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La fabuleuse histoire de Pauline de Montesson, fondatrice de Baby Sittor

Ce n’était au départ d’un simple groupe Facebook pour mettre en relation les babysitters et les parents en panne de nounou. Aujourd’hui, Baby Sittor revendique une communauté de 250 000 inscrits et s’impose comme le leader sur le marché. Rencontre avec sa jeune fondatrice.

Business O Féminin : Au commencement, Baby Sittor n’était pas un projet entrepreneurial, mais répondait à votre propre besoin ?

Pauline de Montesson :  Originaire de la Sarthe, j’ai toujours fait des baby-sitting durant mes études à Lyon (BTS de communication). Lorsque je suis arrivée à Paris en 2012 pour travailler dans l’événementiel, j’ai voulu continuer le baby sitting pour compléter mes revenus. Etant la dernière d’une famille de 5 enfants, j’ai missionné mes grands-frères afin qu’ils me mettent en contact avec leurs amis parisiens qui avaient des enfants. Très vite, je me suis retrouvée avec de nombreuses familles, du coup, je mettais en relation mes amies qui cherchaient des baby-sittings par SMS. Mais cela me prenait énormément de temps alors j’ai créé un groupe sur Facebook avec les parents et les baby sitters. Au départ, ce groupe informel était composé d’une trentaine de personnes, puis nous sommes vite passés à 300 membres car tout le monde ajoutait ses propres contacts. Je me suis mise à la place des parents et me suis dit que cela ne me plairait pas de confier mes enfants à des inconnus. J’ai donc mis en place un parrainage à l’entrée et un système de modération. Et l’attraction du groupe n’a fait que croître. Je compare cela à une entrée dans une boîte de nuit select : plus c’est difficile d’y entrer, plus on a envie de l’intégrer. Des groupes se sont formés dans de nombreuses villes de France comme Le Mans, Nantes, Lyon ou Lille, mais aussi à l’étranger avec la communauté francophone. A l’époque, je ne tirais aucun revenu de ces groupes alors que j’y consacrais beaucoup de temps les soirs et les weekends. A un moment, j’ai donc décidé de quitter mon job de chargée de communication pour me lancer dans l’aventure en 2015. Mais je ne voulais pas le faire seule alors je me suis associée avec Maxence qui était à l’époque auditeur dans un cabinet parisien.

Business O Féminin : A l’époque, vous étiez seuls sur le marché des applis ?

Pauline de Montesson :  Il existait des sites web type Yoopies, mais pas d’applications. Depuis, d’anciens membres de notre communauté se sont lancés, mais sur trois projets, deux ont capoté. En revanche, il existait déjà des groupes sur Facebook pour des jobs étudiants, mais sans cet aspect de modération.

Business O Féminin : Vous avez donc constitué votre communauté avant votre produit. C’est votre plus grande force ?

Pauline de Montesson :  Oui, nous échangeons beaucoup avec nos membres. Grâce au système de parrainage, nous pouvons remonter jusqu’à la création de Baby Sittor. Nous vérifions les cartes d’identité des baby-sitters, leur demandons de poster trois photos d’elles, leur demandons une description et mettons les noms en entier. Nous aimerions à terme mettre leurs diplômes. Désormais, des personnes non parrainées peuvent intégrer l’application (car autrement nous avons observé que 70% des utilisateurs qui n’avaient pas de parrains désinstallaient l’appli), mais elles ne seront mises en relation qu’avec des utilisateurs qui ne sont eux-aussi pas parrainés. Lorsque vous postez une annonce, nous n’allons pas prévenir toutes les baby-sittors, mais celles avec qui vous avez des choses en commun (parrains, filleuls, localisation, amis en commun etc).

Business O Féminin : Combien d’inscrits revendiquez-vous ? Sont-ils avant tout sur le territoire parisien ?

Pauline de Montesson :  A ce jour, nous comptons 250 000 inscrits, avec 30% de parents et 70% de baby-sitters. Nous sommes principalement présents à Paris et dans les grandes villes de province, mais cherchons à nous développer partout sur le territoire. Pour cela, nous mettons en place un système d’ambassadeurs. Dans certaines zones, les parents ne sont pas nécessairement habitués à utiliser leur téléphone pour consommer des services type Uber ou Deliveroo. Il y a donc un vrai travail d’évangélisation à effectuer.

Business O Féminin : Et si le babysitting se passe mal, quelles garanties proposez-vous ?

Pauline de Montesson :  Tout d’abord, un système de notation permet aux parents et aux baby sitters de noter la garde chacun de leur côté. Ensuite, si par exemple une baby-sitter « plante » la famille au dernier moment, nous enquêtons pour savoir pourquoi elle n’est pas venue et n’a pas cherché à se faire remplacer. S’il s’avère que ce plantage était intentionnel, alors, elle est définitivement exclue de la communauté.

Business O Féminin : Vous êtes devenus payants depuis fin mars. Comment avez-vous élaboré votre offre ?

Pauline de Montesson :  Nous avons fait un sondage et le système d’abonnement est celui qui est le plus ressorti. Nous proposons une offre mensuelle à 9,90€ par mois, une semestrielle à 7,90€ et une annuelle à 4,90€. L’avantage de Baby Sittor est que l’on peut payer directement ce que l’on doit via l’appli. Souvent, le prix de l’abonnement revient aux 4 euros supplémentaires qu’on laisse à la baby-sitter lorsque l’on n’a pas de monnaie. Nous avions pensé à prendre une commission mais c’est plus compliqué, et cela aurait en plus incité les gens à passer en direct. Il y a des personnes pour qui le tarif d’entrée est trop élevé, parce qu’elles se disent qu’elles ne vont utiliser l’appli qu’une ou deux fois dans l’année. A nous de les convertir en améliorant notre offre !

Business O Féminin : Vous avez fait une première levée de fonds de 500 000€ en 2016, puis une autre de 225 000€. Quel est votre prochain objectif ? Pensez-vous à l’internationalisation ? 

 Pauline de Montesson :  Notre première levée nous a permis d’embaucher des développeurs. Nous sommes 7 au total. Nos  investisseurs étaient tous des membres et ont été de formidables ambassadeurs (l’un d’eux venait de Facebook, un autre de Stripe, une solution de micro-paiement que nous utilisons). Puis nous avons fait une autre petite levée en attendant le lancement de notre business model. Depuis mars, nous comptons 12 000 abonnements et pouvons payer les salaires, locaux etc. L’an prochain, nous ferons sûrement une levée de fonds mais pour l’heure, nous améliorons notre service. Si nous devons nous développer ce sera sûrement via les capitales européennes et en premier lieu Londres car il existe une très forte communauté de Français. Mais il nous reste encore beaucoup de parents à toucher en France !

@Paojdo

 

 

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