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Sexisme : où en est-on en 2019 ?

Alors que les Suissesses ont récemment fait grève pour réclamer davantage d’égalité entre les hommes et les femmes, la route est encore longue pour faire évoluer notre société largement imprégnée de sexisme. Petit état des lieux !

Lorsque l’on a la chance de rencontrer d’incroyables jeunes entrepreneures qui ont su convaincre un parterre d’investisseurs dans des univers d’ordinaire dévolus aux hommes, à l’instar de la très inspirante Ghizlaine Amrani, on se surprend parfois à penser que le combat pour l’égalité homme-femme pourrait bien être dépassé. Grave erreur ! La réalité du monde de l’entreprise est malheureusement beaucoup moins reluisante, encore aujourd’hui, avec des propos et des actes de harcèlement qui dépassent l’entendement. Petit florilège…

Du sexisme ordinaire au harcèlement

« La prochaine fois je prendrais une vieille proche de la retraite qui ne me laissera pas des mois dans la merde »

« Faut arrêter tout de suite ce délire de cotiser à une crèche, sinon toutes les trentenaires vont se mettre à pondre »

« Après 4 mois d’embauche, il fait enfin chaud, je décide donc de m’habiller en robe. Mon chef : Bravo ! Je te félicite, tu es enfin habillée en fille ! »

« L’autre jour en allant dire bonjour au chef celui-ci me toise et me lance : « c’est un appel au viol » avant même m’avoir saluée. Je portais une jupe, évidemment ».

Tous ces témoignages édifiants proviennent d’un topic lancé sur le réseau social OurCo, créé par Elodie Brisset, psychologue sociale, et son associé Stéphane Bourbier. L’objectif ? Permettre à chacun(e) de s’exprimer et de s’entraider, au besoin sous pseudo, via une communauté inter-entreprise. En l’occurrence, le post « t’es bien mignonne » s’attaque au sexisme ordinaire. N’hésitez pas à y contribuer via ce lien. Votre parole compte !

Le sexisme, frein principal à la progression des femmes

Les chiffres sont aussi là pour nous rappeler le fossé qui sépare encore les hommes et les femmes en entreprise. D’après une étude menée par Great place to work, à la question « quels sont les freins qui se mettent à travers des carrières féminines ? », les comportements sexistes arrivent en tête du palmarès (60 %), suivis par la vie de famille/la maternité (55 %), la tradition propre à l’entreprise (40 %) et la tradition propre au secteur (28 %). La question des compétences elle arrive loin, très loin !

Quand les femmes sont leurs propres ennemies

De la même façon, une étude Indeed démontre que deux tiers des salariées estiment que le fait d’être une femme serait un handicap en entreprise. Plus inquiétant encore, les femmes sont aussi leurs propres freins puisque près d’une sondée sur cinq pense qu’il est normal que certains métiers soient réservés aux hommes. Et du côté des entrepreneures, le tableau n’est guère plus réjouissant puisque 51% d’entre elles soulignent qu’une femme est toujours moins crédible qu’un homme lorsqu’il s’agit d’aller trouver des clients, nous révèle un baromètre de la startup Time.

Un recul depuis #Metoo ? Stop aux fausses excuses

Quant au mouvement #MeToo, il n’a pour l’heure pas eu les effets escomptés. Pire encore, une étude menée par LeanIn.Org (voir le lien) montre que 60% des managers masculins se déclarent plus mal à l’aise dans leurs interactions avec leurs collègues féminines qu’en 2018 ! Comme le souligne Sheryl Sandberg, fondatrice de LeanIn, « Le problème est que même avant ça, les femmes – et particulièrement les femmes de couleur – n’avaient déjà pas aussi facilement accès au mentoring que les hommes, ce qui signifie que nous n’avons pas une place égale autour de la table, comme si ce n’était pas déjà suffisant de nous harceler, à présent, on nous ignore ». Son message pour les hommes ? « Osez devenir les mentors de femmes afin qu’elles puissent être promues et qu’elles puissent accéder à des postes senior ».

Une responsabilité collective

La solution passe aussi par la mise en place d’une culture plus inclusive, comme en ont témoigné dans nos colonnes des entreprises de la Tech qui se sont engagées dans ce combat à l’image de DELL EMC, Microsoft ou encore Teads. Il en va de même pour les universités et grandes écoles qui ont aussi leur part de responsabilité, et que certaines endossent à l’instar de l’ESSEC qui a récemment adopté une Charte pour le respect d’autrui, co-rédigée par Viviane de Beaufort, responsable de l’initiative Gender Equality, afin de guider les étudiants au quotidien et éviter tout dérapage, mais aussi former les managers de demain en faisant de l’égalité homme/femme un sujet à mettre sur la liste des priorités.

@Paodjo

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