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Shanty et la biscuiterie : itinéraire d’une enfant terrible 

Chaque année, Shanty Baehrel écoule plus d’un million de ses jolis biscuits à personnaliser. Une success story hors norme pour cette jeune femme au profil atypique qui vient de remporter le Prix Clémentine de Veuve Clicquot.

Son ton est pêchu et son ambition palpable. « J’ai toujours eu envie de prendre des risques. Mon but est de bâtir quelque chose d’énorme. Je ne sais pas faire les choses à moitié », lance-t-elle. Un leitmotiv qui lui a porté chance puisqu’après 5 ans d’existence, son entreprise emploie 10 salariés (bientôt 15), et triple son volume de ventes chaque année. De quoi rassurer les investisseurs ? Jusqu’ici, Shanty ne s’en est pas vraiment souciée puisque c’est seule que la sudiste a tracé sa route vers le succès, son entreprise ayant été rentable dès ses débuts. Seul le déménagement de sa fabrique de 170m2 vers un nouveau local de production de 820m2 entre Aix-en-Provence et Marseille a nécessité l’aide de business angels couplée à un prêt bancaire.

« Je ne me reconnais pas dans l’ecosystème startup »

Lorsqu’elle remporte le Prix Clémentine de Veuve Clicquot face à de sérieuses concurrentes, Shanty Baehrel ne cache pas son étonnement. « Je ne me reconnais pas dans l’écosystème startup. Je ne viens pas de Paris, je n’ai pas fait d’école de commerce, et je n’ai pas levé de fonds pour développer mon activité », résume-t-elle. En effet, Shanty ne coche pas toutes les cases, mais c’est sûrement la raison pour laquelle la pâte a si bien pris. Dans un monde où l’appétence pour les profils atypiques se fait grandissante, son histoire inspire les plus grands à l’image de Facebook qui l’a récemment sollicitée pour un discours d’ouverture lors d’un événement marseillais. Un parcours édulcoré qu’elle a appris à narrer au fil du temps, notamment avec l’aide de l’agence de communicants Punchie qui l’a littéralement « transformée », à tel point que la jeune femme s’est faite tatouer leur logo : un petit éclair !

« J’ai commencé dans ma cuisine »

Pourtant, il y a 5 ans, Shanty n’était encore qu’une jeune femme qui, le bac en poche, avait tracé vers l’ouest pour travailler durant une année dans un ranch aux Etats-Unis. De retour en France, elle enchaîna les petits boulots au gré des opportunités, sans aucun plan de carrière. Ce n’est qu’à 24 ans que la business girl qui sommeillait en elle se révèle. « Une amie m’avait offert un tampon pour biscuit « approuvé par le chef » et j’avais trouvé cela chouette, mais j’aurais encore plus aimé personnaliser mon message. Alors j’ai décidé de le faire moi-même, depuis ma cuisine, dans mon village. J’ai créé mes propres recettes après avoir fait plein de tests. Je n’avais pas besoin de fonds car je produisais ce que l’on me commandait. Quant à mon site qui n’était pas celui que j’ai aujourd’hui, je l’avais troqué contre des biscuits pour le mariage d’une amie », se souvient-elle.

Les réseaux sociaux, le nerf de la guerre

Pour se faire connaître, Shanty envoie ses biscuits à quelques blogueuses, ce qui était plutôt novateur en 2013. Plébiscités par les mariés, ses produits se font rapidement connaître puisqu’ils sont dévorés par les convives en guise de cadeaux d’invités. Son site connaît ensuite un gros boom en 2017 avec l’affluence des posts sur Instagram. Ses commandes se partagent entre les particuliers, qui sont en quelque sorte dépositaires de l’esprit de la marque, et les professionnels comme les cafés ou les hôtels qui sont essentiels pour faire croître le business. Des versions miniatures de ses biscuits pour accompagner les boissons chaudes devraient d’ailleurs être bientôt lancées. Après cinq ans d’existence, Shanty voit toujours plus grand. Elle souhaiterait tenter l’ouverture de boutiques en popup, et ne cache pas son rêve américain. En guise de compagnon de voyage ? Ce simple mantra : « suivre son instinct et bien s’entourer ».

@Paojdo

Découvrez les biscuits de Shanty

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