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Ghizlaine Amrani (QuantCube) : « Autorisons-nous à voir plus grand ! »

Elle avait prédit le Brexit, l’élection de Trump et le duel final Macron/Le Pen à la Présidentielle. La startup QuantCube, qui a récemment levé 5 millions d’euros pour accélérer son développement, compte une femme à sa tête : Ghizlaine Amrani, co-fondatrice et Chief Operating Officer. Portrait.

Née à Casablanca, Ghizlaine Amrani a grandi au milieu d’une famille d’entrepreneurs. Pourtant, après ses études au lycée français, c’est d’abord vers la psychothérapie qu’elle se tourne, bien loin du milieu de la FinTech qu’elle fréquente aujourd’hui. « J’avais le virus entrepreneurial mais je ne voulais pas me l’avouer », nous confie-t-elle. Installée à Paris, elle accompagne des enfants atteints de troubles du spectre autistique ou psychotiques, une expérience très enrichissante sur laquelle elle s’appuie encore aujourd’hui pour recruter ses équipes, manager et négocier. Au bout de 2 ans d’exercice, Ghizlaine quitte son poste de psychothérapeute pour rejoindre les bancs d’une business school. « C’était surtout la dimension internationale qui me manquait dans mon métier ». Il faut dire que la jeune femme maîtrise six langues !

« Nous nous sommes intéressés très tôt aux données Big Data »

Fraîchement diplômée en finance, elle intègre de grandes maisons de luxe en tant que marketing product manager. D’abord Bulgari à Paris, puis Cartier à New-York. Mais Ghizlaine souhaite rentrer en France et la vie lui offre de rencontrer ses deux futurs associés : Thanh-Long Huynh, son époux et actuel CEO de l’entreprise, ainsi qu’Alexandre Damour, le CTO. C’est ainsi que l’aventure QuantCube démarre en 2013 dans l’hexagone. Une startup très prometteuse produisant de la finance et de la macroéconomie prédictive grâce au traitement automatisé d’un volume gigantesque de données. « Nous sommes spécialisés en Intelligence Artificielle et nous sommes intéressés très tôt aux données Big Data qui étaient nouvelles à cette époque », observe Ghizlaine Amrani. Leurs clients sont principalement des institutions financières qui ont besoin d’informations prédictives sur la croissance économique, l’inflation, l’emploi… pour pouvoir gérer au mieux leurs investissements et valoriser leurs actifs, mais aussi des institutions non gouvernementales type Banque Centrale ou OCDE, des Etats et enfin des corporate.

« C’est d’abord l’humain qui injecte son intelligence à la machine »

Pour parvenir à de telles analyses automatisées, QuantCube croise un immense nombre de données : réseaux sociaux, sites professionnels, retailers, rapports financiers publics ou encore images satellitaires grâce à un partenariat avec l’Agence Spatiale Européenne et le CNES. « Grâce à cela, nous pouvons mesurer la croissance urbaine, prévoir le niveau de stress hydrique en mesurant les réserves d’eau douce ou encore en analysant l’exploitation des nappes phréatiques. On peut aussi mesurer la saturation en CO2 de sites industriels ou de villes. Ces différents voyants sont des alarmes quant à la possibilité de difficultés agricoles, d’une famine et par conséquent d’une instabilité politique », explique Ghizlaine Amrani. Un stockage de données potentiellement énergivore que la startup tente toutefois de modérer en n’absorbant que le strict nécessaire. « Et si nous sommes capables de traiter des informations en temps réel, c’est d’abord parce que l’humain injecte son intelligence à la machine afin que nous ne récupérions que des informations pertinentes ».

« Je recherche avant tout un mindset chez mes collaborateurs »

Pour cela, QuantCube peut compter sur une trentaine de développeurs et data analyst provenant des quatre coins du monde. Une équipe volontairement multiculturelle et dotée de compétences très pointues. Une diversité qui se traduit aussi par une présence plus qu’honorable des femmes dans les rangs des équipes techniques puisque ces dernières représentent 30% des effectifs. « Je les ai avant tout recrutées pour leurs compétences mais il est clair qu’avoir des femmes permet de multiplier les angles de vue. Ce que je recherche, ce ne sont pas les diplômes de telle ou telle école, mais bien un mindset ». D’ici la fin de l’année, les équipes devraient avoir doublé, notamment pour soutenir la croissance à l’international avec l’ouverture d’un bureau en Asie et à New-York.

« Il n’y a qu’une femme dirigeante pour en comprendre une autre »

Une accélération possible grâce à une grosse levée de fonds de 5 millions d’euros orchestrée l’an dernier par Ghizlaine qui était alors seule aux commandes pour piloter l’ensemble du processus. En tant que femme entrepreneure dans la Tech et qui plus est dans la finance, autant dire qu’elle était souvent la seule représentante du genre à la table des négociations. « Je n’ai pas eu de commentaires sexistes pour ma part. Je pense que lorsque l’on est convaincue par son projet, sa légitimité, et que l’on ne lâche rien, tout est faisable. Il faut vraiment que les femmes s’autorisent à voir plus grand, à la hauteur du potentiel de leur business », martèle l’entrepreneure. Pour cela, elle conseille à chacune de ne pas hésiter à aller taper à la porte des réseaux féminins. « A la base, j’étais contre ces réseaux 100% féminins, mais aujourd’hui, je me rends compte qu’on y trouve énormément de soutien, avec du mentoring de grande qualité. En réalité, celles qui réussissent le mieux sont en général celles qui aident le plus leurs consœurs entrepreneures à grandir. Avec du recul, j’aurais aimé aussi que l’on m’aide à avancer. Et puis, il n’y a qu’une femme dirigeante pour en comprendre une autre ».

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@Paojdo

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