmes », illustre-t-elle. A l’inverse, une force salariale diverse dans l’entreprise captera des talents issus d’horizons très variés, attirés par la diversité de pensée et la liberté de création. « La finalité étant que les femmes se rendent compte que les entreprises ont besoin d’elles, qu’elles y seront écoutées », ajoute Sinead Bunting.

Une charte pour recruter plus de femmes dans la tech

Lorsqu’elle initie son travail d’évangélisation il y a 4 ans, Sinead observe que certaines entreprises (Accenture par exemple) œuvrent déjà pour recruter davantage de femmes aux postes tech. Mais ces initiatives demeurent isolées. C’est alors qu’elle imagine la Tech Talent Charter pour fédérer ces structures, mais aussi engager les entreprises encore peu sensibilisées à la cause. Cette charte s’inspire de la Loi Rooney, provenant du football américain. Elle impose aux clubs d’intégrer au moins une personne issue de la minorité afro-américaine dans le process de recrutement pour les postes de managers. La Tech Talent Charter propose le même système afin qu’au moins une femme soit candidatée. « L’une des règles pour rejoindre cette charte est que l’entreprise doit communiquer ses données sur la proportion de femmes dans les métiers de la tech. Ces chiffres sont anonymes mais permettent aux entreprises de se benchmarker », explique Sinead Bunting. A ce jour, 250 entreprises ont signé la Tech Talent Charter (HP, Cisco, Deloitte, Shell, DELL ou encore la BBC…).

Des annonces plus inclusives

Mais quand bien même les entreprises auraient la farouche volonté de recruter des femmes, encore faudrait-il parvenir à les sourcer ! Pour les aider dans cette tâche, la Tech Talent Charter propose plusieurs pistes de travail. D’abord, rendre les annonces plus inclusives. « A la lecture d’une annonce, les hommes postuleront s’ils ont l’impression de correspondre à 60% au poste. Pour les femmes, il faut que le curseur monte à 100% ! C’est pourquoi l’annonce doit énoncer des compétences désirables et non obligatoires, afin d’ouvrir le poste aux compétences transférables », précise Sinead Bunting.

 Stop au « Work hard, play hard »

Pour attirer davantage de femmes aux postes de la tech, les sociétés doivent aussi changer leur culture d’entreprise et dire stop au « work hard, play hard ». « Les femmes n’ont pas le temps d’aller boire un verre après le travail. Si vous voulez qu’elles soient plus confortables, proposez-leur plutôt un déjeuner. Les femmes sont pour l’instant plus nombreuses à chercher une bonne balance entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle, avec de la flexibilité dans leurs horaires, la possibilité de télétravailler etc. C’est à cela qu’elles vont être sensibles sur l’annonce ou pendant l’entretien », poursuit la VP Marketing Europe de Monster.  Pour savoir si votre annonce est neutre, filez sur l’appli Kat Matfield : elle analyse en temps réel votre annonce et vous permet de repérer tous les termes qui sont masculins, et vous propose des termes plus neutres. A noter qu’il est aussi important que d’autres femmes soient présentes le jour de l’entretien de la candidate. « Si elle visite des bureaux remplis d’hommes, elle ne sera sûrement pas à l’aise », affirme Sinead Bunting.

« Le vrai problème des femmes, c’est le manque de confiance »

Si vous êtes une fervente lectrice de Business O Féminin, vous avez certainement entendu parler du syndrome de l’imposteur (si ce n’est pas le cas, filez lire la tribune de Viviane de Beaufort sur le sujet). Ce fameux syndrome explique pourquoi à compétences égales, les femmes se sentent toujours moins légitimes que les hommes. Une étude européenne réalisée par YouGov pour Monster démontre en effet que 71% des femmes en Angleterre se sentent mal à l’aise à l’idée de demander une augmentation ! Pour lutter contre ce vilain syndrome, l’une des pistes peut consister à changer les méthodes d’évaluation. « Les managers utilisent de plus en plus l’autoévaluation. Or, les femmes ont plus tendance à se sous-évaluer ce qui les bloque dans leur évolution. Il faut penser un autre système pour elles », estime notre interlocutrice. Et d’ajouter : « le vrai problème des femmes, c’est le manque de confiance en elles. Et la confiance est tout aussi importante que les compétences ». Pour y remédier, Sinead a lancé « Monster confidence », une série de workshops animés par des membres de Monster et des femmes leader qui ont permis à 1 600 femmes de trouver l’emploi qui leur correspond dans les filières techniques et scientifiques au Royaume-Uni depuis 2016. Le concept va être étendu dans toute l’Europe, à commencer par l’Allemagne.

A savoir

En France, Monster a lancé en mai dernier l’opération Monster Innovation en partenariat avec Social Builder. L’objectif ? Faire découvrir les meilleures initiatives en faveur de l’égalité femmes-hommes en entreprise.  Suite à la remise des prix aux trois entreprises les plus pertinentes le 4 octobre prochain, Monster rédigera un livre blanc pour partager les meilleures pratiques de ces sociétés. De quoi en inspirer d’autres !

@Paojdo

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