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18 novembre Journée mondiale de l’entrepreneuriat féminin – Que faites-vous ?

12.11.2017

A l’occasion du 18 novembre Journée mondiale de l’entrepreneuriat féminin, petit retour sur un projet collectif très mobilisateur : le Club “Génération #Startuppeuse” crée en Mai 2017 sur Wirate. Notre ambition: maintenir la vision et accélérer en jouant digital et collectif.

De la réflexion suivante : parité dans le monde de l’entrepreneuriat, où en est-on ? Le combat n’est pas fini, continuons-le… Ensemble…

Je suis engagée sur la mixité depuis 2008, avant que les politiques et les médias ne s’y attellent et que le sujet devienne incontournable. En particulier, sur l’entrepreneuriat au féminin, d’une part parce que je reste persuadée qu’on ne peut pas parler droit des femmes tant qu’elles n’ont pas d’autonomie économique, et d’autre part car l’entrepreneuriat est une magnifique aventure. Comme je suis professeure de droit européen comparé, j’ai réalisé à l’époque une recherche sur l’entrepreneuriat au féminin[1] qui a permis d’établir que malgré les différences qu’il pouvait y avoir de Londres, à Paris ou Berlin, on retrouvait des caractéristiques communes concernant l’entrepreneuriat au féminin et notamment des freins moteurs dont un rapport au risque compliqué.

Sur les bancs de l’école @ESSEC, la “génération Y” dont on commençait à peine à parler en 2000 et qui a comme caractéristique d’être entrepreneure m’a donné, à force de les côtoyer, l’envie d’écrire un livre. Parce que c’est maintenant qu’il faut témoigner de cette dynamique positive des startups et particulièrement déclinée au féminin. Mais aussi, car il faut alerter sur le fait que cette dynamique reste fragile, que les startuppeuses ont besoin d’aide et d’accompagnement, et que celui fourni aujourd’hui n’est pas toujours adapté, ni même au rendez-vous.“Les startuppeuses sont vite dévastées dès qu’elles rencontrent une difficulté.” 

Le livre se veut optimiste, mais réaliste : en accompagnant presque au quotidien certaines de ces startuppeuses, je peux vous dire qu’elles sont vites dévastées dès qu’elles rencontrent une difficulté. Plus que les garçons dont j’accompagne certains à l’ESSEC. Je l’ai constaté même avec ma fille (#startuppeuse qui a fondé @voyagir). C’est étonnant car ce n’est ni son style, ni son profil : consultante, très structurée, très à l’aise… Et pourtant quand il s’agit de son projet elle peut vaciller. Je l’explique parce qu’elles mélangent l’affectif et le job. Leur projet devient symboliquement leur « bébé », et de là surgit un manque de distanciation.

Si elles subissent un revers elles en concluent que c’est elles qui sont nulles. Mais il faut aussi préciser qu’on les attend au tournant : pour passer les obstacles elles se doivent de sauter plus haut !

L’accompagnement ne se résume pas à de l’aide sur les chiffres ou les aspects techniques. Il faut un soutien actif, l’écoute qui les aide à faire le point et repartir. Je ne l’avais pas senti au début, mais c’est intégré de plus en plus dans nos formations et des coachs viennent aider au sein du Club désormais créé. Cette dimension d’accompagnement moral ou psychologique est particulièrement importante : elles ne sont pas totalement délivrées du complexe de l’imposteur, cette exigence de perfection que personne ne leur demande sinon elles. Cet aspect « affect » explique aussi le fait qu’elles ont du mal à déléguer, et leur rapport au risque puisqu’elles ont peur de perdre leur “bébé”.

Ainsi, sur l’ouverture au capital, elles sont plus hésitantes qu’un garçon qui verra les perspectives de croissance et elles le risque de perte d’autonomie. Le livre s’inscrit donc dans un parcours de plus de 9 ans de réflexion, de travaux, d’actions par engagement personnel.

Quant à l’accompagnement, les structures font des efforts, cependant il y a encore des rendez-vous manqués, qui s’expliquent souvent parce que les femmes ont tendance à s’exprimer d’une manière différente sur la projection de leur ambition. Elles font des business plans beaucoup plus raisonnables. Personnellement, je trouve cela plutôt vertueux et intéressant de ne pas raconter n’importe quoi dans son business plan, d’avoir les pieds sur terre, mais cela fait moins rêver les fonds d’investissement ou les Business Angels, et il en résulte une sorte d’inappétence à aller investir dans les structures des créatrices voire des #startuppeuses.

Le rendez-vous c’est maintenant ! Il y a un changement de paradigme : ce qui était un stéréotype par défaut pour la gent féminine devient une qualité. C’est peut-être moins « rock’n’roll » mais c’est solide. On parle de construction pérenne et de projet à impact. “Elles représentent quelque chose de différent et qui est porteur de valeur, dans tous les sens du terme.”

