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Agnès Bricard : son combat pour l’égalité salariale avec BPW

Forte de plus de 30 000 adhérentes dans le monde, l’ONG Business & Professional Women œuvre depuis presque 100 ans pour l’égalité salariale, ce qui lui vaut un statut consultatif auprès de l’ONU. Elue à la tête du réseau en France, Agnès Bricard nous présente sa feuille de route pour 2018.

L’ONG Business & Professional Women (BPW) est assez précurseur dans le domaine de l’égalité salariale. Pouvez-vous nous en dire plus sur son histoire ?

Agnès Bricard : L’ONG Business & Professional Women a été créée en 1919 par une avocate aux Etats-Unis avec deux axes forts : l’égalité salariale et la solidarité féminine. C’est ce qui me plaît dans ce réseau. Ces deux fondements se matérialisent par deux grandes manifestations lancées par BPW.

-L’Equal Pay Day ® qui aura lieu le 26 mars cette année et qui symbolise le nombre de jours supplémentaires que doivent travailler les femmes pour atteindre le même niveau de rémunération que les hommes à compétences égales.

-Le dîner des lumières qui a été lancé en 1940 aux Etats-Unis. Les Américaines avaient allumé une bougie à leur fenêtre en solidarité avec les femmes prisonnières ou torturées pendant la guerre. Nous envisageons d’organiser un événement au troisième trimestre pour témoigner notre soutien aux femmes victimes de harcèlement ou encore de violences. Cela se déroulera sur une place portant un nom féminin dans chaque ville où notre réseau est présent.

Les femmes représentent 50% de l’humanité, ce n’est pas une minorité ! Toutes les femmes méritent qu’on leur prête attention.

Vous avez été la première femme à devenir Présidente du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables en 2011. La parité a t-elle toujours été un fil rouge dans votre parcours ? 

Agnès Bricard : Cette nomination à la tête du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables m’a permis de démontrer que toute femme est capable de prendre le pouvoir, et ce, dans tous les métiers. J’ai voulu transmettre mon expérience en créant une association des femmes experts-comptables administrateurs, puis en l’étendant à d’autres métiers (avocat, ingénieure, cheffe d’entreprise…) en créant la Fédération Femmes Administrateurs (FFA). Le réseau est essentiel pour assurer son plan de carrière. Le premier handicap des femmes est la négociation de leur salaire à la sortie de l’école : elles n’osent pas assez affirmer leur valeur.  Il y a ensuite un décrochage au moment de la maternité même si dans les entreprises de plus de 2000 salariés on prévoit la mise à niveau du salaire au retour de la maternité. Enfin, l’écart avec les hommes se creusent encore davantage au moment de la retraite.  Mon combat est de démontrer que la parité est créatrice de valeur. 1+1…=3 ! Toutes les études le démontrent. La loi Copé-Zimmermann a permis de professionnaliser le statut d’administrateur, car les hommes en possession d’un mandat se sont retrouvés aux côtés de femmes à stature internationale, ce qui les a poussés à se former.

Sur quels sujets tenterez-vous de peser dans la sphère publique ?

Agnès Bricard : Outre la continuité des deux manifestations, nous allons concevoir pour le 8 mars une réunion sur l’orientation de l’épargne vers les entreprises. C’est aussi un enjeu politique, et nous allons travailler avec la Fédération bancaire française et un certain nombre de réseaux.  Nous voulons aussi signer des tribunes car nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait tant de tribunes signées uniquement par des hommes. Nous voulons engager les pouvoirs publics dans cette démarche. Et puis nous allons insister sur les Young Business & Professional Women notamment via Nolwenn Germain, notre représentante à Grenoble, mais aussi le ministère de l’Enseignement supérieur ou encore des clubs de startuppeuses.

Observez-vous cependant une évolution positive ces dernières années ?

Agnès Bricard : Oui, il y a des choses réellement positives qui se sont développées. Nous avons de grands patrons qui assument désormais une position claire sur la parité (Publicis, Orange…) avec la présence de femmes dans les CA et les Comex. Il ne s’agit pas juste de réaliser la parité dans les chiffres, mais de permettre aux femmes d’accéder aux postes à responsabilités. Les patrons se rendent compte aujourd’hui que leurs propres filles ont de l’ambition, mais aussi que la parité est créatrice de valeur. Les hommes et les femmes ont chacun leurs qualités, et c’est parce qu’ils travaillent ensemble que l’entreprise est plus créative et performante.

@Paojdo

 

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