Boostez votre vie avec nos tips Carrière, Business, Lifestyle !

illustration

Newsletter
Boostez votre vie avec nos tips Carrière, Business, Lifestyle !

Candice Capelle (Startup Weekend) : « L’ère du bullshit touche à sa fin »

Co-fondatrice de WeShapeLab, le 1er Open Lab dédié à l’empowerment du salarié, et animatrice de la Startup Weekend Future of Work, Candice Capelle nous parle des mutations qui agitent actuellement le monde de l’entreprise, contrainte de se réinventer pour attirer les talents et générer de l’innovation.

Du 29 juin au 1er juillet, Paris accueillera la Startup Weekend Future of Work. Concrètement, les participants ont deux jours pour monter leur startup ?

Candice Capelle : Les Startup Weekend de Techstars existent depuis 2009. A ce jour, plus de 4000 événements ont été organisés dans plus de 150 pays. Chaque fois, une centaine de participants arrive avec un projet qui n’en est qu’au stade de l’idée. C’est important car l’objectif est de former des équipes donc il ne faut pas que les statuts aient déjà été déposés. En somme, il faut tomber amoureux de son problème et pas de sa solution ! Le vendredi en fin d’après-midi, une première session de pitch est organisée. A la suite de cela, tout le monde vote pour ses 2 ou 3 projets préférés, puis nous en sélectionnons 14. Les porteurs de projet doivent ensuite recruter une équipe multicompétences sur place. Le lendemain, les coachs arrivent, il s’agit d’entrepreneurs ou d’experts afin d’aider les participants. A la suite de cela ils devront produire 8 à 10 slides pour une présentation devant un grand jury le dimanche. Ils seront jugés sur leur business model, l’exécution de leur projet (présentation d’un site web, d’un prototype en carton…), et la validation de leur solution (réponse à un vrai besoin ?). Enfin, le dimanche soir a lieu la remise des prix et le cocktail de clôture. Il est toujours très bluffant de constater ce qui peut être produit en si peu de temps. J’ai moi-même participé à mon premier Startup Weekend en 2016, une semaine avant de quitter mon CDI. Cela a été un grand moment, j’ai appris énormément de choses sur moi. J’ai rencontré des personnes incroyables, comme Charlotte Pignal (fondatrice de She is Morning), et ai gagné confiance en moi. C’est là que j’ai compris que je ne voulais plus retourner en entreprise et suivre la carrière toute tracée à laquelle me destinait ma trajectoire de bonne élève.

Cette édition va explorer la question du « travail de demain ». Pensez-vous que nous mutons vers un modèle de généralisation du statut de freelance, ou selon vous, les grandes entreprises ont saisi la nécessité d’évoluer pour accompagner les attentes des nouvelles générations ?

Candice Capelle : Oui clairement, c’est la fin de la dictature des grands groupes, et l’acheminement vers une société plus recentrée sur l’humain. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, nous avons eu à la fois accès à des personnes à l’autre bout du globe, tout en nous éloignant aussi de tout le monde. Les réseaux sociaux nous questionnent sur notre moi profond : suis-je vraiment l’image que me renvoient les autres ? Tout cela a fait naître une vague de développement personnel qui contamine petit à petit les entreprises. Parallèlement, le digital a fait éclore de très nombreuses startup avec l’opportunité d’avoir un job avec plus de sens et d’impact social. Toutefois, tout le monde n’est pas prêt à entreprendre ou rejoindre une petite structure. Certains salariés aiment leur entreprise et souhaiteraient plutôt la faire évoluer de l’intérieur que de la quitter. C’est pourquoi l’intrapreneuriat est selon moi symptomatique de ce changement d’ère. Avec les Startup Weekend, l’objectif est aussi d’aller chercher ces grands groupes pour les mettre en relation avec l’univers des startup et de l’innovation, et pourquoi pas faire éclore des projets d’intrapreneuriat.

« Burn-out, bore-out, brown-out »… Croyez-vous que l’on soit arrivés aujourd’hui à la fin d’un cycle de mal-être au travail ?

Candice Capelle : Il y a encore beaucoup de boulot ! Malheureusement, les démarches de bien-être au travail sont opérées la plupart du temps à des fins de communication, et non fondées sur une vraie volonté. Par exemple, lorsqu’un dirigeant prend la parole, les salariés attendent qu’il parle sans langue de bois. On se rend compte que lorsqu’un PDG s’exprime en vidéo, et qu’il y a un making-off, 50% des vues vont se porter sur ce making-off. Tant que les dirigeants et les salariés ne seront pas alignés sur les objectifs finaux, on aura beau promouvoir la gratitude et la bienveillance, cela ne fonctionnera pas.  Cependant, chez WeShapeLab,  nous pensons que l’ère du bullshit touche à sa fin !

Pour en revenir à WeShape Lab, comment aidez-vous justement les entreprises à opérer cette mutation ?

Candice Capelle : Nous pensons vraiment que le changement ne peut venir que des salariés. 40% des transformations RH ne fonctionnent pas au bout de 4 ans, car le principal frein est la résistance au changement des salariés. C’est pour cela que l’initiative doit venir d’eux. Notre mission est donc de rendre chaque salarié autonome afin de lui permettre de changer son entreprise à son échelle, même si seulement 20% d’entre eux créeront de l’innovation. Dans tous les cas, cela est plus percutant quand les propositions émanent d’un collègue plutôt que d’un supérieur hiérarchique. Pour ce faire, l’intrapreneuriat est pour nous le meilleur outil. Mais il est essentiel aussi que l’entreprise communique sur ses bonnes initiatives. Dans beaucoup de sociétés, les gens ne sont absolument pas au courant de ce qu’il se passe, car ils n’ouvrent plus leur intranet. Pour cela, les contenus doivent être innovants, vivants, et sans langue de bois, comme des podcasts en mode conversationnel par exemple. Il est important de réhumaniser les dirigeants et managers. C’est ce que nous tentons de faire avec WeShape Lab.

@Paojdo

Si vous souhaitez participer à la Startup Weekend Future of Work, cliquez ici pour accéder à la billetterie.

Sachez que d’autres événements sont organisés en amont et en aval afin d’optimiser votre participation.

 

  1. le 15 juin à 18h30 : Masterclass “Business Model & Innovation” / Sébastien Durand, CEO de Bengs (cabinet de conseil en innovation pour le CAC 40), vous enseignera la méthodologie qu’il a créée pour former ses consultants !
  2. le 19 juin à 18h30 : Afterwork pitch & tips Startup Weekend Future of Work / Candice Capelle et Adam Haciane, fondateurs de WeShape_Lab et Startup Weekend Addicts, vous donnerons toutes les clés pour bien préparer votre Startup Weekend ! C’est aussi l’occasion de rencontrer vos futurs copains avant l’événement !
  3. Après l’événement (date à déterminer) : Masterclass “Comment financer mon projet ?” / Anne Claude, du Club des Jeunes financiers
  4. Après l’événement (date à déterminer) : Afterwork Beyond Startup Weekend Future of Work / les participants, partenaires, mentors, organisateurs, et toute la communauté Startup Weekend font la fête ! Les participants pourront pitcher les avancements de leur projet.

>Le monde de l’entreprise est-il prêt à être plus sage ?

Ils nous font confiance