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Toxi-collègues : comment gérer les parasites de l’open space ?

23.02.2016

On les appelle les terreurs du bureau… La langue de vipère, le prétendant au califat ou encore le dragueur: ces stéréotypes de collègues anxiogènes, Jean-Paul Guedj les connaît bien. Coach d’entreprise et consultant en management, il a pu évaluer leurs effets angoissants. L’occasion pour lui de rassembler l’ensemble des personnages qui vous font grincer des dents chaque semaine, dans un livre aussi réaliste qu’humoristique : Toxi-collègues : les bourreaux du bureau (Larousse). Portrait robot d’une journée envahie par vos camarades.

Il est 9 heures du matin. Vous avez à peine eu le temps de vous préparer une tasse de Nespresso (s’il en reste encore, la DRH  comptant  les capsules consommées quotidiennement comme si c’était elle qui les payait), que déjà votre taux de cortisol augmente drastiquement en apercevant, « Le Soumiceau», débarquer à son bureau. « Le Soumiceau, » c’est celui que Jean-Paul Guedj nomme également « l’esclave qui en redemande. » Traduction : « il arrive au travail courbé sous le poids de la soumission », explique le coach. « Il adore saluer les chefs, comme d’autres se prosternent devant leur panthéon. »

Les débordés et les révolutionnaires

Alors que vous faites mine d’ignorer le personnage le plus pathétique du bureau, vous êtes perturbée, après votre deuxième gorgée de café, par l’arrivée tonitruante de celle que Jean-Paul Guedj surnomme ironiquement la burn out : « une désespérée qui joue de sa situation afin de manipuler les situations humaines en permanence, » détaille l’expert précisant qu’il s’agit là de quelqu’un qui feint sa maladie. « Elle se plaint et bluffe afin d’en faire le moins possible. Cela lui permet d’exister en créant, de surcroît, un climat infernal. »

L’exact opposé donc du Che, ce salarié protégé, au premier plan de tous les combats du CE, qui arrive l’air triomphant, au beau milieu de la première réunion de la journée. « Ses horaires de travail sont aménagés du fait qu’il cumule les mandats : il est représentant du personnel, délégué syndical, responsable des voyages… Ce qui fait qu’il lui reste peu de temps pour faire ce pour quoi, à l’origine des origines, il fut embauché », écrit Jean-Paul Guedj dans son ouvrage. De quoi vous énerver, vous qui récupérez la moitié de ses dossiers, sans compter ceux de votre voisine de droite, la collectionneuse des arrêts de travail.

Entre Monsieur Je sais Tout et Madame TCA

12 heures 30. La réunion, interminable, vient de s’achever. Direction la cantine. Au moment de choisir une table, vos collègues et vous ne parvenez pas à éviter le nouveau venu, dans l’entreprise depuis moins de six mois, mais déjà un peu trop intégré. Entre vous, vous le surnommez « le bilingue », référence aux anglicismes qui ponctuent chacune de ses phrases. Vaine tentative de prouver à la Terre entière qu’il parle l’English… le Wall Street English (of course !). Du coup, votre déjeuner vous paraît so long…

Et comme, à entendre Jean-Paul Guedj, « se retrouvent dans l’entreprise des caractères universels, tant au niveau des défauts que des qualités », vous passez une partie de votre après-midi à faire abstraction de votre voisine d’en fasse. Elle a beau être chargée de mission, cela ne vous a pas empêchée de la surnommer la « TCA », pour « Troubles du Comportement Alimentaires ». Il faut dire qu’elle mange absolument tout ce qu’elle peut trouver sur son bureau : bonbons, élastiques, trombones… « Le travail chez elle est d’abord celui des mâchoires », affirme Jean-Paul Guedj. « Peu importe l’heure de la journée, elle grignote. Ce n’est pas qu’elle ait faim, c’est qu’elle a besoin de ça pour se concentrer. » Problème, c’est qu’à l’entendre mâchouiller à longueur de temps, c’est vous qui avez le plus grand mal à vous focaliser sur vos dossiers.

Lorsqu’enfin vous parvenez à trouver une once de concentration, vos oreilles sont vite rattrapées par le remue-ménage ostentatoire de votre collègue de derrière. Pas besoin de regarder l’heure, vous en êtes sûre : il est 16h 45. « « La Montre » se prépare à partir vu qu’au bout de l’heure qui suit, elle aura accompli son temps de travail journalier », précise dans son livre Jean-Paul Guedj.

Comment lutter ?

En rentrant chez vous deux heures plus tard, vous vous demandez bien comment ne pas être accablée par tous ces « bourreaux du bureau ». Un seul remède selon Jean-Paul Guedj pour éviter la boule au ventre tous les matins : « Le monde de l’entreprise est celui de la diplomatie. Plus on a des relations affectives et passionnelles avec nos collègues, plus leurs défauts ressurgissent, » constate le spécialiste. « Pour se prémunir de ces toxi-collègues, le mieux est d’adopter envers eux une certaine distance, et ne jamais quitter le plan professionnel. »

Quid des nouvelles formes d’emploi, oscillant entre coworking et télétravail ? Constitueraient-elle une solution, un rempart ultime au stress communicatif de tous ces collègues qui envahissent notre quotidien ? La réponse du coach est nuancée : « en sortant du huis clos de l’entreprise, les personnalités ne se rencontrent pas. Il n’y a pas de confrontation. Mais cela n’empêchera pas les tensions de se concrétiser, peut-être plus tard, ou de manière indirecte, par téléphone notamment. »

Un seul conseil valable donc : prendre du recul. En n’oubliant pas, chère lectrice, que vous rentrez probablement, vous aussi, dans l’une des catégories…!

 

@clairebauchart

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