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Najette Fellache, fondatrice de SpeachMe

07.04.2019

En à peine 5 ans, SpeachMe, la start-up nantaise, a déjà conquis les plus grandes entreprises françaises. Elle s’attaque désormais à l’international. Son concept ? Permettre à chaque collaborateur de transmettre ses connaissances via un logiciel innovant.

Comment est née l’idée de SpeachMe ?

J’ai toujours eu envie d’avoir mon entreprise, quelque chose à moi, qui me passionne. Pourtant, je ne suis pas issue d’une famille d’entrepreneurs. J’ai une formation dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication et un Master en management. Je travaillais depuis une dizaine d’années dans la formation professionnelle. J’ai été manager consultante formatrice chez Sogeti-Cap Gemini puis responsable de secteur chez Softeam. Au cours de mes missions, j’ai été amenée à construire des programmes de formation. J’ai toujours trouvé que la transmission des savoirs était une clé dans la vie. En passant du temps chez les clients et en croisant mes expériences, j’ai eu envie d’offrir une solution innovante aux entreprises. J’ai proposé à Jérémy Rouet avec qui j’avais collaboré chez Softeam de me rejoindre pour assurer la partie technique. Au début, on travaillait dans mon garage : je griffonnais des maquettes sur un papier et il les mettait en forme sur ordinateur. On a travaillé deux ans autour du produit, du modèle économique et de la création de la société avant de la lancer en 2014.

Quel est le principe de SpeachMe ?

SpeachMe est une solution logicielle pour capturer son savoir-faire et partager ses connaissances à ses collègues. Chaque employé peut les transmettre lui-même via des vidéos rapides qu’il enregistre et y intégrer d’autres médias.

Etonnamment, vous avez démarché directement des grands industriels comme Airbus, BNP Paribas, la SNCF… Comment les avez-vous convaincus ?

Les start-ups procèdent souvent à l’inverse en démarchant des PME puis en attirant l’attention des grands comptes. Mais dès le départ, nous avons voulu faire du « speach » un standard international. C’était fondamental pour nous de nous adresser aux grands leaders mondiaux. Nous avons démarché Airbus en premier. C’est vrai que les attentes sont plus élevées et que les deals sont plus longs à se mettre en place. L’accueil a été positif mais on nous a bien dit : « on y croit mais ce sont nos employés qui vont l’acheter. Il faut tester votre solution auprès d’eux ». On a réussi à les convaincre d’ouvrir leur porte et on les a écoutés. On s’est pris quelques claques, mais on a su être réactifs et proposer d’autres pistes. Ca ne sert à rien de rester dans son garage en attendant d’avoir une version idéale. Il faut se confronter au terrain.
Ce n’est pas si compliqué que ça de démarcher de grands groupes. Finalement, ils sont composés de beaucoup de petites équipes accessibles. Il s’agit surtout d’oser. Il faut dépasser la montagne en avançant par petits paliers.

Vous avez fait une première levée de fonds de 2Md’€ en 2016 et une seconde de 10M d’€ en 2018. Qu’avez-vous pu faire grâce à elles ?

Nous avions l’ambition d’aller très vite à l’international, de devenir un standard. Avec la première levée de fonds, nous sommes passés de 7 collaborateurs à 30. Nous avons ouvert un bureau aux Etats-Unis, à Austin au Texas, pour tester le marché. Pendant un an et demi, nous avons convaincu des clients comme Amazon, Tesla et General Electric. La deuxième levée de fonds en janvier 2018 a permis de déménager ces bureaux à Los Angeles. Je m’y suis installée l’été dernier avec ma famille. Nous y avons recruté une dizaine de salariés seniors. Ces levées de fonds structurent l’entreprise et permettent d’augmenter les effectifs. Nous sommes désormais 70 collaborateurs pour répondre aux attentes des clients, accélérer la recherche et le développement…

Déménager aux Etats-Unis avec votre famille n’a pas été trop difficile ?

Mon conjoint avait lui aussi une vraie envie de vivre l’aventure américaine. On pensait que ce serait peut-être plus compliqué pour les enfants. Mais ils adorent leur nouvelle vie. Ils sont épanouis. Et puis, ils communiquent toujours avec leurs copains grâce à Facetime ou WhatsApp. Ils partagent leur expérience avec eux.

Comment faites-vous pour gérer votre entreprise et votre vie de famille ? 

Que l’on ait un job lambda ou que l’on soit cheffe d’entreprise, quand on est maman, il y a toujours une question de gestion du temps, d’organisation. Il faut savoir être hyper agile. Dès que les enfants sont couchés, je travaille de nouveau, y compris le week-end. Il faut trouver son équilibre, savoir où mettre le curseur et accepter que tout ne soit pas parfait.

Quels sont vos projets désormais ?

J’ai toujours ce rêve de transmission des savoirs à n’importe qui partout dans le monde. Notre développement s’est accéléré sur le marché américain. Et à la fin de l’année, nous prévoyons une nouvelle levée de fonds pour accélérer la conquête du marché américain et nous ouvrir vers l’Asie.

Vous avez co-fondé Women@nantes, un réseau regroupant plus de 150 entreprises créées par des femmes, et êtes membre du Conseil national du numérique. Que vous inspire la place des femmes dans cet univers professionnel ?

En tant que femme on a souvent des freins psychologiques. Quand j’ai démarré, j’en avais aussi. Je me demandais comment on gérait une levée de fonds, par exemple, ou bien comment je serais perçue. Aux Etats-Unis, l’équipe est principalement composée d’hommes, âgés de 45/50 ans.  Mais ils ne sont pas gênés d’être managés par une femme plus jeune qu’eux. C’est une question d’attitude, je pense. Il faut oser créer sa boîte, lever les barrières et être en quête de sens. On peut avoir un vrai impact sur l’économie et la société.

 

En chiffres :

2012 : création de SpeachMe à Nantes
2013 : création du réseau Women@nantes
2014 : lauréate du Trophée Femmes de l’économie, par la région des Pays de la Loire
2015 : lauréate du Trophée Femme du numérique, par l’Usine Nouvelle
2016 : première levée de fonds 2,2 millions d’euros
janvier 2018 : deuxième levée de fonds de 10 millions d’euros
mai 2018 : ouverture du bureau Los Angeles

 

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