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Audrey-Laure Bergenthal, grande gagnante des Business O Féminin Awards

Fondatrice d’Euveka, une startup créant des mannequins intelligents pour aider les acteurs du textile à vendre des vêtements à la bonne taille, Audrey-Laure Bergenthal a remporté les Business O Féminin Awards 2019 dans la catégorie Makers. Interview d’une dirigeante authentique et déterminée.

Quelle a été votre réaction en apprenant que vous aviez remporté les Business O Féminin Awards ? Qu’est-ce que ce prix vous a apporté ?

Audrey-Laure Bergenthal : J’ai été très surprise car je ne m’attendais pas à gagner face à un jury issu de la finance puisque ce prix était sponsorisé par BNP Paribas. Je pensais qu’ils préfèreraient des projets de logiciels à croissance rapide et peu coûteuse, alors que nous portons une croissance de type industriel. Nous avions déjà rencontré BNP Paribas qui est un acteur majeur de l’entrepreneuriat au féminin, mais ce prix nous a permis de convertir nos relations de manière très privilégiée, et d’accéder à un très beau réseau grâce aux partenaires de l’Award et à la fondatrice de Business O Féminin, Véronique Forge. C’était aussi une excellente idée de remettre le prix à VivaTech. Nous avons eu une belle couverture médiatique, et avons pu rencontrer de nombreux investisseurs que nous avions croisé sur le stand de BNP Paribas, et qui sont venus nous voir ensuite pour discuter plus en profondeur alors que nous sommes en pleine levée de fonds.

Qu’est-ce qui a fait la différence dans votre projet d’après vous ?

Audrey-Laure Bergenthal : J’imagine que c’est notre forte ambition d’aller à l’international. Nous sommes vecteurs d’une vraie révolution dans notre secteur avec un impact écologique fort. Notre profondeur de marché est colossale et si nous passons ce cap, nous pouvons devenir une très belle entreprise française avec un potentiel de croissance fabuleux.

Que permet la technologie Euveka ?

Audrey-Laure Bergenthal : L’idée d’Euveka m’est venue alors que j’entendais ma mère se plaindre de ne jamais parvenir à trouver de vêtements qui lui allaient. Alors je me suis demandée pourquoi une si belle femme ne pouvait pas s’habiller comme elle le souhaitait. La réponse est que les mannequins de bois ont une forme finalement éloignée du corps humain. De plus, ils sont totalement fixes. Or, on ne peut pas faire de vêtements à échelle industrielle sans intégrer la diversité des corps. Un vêtement sur deux n’est pas vendu car il taille mal ou s’adapte mal à son marché. C’est comme ça qu’un matin, j’ai eu un flash. Avec Euveka, notre but est d’aider les industriels à réduire leurs pertes. Pour cela, nous avons mis au point des mannequins-robots totalement évolutifs, capables d’avoir une précision au millimètre et de respecter la rondeur du corps. Euveka permet aux industriels de créer des vêtements, de les contrôler et de les vendre plus vite et mieux. Les marques ont des barèmes de taille informatique mais ne peuvent pas les exploiter dans le réel. Euveka crée le lien entre l’informatique et le réel.

Comment avez vous créé cette technologie ?

Audrey-Laure Bergenthal : Au début j‘ai fait de la sous-traitance, puis lorsque nous nous sommes industrialisés, j’ai tout internalisé et ce jusqu’à l’assemblage afin de protéger notre savoir-faire et maîtriser la qualité.

Vous êtes seule à la tête d’Euveka, pourquoi ne pas vous être associée ?

Audrey-Laure Bergenthal : J’ai fondé Euveka il y a 13 ans, alors que j’avais 23 ans et que je me dirigeais vers une carrière de juriste en propriété industrielle. J’ai réellement porté ce projet de A à Z. J’ai essayé de m’associer mais ça n’a pas été probant. Je pense que personne n’est aussi apte que moi à voir ce que cette société devrait être et peut devenir. Comme me dit mon père : on ne décide jamais aussi bien que lorsque l’on est en nombre impair et inférieur à trois ! Et puis j’ai créé une direction forte et active autour de moi, avec un comité stratégique composé de chefs d’entreprise qui ont eu de très belles réussites. Je les consulte énormément, tout comme je travaille de manière collaborative avec mes équipes. Mais à la fin, c’est moi qui tranche.

Aujourd’hui, où en êtes-vous d’un point de vue business ?

Audrey-Laure Bergenthal : Nous sommes en pleine levée de fonds (10 millions d’euros), mais avons décidé de ralentir notre croissance car nous avons littéralement décollé au dernier trimestre avec 1,3 million de chiffre d’affaires. Nous sommes aujourd’hui 43 dans l’entreprise, et je pense que nous avions besoin de digérer cette croissance et de nous stabiliser pour pouvoir mieux répondre aux exigences de nos clients. Nous travaillons avec des leaders mondiaux, nous ne pouvons pas les décevoir. Mais il est clair que nous n’avons pas d’autre choix que de grossir, des marques s’intéressent à nous dans le monde entier. C’est pourquoi nous avons ouvert un bureau aux Etats-Unis, et en ouvrirons un autre bientôt en Chine.

 Pourquoi avoir choisi de vous installer à Valence ?

Audrey-Laure Bergenthal : Je ne cherchais pas à partir à tout prix de Paris, mais mon entreprise ne s’y développait pas, sans oublier que tout y est très cher. A Valence, j’ai rencontré des interlocuteurs qui comprenaient ce que je faisais. Et je dois dire que je ne regrette en rien mon choix, tant professionnellement que personnellement puisque la qualité de vie est extraordinaire dans la Drôme. En revanche, du fait que l’on s’internationalise et que nos clients dans la mode sont presque tous à Paris ou dans les grandes capitales, j’ai ouvert un bureau commercial à Paris où je suis désormais très présente. Mais la production et la R&D resteront toujours à Valence.

Vos conseils pour nos lectrices ?

Audrey-Laure Bergenthal : Nous entrons dans une période favorable à l’entrepreneuriat, et même s’il existe encore des freins pour les femmes, ne soyons pas notre propre ennemi. Pendant longtemps, et encore aujourd’hui, j’ai eu peur. Mais avec le recul, on se rend compte que tout à coup, les choses s’accélèrent et l’on franchit des étapes que l’on croyait impossibles. Je pense qu’il faut donc oser. Oser demander, oser se faire entendre et oser être différentes des hommes.

Credit photo : François Goize, Juan Robert

https://www.euveka.com/fr/

@Paojdo

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