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Serres verticales, espaces urbains végétalisés : quand la campagne s’invite en ville

27.09.2018

Des toits aménagés en fermes maraîchères en plein cœur de Paris, des fraises qui poussent dans des containers et des jardins agricoles qui mettent de la terre sous les ongles des citadins, quand la campagne s’invite en ville on obtient peut-être le paysage du futur.

Optimiser l’espace urbain disponible

Voir des fermes maraîchères pointer en haut des immeubles, les yeux des parisiens ont déjà pu s’y habituer. Initiés par la RATP, trois projets de végétalisation et d’agriculture urbaine ont déjà trouvé leur place en plein de cœur de la capitale. Un premier démonstrateur de 250m² avait été réalisé au siège social de la RATP, Quai de la Rapée dans le 12éme arrondissement de Paris, suivi d’une ferme maraîchère de 450 m² installée sur le toit-terrasse du site de Lachambeaudie et enfin 700 m² de jardins partagés plantés au sommet du centre bus de Jourdan. Ici, le parti pris est de venir planter la campagne dans des lieux urbains disponibles, transformant le visage de la ville en dynamisant ses espaces perdus. Une volonté partagée par Swen Déral, président de l’association La SAUGE, et matérialisée par une première ferme installée à Bobigny depuis 2017 « La Prairie du canal » bientôt suivie par une seconde ferme qui prendra ses quartiers à Nantes. Pour Swen Déral, ces fermes « sont des outils de préfiguration de projets immobiliers à venir. Elles utilisent la friche d’un futur chantier pour développer l’intérêt autour de l’agriculture urbaine et de la Transition Ecologique du public avoisinant ». Pour d’autres, l’agriculture à la ville, s’adapter à un lieu de vie urbain, c’est au contraire savoir se passer de la terre en optimisant au maximum les petits espaces. C’est en tous cas le pari, pas si fou, de Guillaume et Gonzague, deux fils d’agriculteurs du Nord de la France qui ont créé Agricool avec une ambition claire : rendre accessible à tous des fruits et légumes excellents, sans pesticide et cultivés…dans des containers.

La tech au service d’une ville durable et autosuffisante

Pour Gonzague et Guillaume, pas de doute, pour retrouver le plaisir et la qualité d’une fraise identique à celle de leur enfance à la campagne, il faut en passer par la tech plutôt que la terre. C’est en imaginant un espace réduit pouvant s’insérer partout mais permettant une production efficace que sont nés les Cooltainers. Ces containers de 30m2 abritent des installations verticales permettant ainsi de démultiplier l’espace et de produire ce qui est normalement produit sur 4000m2 de pleine terre, le tout sans contrainte de saison. De quoi quadrupler les récoltes annuelles et répondre à une hausse des besoins alimentaires liée à l’augmentation de la population citadine tout en conservant une démarche éco-responsable. Car l’avantage de la culture en serres indoor industrielles ne s’arrête pas à la productivité, « en mettant les plantes dans une situation équivalente à la meilleure heure, du meilleur jour à la meilleure saison, tous les jours, on lui crée un jardin paradisiaque où elle est préservée des attaques extérieurs (bactéries, insectes) et elle peut ainsi se concentrer sur sa croissance et nous n’avons pas besoin d‘utiliser de pesticides. Cela permet de concilier deux choix souvent opposés : l’abondance et la santé » comme nous l’explique Philippe Audubert, General Manger de FUL, les Fermes Urbaines Lyonnaises. Pour Swen Déral cependant, si ces systèmes de productions hors sol ont un grand intérêt pour les métropoles ultra minéralisées et coupées du monde agricole rural, ils ne sont pas en Europe Occidentale une solution de remplacement : « Chez La SAUGE nous sommes convaincus que les fermes urbaines doivent avant tout servir d’outils de sensibilisation auprès des urbains, avec des systèmes de production complémentaires de l’agriculture rurale et péri-urbaine; car l’enjeu se situe à 90% dans la cohérence des territoires agricoles avec par exemple la reconstitution de ceintures maraîchères (bio!) à proximité des villes ».

L’agriculture urbaine réussie sera celle de la transition écologique

S’il est un constat qui lie chacune de ces démarches c’est bien la transition écologique. Aujourd’hui, pour que les fruits et légumes arrivent dans notre panier, il leur faut parcourir pas moins de 1500km et dans un contexte de changements climatiques et d’amenuisement des ressources vitales comme l’eau, produire local et en quantité à l’aide de solutions innovantes apparaît comme une évidence. « Nous travaillons avec un fournisseur en énergie renouvelable pour alimenter nos Cooltainers. Pour ce qui est du reste, grâce à un circuit fermé, nous économisons 90% d’eau et de nutriments par rapport à une culture en pleine terre » affirme Guillaume Fourdinier, co-fondateur d’Agricool. Cette dimension éco-responsable Philippe Audubert l’a également à cœur « notre système de production ne nécessité aucun déplacement logistique, nous ne rejetons pas de CO2 ni d’eau dans les nappes ».

Et si une agriculture urbaine réussie était finalement un mélange de jardins partagés, de lieux végétalisés et de tech ? Pour Guillaume, une seule certitude : « C’est sans aucun doute un mouvement qui doit être mené tous ensemble ! »

 

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