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Mathilde Le Roy : des œuvres à portée de clic avec la galerie KAZoART

Avec pas moins de 150 000 visiteurs uniques chaque mois et 20 000 œuvres d’art référencées, KAZoART offre un tableau réjouissant pour ses quatre premières années d’existence. Rencontre avec Mathilde Le Roy, l’artisane de ce beau succès bordelais.

Il y a quatre ans, Mathilde Le Roy quittait le confort de sa vie de cadre parisienne pour faire le grand saut : celui de l’entrepreneuriat. Diplômée de l’ESSEC et bonne élève par nature, Mathilde pensait pourtant avoir besoin « d’un cadre et d’une feuille de route pour avancer ». C’est durant ses quinze années de salariat que la jeune quarantenaire se révèle plus « leadeuse » qu’elle ne l’imaginait. Après avoir débuté chez TF1, elle crée « from scratch » plusieurs structures de mécénat, embauche des équipes et génère du chiffre d’affaires. Un exercice finalement proche de sa seconde vie d’entrepreneure : « lorsque la structure tournait bien, je commençais à m’ennuyer. Je crois que ce que j’adore par dessus tout, c’est la phase de conception d’un projet ». C’est pourquoi Mathilde en est à peu près sûre : il y aura certainement d’autres « bébés » après KAZoART.

La bienveillance de l’écosystème bordelais

Mais si Mathilde Le Roy s’est lancée, c’est également pour assouvir sa passion de l’art. Un certain atavisme familial ? Sûrement, puisque son grand-père était un chineur invétéré, et ses parents vivaient entourés de nombreux amis artistes. « En fait, le projet réunit mes deux pôles d’intérêt puisqu’il gravite à la fois dans l’écosystème artistique et start-up », nous confie Mathilde. A Bordeaux, la startuppeuse est devenue une personnalité incontournable dans le paysage des entrepreneurs. « J’ai fondé la boîte à Paris mais nous sommes descendus à Bordeaux il y a deux ans. L’avantage du web, c’est que l’on peut entreprendre de partout », poursuit-elle. Depuis, la jeune maman nous confie avoir considérablement gagné en qualité de vie et s’être s’appuyée sur la proximité des acteurs de l’écosystème bordelais. « J’ai été prise en accélérateur avant même d’arriver. Ici, j’ai un contact privilégié avec mon comptable, mon banquier ou même mon interlocuteur de la BPI », illustre-t-elle.

Capture d’écran du site KAZoART

Démocratiser le marché de l’art

Lorsqu’elle s’est lancée il y a quatre ans, nombreux sont les acteurs du marché de l’art qui lui ont ri au nez. Son ambition ? Créer une galerie d’art 100% virtuelle, où la rencontre avec l’œuvre ne se ferait qu’au moment de la livraison. « Il fallait clairement éduquer le marché et faire tomber des barrières psychologiques, tant du côté des artistes qui pensaient que ce canal de vente n’était pas efficace, que des acheteurs peu enclins à acquérir un tableau sans jamais l’avoir contemplé de près », raconte Mathilde Le Roy. Mais l’entrepreneure y croit dur comme fer, inspirée par la réussite du modèle aux Etats-Unis ou en Angleterre. Son objectif est de démocratiser l’accès au marché de l’art, notamment pour les acheteurs novices qui n’osent pas pousser les portes des galeries. C’est aussi offrir une vraie puissance de diffusion aux artistes qui peinent souvent à se faire exposer. « L’ambition est en quelque sorte de dénicher les talents de demain. Nous avons d’ailleurs de belles réussites avec des artistes qui exposent désormais à l’étranger. Mais nous accueillons aussi de plus en plus d’artistes reconnus, avec des prix variant de 100 à 50 000€ », poursuit l’entrepreneure. Il est vrai que désormais, de nombreux artistes percent via la toile notamment sur Instagram, avec l’apparition concomitante d’une nouvelle clientèle.

De son côté, KAZOaRT intègre 4 ou 5 nouveaux artistes chaque semaine. Le site perçoit un pourcentage de 30% sur chaque œuvre, et a mis en place un système pour faire l’intermédiaire entre l’artiste et le client qui peut proposer un prix. Toutefois, l’artiste demeure le seul décideur. Du côté des clients, Mathilde souhaite intégrer de l’IA afin de proposer des œuvres par affinité visuelle, tout en surprenant l’utilisateur pour le mener vers d’autres univers que ceux qu’il affectionne d’ordinaire. A la livraison, l’acheteur dispose d’un délai de 30 jours pour renvoyer l’œuvre.

De la débrouille à la levée de fonds

Au lancement de KAZoART, Mathilde n’avait que très peu de liquidité : environ 20 000€ en love money et crowdfunding, puis un prêt bancaire et un prêt d’honneur à la BPI. « Je pense que l’on est plus inventif sans argent. Alors nous avons tâché de rester cohérents avec nos moyens au début », souligne la startuppeuse. Mathilde nous explique notamment avoir axé son travail sur le référencement naturel du site, sans passer par de la publicité. Ce n’est qu’en 2016 puis 2018 qu’elle lève respectivement 300 000 puis 850 000€, ce qui lui a permis non seulement de se rémunérer, mais aussi d’embaucher un CMO et un CTO, et ainsi de changer d’échelle. « En décembre, nous avons été rentables, avec environ 7 à 10 ventes par jour. Je viens aussi de recruter une responsable pour le UK avec en ligne de mire notre déploiement à l’international », explique Mathilde Le Roy. Avec pas moins de 150 000 visiteurs uniques par mois, 1000 artistes et 20 000 œuvres référencées, la jeune femme est en passe de réussir son pari !

Son conseil business : « Etre entourée et soutenue par son entourage. Lorsque l’on est startuppeuse, le nombre d’heures de travail est considérable et le temps de cerveau disponible diminue donc considérablement pour sa famille.  De plus, je n’avais pas d’associé. J’avais donc vraiment besoin de ce soutien moral ».

Son conseil vie pro/perso : « J’ai fait beaucoup d’erreurs au début comme travailler le soir et checker mes mails pendant tout le weekend. Désormais, je ne travaille plus le mercredi après-midi pour rester avec mes enfants. Au départ, cela m’angoissait mais maintenant, je me rends compte que j’abats un boulot de dingue le mercredi matin, et que la boîte ne coule pas parce que je prends une demi-journée off ! »

https://www.kazoart.com/

@Paojdo

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