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Laure Manaudou : « C’est le mental qui fait la différence »

Sportive préférée des Français, Laure Manaudou coule une existence heureuse depuis qu’elle s’est retirée des bassins. Nous avons profité de sa participation au premier Salon International du Sport au Féminin (SISAF) pour en savoir plus sur sa vision du sport de haut niveau, de la place qu’y occupe le mental et de la vie après compétition. Des leçons de vie valables pour nous tous !

Pensez-vous que le sport soit pour les femmes un vrai levier d’empowerment ?

Laure Manaudou : En réalité, je pense que les hommes et les femmes ne voient pas le sport de la même manière. Si pour les hommes, il s’agit d’un vrai défouloir et d’une manière de conserver une bonne hygiène de vie, pour une partie des femmes, il s’agit juste d’avoir un joli corps trois mois avant l’été. Mais pour que cela fonctionne, il faut en faire toute l’année (rires) ! C’est essentiel pour notre mental et notre équilibre hormonal, même lorsque l’on est enceinte (si le médecin est OK bien entendu). Mais il n’y a pas besoin d’être dans la compétition pour se faire du bien. A chacune ses objectifs.

Les chiffres démontrent que les femmes et les jeunes filles notamment font toujours moins de sport que leurs comparses masculins, comment l’expliquez-vous ?

Laure Manaudou : L’une des raisons selon moi est que le sport féminin est beaucoup moins médiatisé, et cela ne va pas changer du jour au lendemain. Si l’on arrivait ne serait-ce qu’à 40-60, ce serait bien. Nous ne sommes pas là juste pour faire la cuisine et nous occuper des enfants, nous pouvons être tout ce que nous désirons. De mon côté, j’ai pu faire la Une de l’Equipe plusieurs fois car j’étais la seule à faire des résultats dans mon sport à l’époque. C’est important de démontrer que toutes les femmes peuvent faire du sport de haut niveau, à condition de s’en donner les moyens et d’avoir un bon entraîneur bien sûr.

Toutes les femmes n’arrivent cependant pas à votre palmarès. Qu’est-ce qui a fait chez vous la différence ?

Laure Manaudou : C’est vrai que l’on ne peut pas nier qu’il existe des prédispositions génétiques. Mes parents étaient tous les deux des sportifs et j’ai sûrement hérité de bons gènes. Sur les 11 entraînements par semaine, je n’en faisais véritablement que 3 vraiment bien. Mais je connaissais mon corps et je savais de quoi il était capable. Après, je dirais que le succès, c’est 60% de mental et 40% de physique. C’est donc malgré tout le mental qui a fait la différence dans ma carrière. Pour cela, j’ai été entourée par Philippe Lucas. Peut-être qu’avec une personne différente, cela n’aurait pas fonctionné. C’est lui qui a travaillé mon mental : il me disait que j’étais la meilleure. Alors, je pensais qu’avec mes entraînements, il était impossible que j’arrive seconde. La médaille d’argent aurait été pour moi un échec.

Comme dans la vie d’un entrepreneur, le sportif doit cependant apprendre à gérer l’échec. Cela a été particulièrement difficile par la suite pour vous qui n’étiez pas programmée pour échouer ?

Laure Manaudou : J’ai effectivement connu l’échec après toutes mes médailles, et cela a été difficile à gérer. Mais je n’avais d’autre choix que d’avancer. Il faut être vraiment fort mentalement. C’est grâce aux erreurs que l’on se remet en question et que l’on comprend pourquoi cela ne va pas. Pas juste au niveau du sport mais dans la vie en général.

Beaucoup de nageurs français se sont retirés des bassins après avoir glané une ou deux médailles d’or. Pensez-vous que l’on ne travaille justement pas suffisamment la question des motivations profondes qui mobilisent un sportif ?

