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Karine Tardon : 7 enfants et 5 millions de CA au compteur

Profondément connectée à son intuition, Karine Tardon est une entrepreneure hors-normes. Avec son mari Jean-François, elle a réussi à faire fleurir son entreprise de plats cuisinés bio – Karine & Jeff – tout en élevant sept enfants scolarisés à domicile. Un récit de vie inspirant d’une femme qui a décidé de ne pas choisir.

« Je ne me pose jamais la question du comment. Quand j’ai le pourquoi, je sais que le reste viendra ». Karine Tardon, entrepreneure chevronnée, demeure convaincue que l’on peut réaliser ce que l’on désire dans la vie à partir du moment où l’on est mué par une conviction profonde. Il faut dire que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter cette native du Sud-Ouest. Une liberté de pensée qui a certainement germé dans un terreau familial fertile. Lorsqu’elle n’est encore qu’une enfant, Karine travaille tous les étés dans le splendide jardin potager de son grand-père maternel, un ex entrepreneur dans la construction métallique reconverti en jardinier. Son grand-père paternel est médecin rhumatologue et non moins avant-gardiste puisqu’il pratique la médecine ayurvédique. « C’est comme cela que j’ai été sensibilisée à l’alimentation santé. Pour moi, ce que nous mangeons a un pouvoir de vie ou de mort sur nous », martèle Karine Tardon. C’est ainsi qu’à l’âge de 12 ans, elle décide de devenir végétarienne. « Mes parents m’ont laissée faire ce que je voulais à condition que je me débrouille pour me faire ma cuisine », se souvient-elle.

Une discipline de fer

Un sens de la débrouillardise chevillé au corps puisqu’à 18 ans, tout juste mariée et le bac en poche, elle part sillonner le monde en camion. Elle cuisine sur le feu pour se faire loger chez l’habitant en Ethiopie, travaille dans un hôtel deux étoiles en Argentine ou encore au Proche-Orient. Six années de périple durant lesquelles Karine fera quelques retours en France pour donner naissance à ses trois premiers enfants, avant d’accoucher sur la route du quatrième. A la question : comment avez-vous pu financer un tel voyage ? Karine répond simplement qu’elle n’avait que peu de charges. « Nous devions acheter du gasoil, aller chercher de l’eau à la source et acheter des légumes sur le marché ». De cette expérience unique, Karine a tiré un profond sens de la discipline. « Lorsque vous êtes bloqué plusieurs jours à une frontière et que la température est de 50°, ou encore que vous vous retrouvez avec un enfant malade à 4500 mètres d’altitude, vous devez adopter une parfaite ligne de conduite pour éviter les mésaventures. Comme pour l’entrepreneuriat, c’est aussi une question de foi et de passion pour ne jamais repartir en arrière. Dans un pays qui n’est pas le nôtre, on ne se comporte pas comme à la maison », résume la globe-trotteuse.

« Cinq ans de traversée du désert »

En 2000, Karine Tardon et son mari Jean-François retournent dans le sud-ouest pour investir une grande ferme dans le Gers. Avec seulement un passeport en poche et plus de sécurité sociale, ils lancent « Le bonheur est dans le pot », une gamme de dix plats cuisinés bio inspirés de leurs voyages. « Nous allions nous fournir en matières premières dans notre département, réalisions les recettes, mettions les plats dans les bocaux puis partions distribuer nos clients aux alentours en remorque », raconte l’entrepreneure. A l’époque, les magasins bio commencent déjà à se structurer mais Karine et Jean-François parviennent à faire la différence avec leurs bocaux en verre puisque jusque là, seules les soupes de poisson étaient conditionnées de la sorte. « Cela a permis d’insister sur notre notion de transparence. Nous proposions aussi des processus de cuisson innovants pour préserver les valeurs gustatives et nutritionnelles », explique-t-elle. Ces cinq premières années, Karine les compare à une « traversée du désert », toutefois, la pugnacité dont elle et son mari font preuve leur permet d’être toujours soutenus par leur banque.

