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Léa Moukanas, fondatrice de l’asso Aïda : « On est une chouette génération »

Il y a 4 ans, tout juste âgée de 15 ans, Léa Moukanas devenait la plus jeune présidente d’une association caritative en Europe. Son combat, elle l’a dédié aux jeunes de 0 à 25 ans souffrant d’un cancer suite au décès foudroyant de sa grand-mère. Une personnalité brillante et inspirante qui entraîne dans son sillage toute une génération.

A seulement 19 ans, Léa Moukanas mène de front des études à Sciences Po et la présidence de son association Aïda. Jeune femme au talent précoce, elle a à peine 14 ans lorsque son premier roman La machine à remonter le temps paraît aux éditions LEN. « Une écriture thérapeutique », nous confie-t-elle, puisque cet ouvrage est en réalité le prolongement d’une nouvelle écrite au collège en hommage à une amie décédée brutalement. « Au début, je n’avais pas envie de partager ce récit, mais j’ai eu des retours qui m’ont bouleversée, comme celui d’une femme qui venait de perdre son mari et avait frôlé le suicide. C’est la lecture de l’ouvrage qui l’a dissuadée de le faire », nous explique-t-elle.

Le début d’une quête de sens qui se poursuit avec la création de l’association Aïda l’année suivante, en hommage à sa grand-mère décédée d’une leucémie foudroyante. « C’était une femme très engagée, et j’ai donc voulu à mon tour donner de mon temps à une association avec une amie. Mais cela a été la douche froide : beaucoup de structures ne nous prenaient pas au sérieux ou alors cela ne coïncidait pas avec notre agenda de lycéennes », se souvient-elle.

« Il n’y a pas d’âge pour s’engager »

C’est ainsi qu’elle décide de créer sa propre association pour venir en aide aux jeunes de 0 à 25 ans, et souffrant d’un cancer. L’objectif ? Offrir aux malades un temps de partage avec d’autres jeunes autour de la musique ou même d’un jeu vidéo, mais aussi soutenir la recherche à travers un appel d’offres annuel orchestré par un comité scientifique. A cela s’ajoute une troisième mission : « aller dans les écoles et les universités pour rappeler aux jeunes qu’il n’y a pas d’âge pour s’engager. Certains sont en échec scolaire et pensent qu’ils ne sont pas utiles. Mais leur implication leur révèle qu’ils sont plus que des notes ou une situation familiale chaotique », martèle Léa.

Mais là encore, le chemin est semé d’embuches. « La première fois que j’ai tapé à la porte d’un hôpital, on m’a dit « retourne faire tes devoirs ». Ce n’est pas notre projet qui a été rejeté, mais ce que nous étions. C’était absurde car nous n’allions pas devenir vieux du jour au lendemain ! », s’insurge-t-elle. Finalement, la Clinique Edouard Rist dans le 16ème à Paris est la première à leur ouvrir ses portes. Dès lors, les collaborations s’enchaînent et ce sont aujourd’hui plus de 20 structures hospitalières qui accueillent les quelques 1000 bénévoles qui se rendent au chevet des patients. « Ce sont eux nos meilleurs ambassadeurs. Pendant 3H, ils se sentent regardés comme n’importe quel autre jeune et non pas comme des malades », rapporte Léa. Les bénévoles sont toutefois formés pour garder leurs distances : par exemple, il leur est interdit d’échanger leurs numéros ou réseaux sociaux. « C’est essentiel pour protéger à la fois les malades et les bénévoles. Cela ne veut pas dire que les jeunes restent froids et qu’aucun lien affectif ne se crée », poursuit-elle.

« Notre génération exige de l’immédiateté »

Si elle fait du bien à des milliers de jeunes malades, Léa s’est aussi libérée en créant l’association. A cheval entre trois cultures -le Liban pays cher à son cœur où elle est née, les Etats-Unis où elle a grandi en partie et la France dont elle chérit la capitale- Léa est longtemps restée retranchée derrière ses cahiers et n’avait que peu d’amis. « Petite, je devais fermer les yeux pour réciter mes poésies devant ma classe. L’association m’a appris à aller vers les autres pour créer quelque chose de plus grand. C’est ce qui me permet aujourd’hui de parler devant plus de 1000 personnes. Mais c’est bien plus facile car je défends une cause », observe-t-elle.

Un engagement qui fait écho à la génération Z qu’on décrit souvent comme la génération canapé alors qu’elle est en réalité pleine de paradoxes comme nous l’explique Léa : « je trouve au contraire que nous sommes une génération très chouette, qui s’engage, qui exige de l’immédiateté. En découle parfois une certaine impatience mais c’est ce qui nous permet d’avoir un réel impact sur le monde ». Pari réussi pour cette jeune fille semblant déjà avoir vécu 1001 vies.

(c) Félicia Sisco

https://associationaida.org/

@Paojdo

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