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Karien van Gennip, CEO d’ING Bank France : « Les politiques, comme les dirigeants d’entreprise, ont besoin de s’inscrire dans un contexte qui ait du sens. »

26.06.2018

Cette ancienne ministre du Commerce extérieur des Pays-Bas a rejoint ING Group en 2008 en tant que directrice des affaires publiques et départementales. Elle est, depuis octobre 2015, aux commandes de la filiale française de la banque. Karien van Gennip revient sur son parcours bluffant et distille quelques conseils précieux.

Business O Féminin. À quoi ressemblent vos journées ?

Deux fois par semaine, je commence ma matinée en courant. Il m’arrive assez régulièrement d’avoir des petits-déjeuners professionnels. Mon rythme est assez intense, mais je tiens, chaque jour, à disposer d’une heure et demie de libre dans mon agenda : il est indispensable de trouver le temps de réfléchir. J’ai beau être CEO, je tiens à rester accessible : mes équipes savent que ma porte est ouverte si elles souhaitent venir me parler. Puis, j’ai aussi une vie privée ! J’ai quatre filles avec qui je tiens à être en contact le plus régulièrement possible. La technologie, notamment WhatsApp, est d’une grande aide en la matière !

Business O Féminin. Quels points communs entre être femme politique et dirigeante d’entreprise ?

Dans les deux cas, l’enjeu reste le même : motiver les équipes. Lorsque j’avais des fonctions politiques, je devais convaincre les membres du Parlement afin de faire accepter une nouvelle loi. Dans une entreprise, si on veut changer d’objectif, d’orientation stratégique, persuader ses troupes est également essentiel ! Au bout de compte, dans l’univers politique comme dans le monde économique, chacun a besoin de s’inscrire dans un contexte qui ait du sens. C’est comme cela que l’on avance. Par ailleurs, un dirigeant politique et un patron doivent croire en ce qu’ils font pour avancer.

Business O Féminin. Racontez-nous les moments clés de votre parcours.

Le premier a été de choisir d’étudier la physique lorsque j’avais 18 ans. À l’université, j’ai rencontré des tas de jeunes passionnés de technologie. J’ai appris à coder et à appréhender les problématiques de manière analytique. Mon expérience professionnelle chez McKinsey a également été cruciale. J’ai aussi passé deux années à San Francisco où je me suis frottée à la culture entrepreneuriale. J’y ai vraiment apprécié le foisonnement des idées, notamment créatives. C’est aussi lors de ce séjour aux États-Unis que j’ai appris à apprécier les acquis de nos pays européens, une éducation et un système de santé accessibles pour ne citer que ces exemples.   Enfin, ma nomination en tant que ministre de mon pays a été un moment très important pour moi. J’ai eu le sentiment d’avoir un réel impact. Ce fut un honneur de le servir.

Business O Féminin. Avez-vous des rôles modèles ?

J’en ai beaucoup ! Parmi eux, Hillary Clinton, même si elle a échoué. Et Angela Merkel : avant l’élection d’Emmanuel Macron, sa voix était certainement la plus déterminante sur la scène européenne !

Business O Féminin. Vous êtes aujourd’hui à la tête d’ING Bank France. Quelle importance accordez-vous au recrutement de talents féminins, ainsi qu’à leur évolution au sein de l’entreprise ?

J’y accorde une importance de premier ordre. Cela est même crucial. Je suis d’ailleurs fière de dire que notre comité de direction est composé de sept membres, dont quatre femmes. Par ailleurs, 30% de notre middle management est féminin. Un taux qui est supérieur à celui de nos équipes aux Pays-Bas !

Business O Féminin. Parlons de l’univers bancaire que vous côtoyez au quotidien depuis dix ans désormais… et des fintechs, ces startups qui le titillent. Doit-on opposer les banques aux fintechs ou bien ces dernières vous permettent-elles au contraire d’innover plus rapidement ?

Les fintechs représentent de grandes opportunités pour nous ! D’ailleurs, en octobre 2017, ING a annoncé la création d’un fonds d’investissement dans les fintech, doté de 300 millions d’euros. D’une manière générale, la coopération avec les fintechs fonctionne très bien ! En 2017, nous avons ainsi lancé Prêt Pro Direct, une offre de crédit immédiate et digitale, à destination des PME. Le développement de ce service est le fruit de notre collaboration avec cinq fintechs, dont la startup française Budget Insight.

Business O Féminin. Plus donc que les fintechs, vos vrais concurrents aujourd’hui ne sont-ils pas les acteurs du numérique : Google, Facebook, Apple, etc ?

L’attente client est effectivement déterminée par d’autres entreprises que les banques. Des plateformes comme Uber ou Airbnb engendrent de nouvelles habitudes de consommation, exigeantes, et qui se répercutent sur les banques. Sans compter que certains grands acteurs de l’économie numérique se positionnent sur le segment des services bancaires !

Business O Féminin. Le big data constitue-t-il un axe prioritaire pour votre croissance future ?

Oui. Nous ne sommes qu’au début des potentialités offertes par le big data et l’intelligence artificielle. Mais ces derniers vont, à bien des égards, changer notre façon de faire du business. Par exemple, les risques de crédits vont pouvoir être déterminés de manière beaucoup plus précise.

Business O Féminin. Quels sont les prochains objectifs d’ING France ?

Notre maison-mère entend faire de la France une priorité en termes de développement. Elle perçoit ce pays différemment depuis la dernière élection présidentielle : auparavant assimilée au pessimisme, la France apparaît désormais plus dynamique, optimiste et attirante.

@clairebauchart

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