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Laure Behar, co-fondatrice de SuperAidant et lauréate du Young Business Award

A 25 ans, cette étudiante en ingénierie de la santé a co-fondé SuperAidant, une start-up visant à fédérer la communauté des aidants. Son objectif ? Prévenir les risques psycho-sociaux inhérents à cette charge mentale que représente le soutien quotidien à un proche handicapé ou malade. Un projet qui a su séduire le jury et lui a permis de remporter le Young Business Award remis vendredi dernier à VivaTech, et qui récompensait une start-up fondée par une femme de moins de 25 ans.

En France, on dénombre pas moins de 11 millions d’aidants qui prennent soin d’un proche handicapé ou malade. A travers SuperAidant, quels services souhaitez-vous leur proposer ?

Laure Behar : Les aidants sont soumis à un grand stress et de la solitude, pouvant aboutir au burn-out ou à la dépression. Malheureusement, ces personnes ne vont souvent pas se tourner vers les professionnels de santé quand ils en ont besoin. Nous proposons donc une appli préventive avec un fil d’actualités pour que les aidants puissent être informés de leurs droits, comme le congés pour les aidants, ou encore des différents événements organisés autour de cette thématique. Nous avons aussi une partie forum dans laquelle les aidants peuvent se retrouver, et ainsi bénéficier des conseils de personnes qui vivent la même situation qu’eux. SuperAidant abrite aussi des podcasts de sophrologie adaptés à la cause des aidants. Enfin, nous avons noué un partenariat avec Welp qui propose du bénévolat de particulier à particulier. Le but est ainsi de soulager les aidants afin qu’ils puissent être remplacés de temps en temps pour certaines tâches (comme faire les courses pour la personne aidée). L’application n’est pas encore disponible, nous sommes actuellement trois à travailler sur le projet.

Qu’est-ce qui vous a sensibilisée à cette cause : vous êtes vous-même touchée ?

Laure Behar : L’idée a germé dès 2016, lorsque nous avons pris conscience que nos parents passaient beaucoup de temps à s’occuper de leurs propres parents. Cela représente une grosse charge en plus de leur travail, et ils n’ont de ce fait plus de temps pour eux. A l’époque, nous ne connaissions par le mot aidant, et nous avons réalisé que de nombreuses personnes ne se rendaient pas compte qu’elles étaient elles-mêmes des aidants.  Notre objectif premier est donc déjà de les sensibiliser à leur propre cause.

Les pouvoirs publics ont-ils pris la question à bras le corps ?

Laure Behar : Le Président Macron en a parlé dans son discours présidentiel, mais concrètement, il n’y a pas encore de solutions proposées. Les aidants sont vraiment les oubliés du vieillissement de la population. Pourtant, c’est une vraie question de santé publique car lorsque les aidants craquent, cela est doublement dommageable, tant pour l’aidant que l’aidé.

Le jury a été séduit par le fait qu’une jeune femme s’empare d’une problématique de la silver economy. Pensez-vous apporter un regard frais de par votre jeune âge ?

Laure Behar : Lorsque nous pitchons, nous nous rendons compte que c’est davantage la génération de nos parents qui est touchée par notre discours. La fraîcheur de notre approche passe déjà par le numérique. Avec SuperAidant, nous proposons une solution digitale adaptée à la génération de nos parents, et sûrement la nôtre plus tard par la force des choses.

Il n’est pas forcément facile de trouver un business modèle viable lorsque l’on s’attaque à des questions à vocation sociale. Qu’envisagez-vous ?

Laure Behar : Nous ne voulons pas faire payer les aidants, cela serait totalement contraire à notre approche. Nous pensons plutôt proposer une offre forfaitaire aux mutuelles ou aux assurances. Nous avons notamment pu discuter avec Axa qui était partenaire de l’Award. Nous visons aussi la politique RSE des entreprises.  Nous cherchons donc actuellement des clients en parallèle de la sortie de l’application.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez su que vous aviez remporté l’Award ?

Laure Behar : J’étais très étonnée, je ne m’y attendais pas. Pour moi, c’est une très belle récompense d’avoir la reconnaissance de la communauté des femmes entrepreneurs. Les femmes sont encore peu nombreuses à créer des entreprises, je trouve donc cela essentiel de leur apporter de la visibilité à travers ce prix et un média tel que Business O Féminin. Et puis je suis vraiment très heureuse d’avoir pu rencontrer des personnalités telles qu’Olivier Mariée d’Axa ou Vivianne de Beaufort qui propose un programme pour les startuppeuses. C’est une très belle opportunité !

@Paojdo

 

 

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