Le grand export, détonateur du succès

Entre 2005 et 2010, la marque continue à se structurer au niveau national, et la gamme de recettes s’agrandit. En 2011, Karine et Jean-François franchissent un cap avec l’acquisition des premiers outils de production « il faut savoir qu’une marmite dans l’agro-alimentaire coûte pas moins de 100 000 euros ! », souligne-t-elle. Désormais, leur unité de production installée à Revel s’étend sur pas moins de 3000m2. En 2013, Karine et Jean-François ouvrent leur premier restaurant à Toulouse, aujourd’hui tenu par leur fils aîné. Le concept ? Une cantine bio sur la base d’un buffet que l’on paie au poids. C’est en 2014 que le grand tournant s’opère pour la marque avec la création d’une filiale en Amérique du Nord. « Nous avions déjà ouvert l’Europe mais jamais le grand export. Nous sommes allés prendre la température lors d’un salon à New-York et avons été abasourdis par le changement radical dans les modes de consommation. Pour nous, ça a été une vraie stratégie de développement. Nous avons décidé de ne pas faire les choses à moitié », se souvient-elle. Avec mari et enfants, elle part alors sur les routes américaines pour réaliser une étude de marché. 17 000km parcourus pour mieux comprendre les modes de consommation, la concurrence et les modes de distribution. C’est aussi à cette période que la société prend le nom de « Karine & Jeff », une suite logique pour cette marque très affective. Aujourd’hui, l’entreprise familiale réalise 5 millions de CA, emploie 30 salariés en interne et 2 en Amérique du Nord, et 15 intervenants extérieurs. 75% des ingrédients sont sourcés en local, mais Karine ne s’interdit pas d’aller toquer à la porte d’agriculteurs bio sur d’autres continents pour des matières premières qui n’existent pas en France. « C’est le même paysan qu’ici, avec le même mérite. Le seul problème reste le transport mais on annonce la création de cargos avec porte-containers électriques » explique-t-elle.

« Le système n’est pas adapté pour les mamans entrepreneures »

Parallèlement à cette aventure entrepreneuriale, Karine a élevé ses sept enfants scolarisés à domicile. Ce choix s’est imposé lors de son retour de voyage. « Mes enfants n’ont pas supporté de rester assis 7H par jour, enfermés », se remémore-t-elle. Elle décide alors de leur faire la classe chaque matin à l’aide de manuels scolaires puis de cours par correspondance. Ses aînés n’intégreront ensuite l’école que lorsqu’ils le désireront, en troisième, seconde ou première. « Ma grande fille a fait HEC, l’autre est en master de finance, un autre est premier prix de danse du conservatoire, et tous ont la fibre entrepreneuriale », se félicite-t-elle. Un choix qui semble fou pour certains, mais « dans ma vie privée comme professionnelle, je ne pense jamais à mon lendemain en fonction d’aujourd’hui. Il n’y a pas non plus de césure entre mes deux vies. Mes enfants me suivent partout. Lorsque mes enfants sont allés au lycée, j’ai trouvé cela bien plus éreintant de devoir se reconnecter à un ado qu’on n’a pas vu de la journée alors que l’on est soi-même épuisée par le travail. Je rencontre beaucoup de femmes qui culpabilisent car elles ne voient pas assez leurs enfants. Mais selon moi, c’est parce que la vie de maman entrepreneure ne peut pas coller avec le système actuel. Les femmes ne devraient pas avoir à faire de choix entre leur boulot ou leurs enfants, car ce choix abîme », confie-t-elle.  Un mindset qu’elle transmet aujourd’hui à d’autres jeunes femmes à travers la Women Iniatitive Foundation de BNP Paribas. « J’ai moi-même été mentorée lors d’un événement pour femmes entrepreneures à Stanford. J’y ai appris que tout le monde peut acquérir la technique même si cela est parfois long, mais que ce qui compte vraiment, c’est de travailler sa psychologie ». A bonne entendeuse.

Découvrez le site de Karine & Jeff

@Paojdo

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