Il faut appuyer de toutes les manières possibles pour que les financeurs au sens large acceptent un autre dialogue. Elles ont des projets intéressants, elles utilisent parfaitement les outils du digital qui leur permettent d’inventer, d’innover, de créer des concepts différents. Les financeurs et les structures d’accompagnement doivent comprendre que ce n’est pas par défaut qu’ils doivent s’intéresser à elles mais parce qu’elles représentent quelque chose de différent et qui est porteur de valeur, dans tous les sens du terme. La très grande majorité des projets portent une dimension d’impact.

La génération startuppeuse se sent moins « imposteur » que nous, issues de la Génération X, leurs mères ! Nous les avons élevées en leur donnant plus confiance en elles et dans une culture de l’égalité plus importante. De plus, elles entreprennent souvent en s’associant avec des garçons, cette génération est beaucoup plus mixte, y compris dans l’entrepreneuriat. Elles ont compris l’intérêt de l’altérité ! 

“Wirate parce qu’avoir un projet et ne pas en parler, ne pas l’exposer, c’est comme ne pas avoir de projet du tout.”

 En accompagnant plusieurs de ces jeunes et en travaillant aux côtés de ma fille, j’ai réalisé qu’elles sont encore bloquées. J’ai du mal à les attirer sur Wirate, alors même que je dispose d’une capacité de prescription et d’un capital confiance important puisque je les mentore. Elles ont du mal à s’exposer ce qui veut dire qu’elles ont encore peur d’être évaluées. Elles prennent l’évaluation comme un jugement.

Il faut qu’elles sautent le pas, parce qu’avoir un projet et ne pas en parler, ne pas l’exposer, c’est comme ne pas avoir de projet du tout. J’espère que grâce à ce noyau dur, créé ces derniers mois, il va y avoir un effet d’entraînement.

Je fais le pari que leur ambition, leur intelligence et leur aisance sur les outils digitaux vont prendre le pas sur cette peur et leur permettre de voir l’intérêt de Wirate, de comprendre que le processus d’évaluation ne peut que leur servir parce qu’il est fait dans la bienveillance, et qu’il leur permettra d’utiliser ce qu’elles utilisent déjà de manière naturelle dans la construction de leur projet : le collectif et le partage.

Cela permet à terme la venue en masse de ces jeunes entrepreneures sur Wirate, et c’est tout l’enjeu. On est à la croisée des chemins, c’est un pari et il faut de l’huile de coude pour le gagner. Je suis persuadée de la valeur ajoutée et de la vertu du système d’évaluation collective. Il est intéressant que ces projets soient évalués à la fois par des experts et des non-experts, parce que à un moment donné le projet doit rencontrer son marché, et les consommateurs ne sont pas forcément des experts.

Le 13 mars 2017 on a donc lancé le Club avec trois objectifs : faire venir des startuppeuses sur @Wirate et leur faire accepter le système de l’évaluation. Faire venir des expertes pour montrer qu’il y a une expertise au féminin parce que c’est aussi un sujet en France. Enfin, en créant ce réseau de femmes (et d’hommes) bienveillants à l’égard des startuppeuses et en utilisant une capacité à créer de la confiance non seulement répondre à la question de la peur de s’exposer mais leur permettre de trouver du soutien.

Aujourd’hui 18 novembre 2017 journée internationale de l’entrepreneuriat féminin: on est 128 experts et 24 startups et on passe à la phase 2.

La communauté évalue, et plus avant conseille et accompagne. Une « charte éthique » cadre le mécénat de compétences. Des dream teams se sont constituées, les startuppeuses créent leurs advisory boards aussi, des expertes sont devenues associées à certains projets… La création de la communauté virtuelle se peaufine tandis qu’In Real life, les liens se développent.

Déjà 4 Ateliers techniques et une série d’autres sont prévus pour cet hiver, car les startuppeuses doivent savoir à quoi sert un pacte d’actionnaires, de quelles assurances elles ont besoin, faire un dossier pour la BPI, etc.

Les Ateliers sont aussi des occasions de rencontres entre #startuppeuses et expert/es (en sus du groupe LinkedIn privé) il y a des coups de cœur mais aussi des liens entre les #startuppeuses entre elles (elles ont d’ailleurs créé un WhatsApp).

Devant nous beaucoup de travail mais… Une volonté d’ouvrir le club, inclus dans les territoires en travaillant avec les réseaux locaux (Féminin Pluriel, PWN, Bouge ta Boite, etc.) pour fédérer.

Et une ouverture à l’international que permet la plateforme Wirate puisqu’il n’y a pas de contrainte de géolocalisation (partenariat avec WIA, et plusieurs grandes corporate françaises implantées à l’international , site ESSEC à Rabbat, travail avec l’ecosystème).

Une association en création pour porter tout cela en étant indépendante, trouver un peu de fonds certes, mais surtout un vrai engagement des organisations à nos côtés, qui parce que le monde change veulent jouer collectif pour mieux le capter et l’impacter. Je suis une “mailleuse” apte à rassembler expert/es de bonne volonté, réseaux engagés sur les femmes et /ou l’innovation et la RSE, l’ISR et même le secteur public en respectant l’agenda et l’identité de chacun pour aider « nos filles à sauver le monde » !

[1] http://gender.vivianedebeaufort.fr/entreprednre-feminin-retour-dr-ceressec-208-2011-mainen/

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