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Yokimi, le prof particulier virtuel que vos enfants vont adorer

27.06.2018

Et si une intelligence artificielle pouvait aider nos enfants à ne plus faire des maths leur bête noire ? Et si, malgré un budget serré, il était possible de leur offrir un soutien scolaire avec un prof virtuel disponible h24 ? C’est en tous cas ce que nous promet Garance Capelier avec son appli Yokimi, lauréate de la catégorie Douceur sociale du trophée des Perles.

Vous êtes professeure dans un collège du 93, c’est votre expérience sur le terrain qui vous a convaincue de créer Yokimi ?

Christophe POUGETGarance Capelier : Pas tout à fait, ça remonte à plus loin. J’ai toujours voulu faire quelque chose d’utile, avoir un rôle dans la société. Je me suis mise à enseigner car je voulais aider, transmettre et faire de ces enfants des citoyens avec un esprit critique. Je connais les dysfonctionnements de l’éducation et j’ai eu envie de trouver des solutions pour qu’apprendre devienne un plaisir. Et puis j’ai rencontré mon associé Karl Bou Abboud, qui travaillait sur un projet d’assistant pour professeur, l’idée était top mais il ne connaissait rien aux profs ! J’ai voulu l’aider et c’est comme ça qu’est née Yokimi.

Il est compliqué pour les familles dans le besoin d’offrir à leurs enfants un soutien scolaire, c’est pourquoi vous souhaitez mettre en place une offre « égalité des chances »…

Garance Capelier : Oui, pour nous l’essentiel est de proposer un soutien scolaire à des prix accessibles. Avec Yokimi, il suffit d’avoir un smartphone et un accès à internet. Nous avons en effet dans l’idée d’offrir des abonnements à Yokimi aux familles dans le besoin. Je le vois dans mon collège, beaucoup d’enfants ont l’envie de réussir et ont des parents qui les poussent mais qui ne peuvent pas les aider comme ils le voudraient par manque de moyens.

Comment se passe un échange avec Yokimi ?

Garance Capelier : Il s’agit d’une conversation au cours de laquelle l’enfant choisira sur quoi il veut travailler, Yokimi va poser des questions et créer des parcours personnalisés. L’important selon nous est que l’enfant reste acteur de son apprentissage, le système de questions-réponses fait que la réflexion est obligatoire. Nous voulons que l’enfant ait envie d’apprendre alors nous nous sommes inspirés du gaming, avec un système de scoring. À chaque point gagné on peut accéder à de nouvelles fonctions et les enfants adorent ça ! Nous nous sommes basés sur les sciences cognitives en suivant les recommandations de chercheurs avec qui nous travaillons.

Yokimi s’adresse à quel niveau scolaire ?

Garance Capelier : Pour le moment on se concentre sur le cycle CM1, CM2 et 6ème et plus tard sur la fin du collège, on voulait commencer par le cycle 4 mais si l’on veut combler les lacunes, il nous faut commencer plus tôt !

Quel est l’atout de Yokimi par rapport à un prof particulier de chair et d’os ?

Garance Capelier : L’avantage c’est avant tout le diagnostic, mais aussi le fait qu’on peut utiliser l’appli Yokimi tout le temps et n’importe où. Ce qui est aussi essentiel, c’est le fait que justement Yokimi n’existe pas, il ne s’agit pas d’un adulte, et les enfants ressentent ainsi moins de pression, moins de stress, ils ne se sentent pas jugés. Et paradoxalement, même s’ils savent que Yokimi n’est pas une vraie personne, elle est positive, les encourage, les motive et ça les aide beaucoup !

Quelle solution proposez-vous lorsque vous constatez un retard significatif dans l’apprentissage d’un enfant ?

Garance Capelier : Nous ne sommes pas en mesure de déceler des retards vraiment significatifs et c’est tout aussi difficile pour un professeur particulier. Mais Yokimi s’ajuste au niveau de chaque élève. Si elle décèle une difficulté, elle peut apprendre à l’enfant des choses qui ne sont pas au programme de son année mais qui l’aideront à combler des lacunes et reprendre les bases. D’ailleurs mon idée de départ était de ne pas travailler par niveau et de proposer quelque chose de transdisciplinaire.

Quelle est la place des parents dans ce type de soutien scolaire ?

Garance Capelier : Nous proposons des diagnostics, avec les grandes compétences réparties en sous-compétences, il nous est donc possible de dire à un parent que son enfant maîtrise les tables mais pas les multiplications avec des nombres décimaux ! Il est aussi possible de savoir combien de temps l’enfant a passé sur chaque exercice et les derniers points travaillées.

Pensez-vous faire travailler Yokimi sur d’autres matières ?

Garance Capelier : Tout à fait ! Car selon moi on doit faire dialoguer les matières, il faut montrer qu’il n’y a pas de cloison, apprendre n’a pas de frontière et c’est quand les enfants comprennent que toutes les matières sont connectées que la culture commence à naître. Nous allons dès que possible proposer le français puis l’ensemble des matières.

Vous êtes lauréats du Trophée des Perles organisé par Yoplait en quoi est-ce un tremplin pour vous ?

Garance Capelier : Cela nous permet de bénéficier des conseils d’un mentor, d’une bourse de cinq milles euros et d’avoir une première reconnaissance de l’utilité de notre application et de l’enthousiasme qu’elle peut susciter. C’est important pour moi, car en tant que femme et entrepreneuse, je me suis vraiment sentie soutenue dans mon projet et encouragée dans mes ambitions.

Yokimi est actuellement en bêta test et sera officiellement lancée au mois de septembre.

Crédit photo : Christophe POUGET

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