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Chloé Becqueriaux ou la lecture sans frontières

25.04.2018

A 31 ans, cette amoureuse des livres a décidé de lancer sa maison d’édition, Cosmographe. Avec une ligne éditoriale précise : des ouvrages à destination des plus jeunes, alliant auteurs et illustrateurs issus de cultures différentes. Rencontre avec une amoureuse des livres, qui fait de sa passion un business.

Depuis vos années d’études, votre parcours tourne autour du livre. Racontez-nous !

Je suis diplômée de l’université en histoire des relations culturelles. J’ai notamment travaillé sur la diffusion de la littérature japonaise en France dans les années 1840. Cela est très pointu ! Je me suis intéressée très tôt à la traduction d’auteurs étrangers.

Par la suite, j’ai intégré un mastère management de l’édition à l’ESCP, qui m’a permis d’avoir une vision assez large de la chaîne du livre. Cette formation m’a permis de travailler dans des maisons d’édition importantes, à Grasset et au Seuil. J’ai travaillé en cession de droits, c’est-à-dire au démarchage d’éditeurs étrangers, dans le but de traduire des livres français. Mon but était de voyager !

D’où vous venait cette envie d’ailleurs ?

J’ai un parcours très international. Adolescente, j’ai vécu à Hong Kong et à Singapour. Devenue adulte, je tenais donc à garder cette possibilité de pouvoir vivre à l’étranger. Après mes premières expériences en maison d’édition. J’ai donc eu envie de travailler pour le compte du ministère des affaires étrangères, au bureau du livre (NDLR : chargé de promouvoir la littérature française hors de nos frontières). Cela avait le mériter de lier à la fois mon mémoire de recherche à la fac et l’expérience que j’avais en cession de droits.

Je suis donc partie en volontariat international. J’étais en charge du bureau du livre en Roumanie. Je travaillais aussi bien sur la promotion des livres français en tous genres (texte, livres jeunesse, BD), que sur l’organisation de conférences avec des auteurs. C’est à cette époque que j’ai eu un déclic sur la littérature jeunesse. Les jeunes lecteurs ont soif de tas de choses. On peut expérimenter des tas de thématiques auprès de ce public. Et en même temps, ce segment de marché est très challenging.

A la fin de votre mission en Roumanie, vous ne rentrez pas sur Paris, où est concentré l’essentiel des maisons d’édition, mais en Lorraine. Pourquoi ce choix ?

J’ai rencontré mon conjoint en Roumanie. Il effectuait le même travail que moi à l’ambassade mais dans l’audiovisuel. Son contrat est arrivé à échéance un peu avant le mien. Il a trouvé du travail en Lorraine. Je l’ai donc rejoint là-bas.

A ce moment-là, comment a germé dans votre esprit l’idée de monter votre propre entreprise ?

A partir de décembre 2015, je me suis mise à faire une étude de marché sur le livre jeunesse. Je suis allée dans plusieurs salons du livre. Puis, j’ai essayé de construire une ligne éditoriale alignée sur mon histoire personnelle. C’est ainsi que m’est venue l’idée de baptiser ma maison d’édition Cosmographe : cosmo le monde et graphe l’écriture.
Monter le projet dans son intégralité, rechercher les premiers projets, tout cela m’a pris deux ans : ma structure est née officiellement le 27 septembre 2017.
Le principe des livres publiés chez Cosmographe est le suivant : unir un auteur et un illustrateur de cultures différentes. D’Epinal, je travaille ainsi avec des artistes vivant en Inde, au Chili, au Japon ou en Roumanie !

N’avez-vous pas redouté de vous lancer dans un secteur aussi concurrentiel ?

Pas tellement. J’ai mené une étude de marché sérieuse. Je sais qu’il faut publier une dizaine de livres par an afin d’assurer le bon fonctionnement d’une maison d’édition. Sachant que marier le savoir-faire d’un illustrateur à celui d’un auteur est chronophage, j’ai aussi décidé de lancer une collection de livres autour de la nature, plus simples et plus rapides à produire.

La concurrence est stimulante : elle permet de pousser les concepts plus loin. En l’occurrence, se lancer dans le livre jeunesse est un facteur différenciant. J’ajoute que ce segment de marché a cru de 5% l’année dernière.

Avez-vous eu du mal à trouver du financement pour vous lancer ?

J’ai fait un prêt à la banque. Quand on est dans la culture, c’est un peu compliqué : nos entreprises ne sont pas considérées comme étant rentables. On est un peu loin du monde des start-ups ! D’où l’importance de présenter un projet cohérent et structuré.

Petite anecdote : j’ai accouché en février 2017, sept mois donc avant le lancement de mon entreprise. Autant vous dire que, le congé maternité, je ne sais pas ce que c’est ! Je suis allée négocier mon prêt avec mon bébé de trois mois… Et tout s’est très bien passé !

Seriez-vous devenue entrepreneure si votre vie personnelle ne vous avait pas emmenée en Lorraine ?

 Il est certain que, si j’étais rentrée à Paris, j’aurais cherché un poste dans une maison d’édition, ou bien j’aurais tenté de partir à l’étranger. Je me suis reconvertie en quelque sorte.

J’ajoute, et c’est important, que sans le soutien de mon conjoint, rien de tout cela n’aurait été possible !

@clairebauchart

 

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