Laure Manaudou : A mon époque, nous n’avions pas toute une équipe de préparateurs (physique et mental) autour de nous. Mais je dirais que lorsque l’on est sportif de haut-niveau, on est dans sa bulle et l’on est dans une forme de routine. C’est en prenant une pause que l’on se rend compte que l’on n’était pas forcément heureux et que l’on aurait peut-être pu avoir une carrière plus longue si l’on avait fait autrement. En même temps, avec des si, on refait le monde, c’est donc difficile à savoir. Ce qui est sûr, c’est que lorsque l’on arrête, on a l’impression de creuser un trou et de rester au fond. Je pense donc qu’il est effectivement important d’être bien entouré en amont et de se poser les bonnes questions pendant sa carrière.

La question de l’après est effectivement cruciale pour les sportifs. Est-ce qu’aujourd’hui on prépare davantage les jeunes à leur reconversion ?

Laure Manaudou : Il y a davantage d’horaires aménagés pour les jeunes, plus de sport études. Peu à peu, cela rentre dans la tête des cadres et sportifs qu’il est essentiel de ne pas stopper les études. C’est important aussi de s’épanouir dans autre chose que le sport. Après, pour les nageurs, c’est difficile. On rentre tellement fatigués de l’entraînement que l’on a du mal à faire autre chose. Toutefois, si on a choisi ce sport, c’est tout de même car on l’aime !

De nombreux sportifs se reconvertissent justement en conférenciers en entreprise, tant il existe de parallèles entre le sportif et l’entrepreneur. Est-ce quelque chose qui vous tente ?

Laure Manaudou : Je le fais de temps en temps, mais plus sous la forme de questions-réponses car je préfère échanger. Cela m’intéresse toutefois car comme la plupart des sportifs, je n’ai pas forcément eu le temps ni l’opportunité de faire des études, mais j’ai pu acquérir d’autres compétences qui peuvent être intéressantes à partager.

Nourrissez-vous aussi cette envie de transmettre en tant que coach auprès de jeunes nageurs ?

Laure Manaudou : Selon moi, ce n’est pas parce que l’on est un bon nageur que l’on sera un bon coach. Je ne pense pas avoir la pédagogie nécessaire de mon côté, et puis j’ai passé trop de temps dans les bassins. Si je devais transmettre quelque chose, ce serait simplement de ne rien lâcher lorsque l’on se donne les moyens de réussir.

On vous a vue récemment dans l’émission « A l’état sauvage » aux côtés du célèbre aventurier Mike Horn qui a partagé avec vous un moment exceptionnel lors d’un trek dans la savane. Qu’avez-vous retiré de cette expérience ?

Laure Manaudou : Si je pouvais, je retournerai faire une expédition avec Mike une fois par an. C’est le must et il est difficile de faire d’autres émissions après avoir vécu une telle expérience. Pour être tout à fait honnête, je pensais que cela serait plus difficile physiquement. Ce qui a été plus compliqué à gérer, c’est l’inattendu : d’habitude, je ne nage pas avec les hippopotames (rires) ! Mais ce que j’ai vraiment aimé, c’est me retrouver seule dans la nature, apprendre à deviner l’heure en fonction de la position du soleil, écouter les bruits de la savane… A la fin de l’émission j’angoissais de rallumer mon téléphone. Du coup, je me suis dit qu’en rentrant, si je voulais passer voir les gens, je sonnerai simplement chez eux. Bon, dans la réalité, ce n’est pas possible. En revanche, ce que j’ai réussi, c’est à ôter Facebook de mon téléphone qui est vraiment une perte de temps.

Dans quels domaines de votre vie avez-vous maintenant envie de vous challenger ?

Laure Manaudou : J’ai eu un bébé il y a moins d’un an et ce que je désire pour le moment, c’est en profiter un peu ! J’essaie toutefois de retrouver le corps que j’avais avant d’avoir un enfant, pour cela, je fais du sport trois fois par semaine avec une coach, et puis j’habite près des calanques donc je peux faire pas mal de randonnées.  Je fais quelques représentations pour mes marques partenaires, mais en somme, j’ai pas mal de temps libre, et cela vaut de l’or.

Où pourra-t-on vous retrouver bientôt ?

Laure Manaudou : Au SISAF (15-17 juin) sur le stand de DIM qui sort sa gamme de vêtements de sport, et prochainement à la télé pour un projet dont je ne peux pas encore parler !

@Paojdo

 

 

 

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