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Pourquoi les femmes ont des entreprises plus rentables que les hommes

28.11.2018

Caroline Ramade, ex-déléguée générale de l’incubateur Paris Pionnières, vient de lancer 50inTech pour accompagner les femmes de la Tech dans le développement de leur entreprise. Elle nous confie ce qui à son avis, fait des femmes des entrepreneures à haut potentiel.

En tant que déléguée générale de l’incubateur Paris Pionnières, devenu Willa, Caroline Ramade ambitionnait de le repositionner comme un accélérateur de mixité dans le domaine de la Tech. Avec 50inTech qu’elle vient juste de lancer, elle souhaite atteindre l’égalité homme-femme dans le secteur des technologies en accompagnant les femmes de la Tech à plus grande échelle et en accélérant leurs connexions avec l’écosystème entrepreneurial –investisseurs, accélérateurs, partage d’expériences… « Etre une femme entrepreneure est un super atout. Ce d’autant plus dans des secteurs désertés par les femmes, comme celui de la Tech. Elles ont intérêt à capitaliser dessus car être positionné sur des secteurs atypiques constitue un réel avantage concurrentiel » estime la fondatrice et CEO de 50inTech. Si Paris est la capitale européenne des start-upeuses, avec 21% de femmes à la tête de start-ups, elles ne sont que 10 % en France et 15% dans le reste de l’Europe. Pour Caroline Ramade, les femmes sont pourtant le réservoir de croissance de demain. D’autant que les startups fondées ou cofondées par la gente féminine seraient 63% plus performantes que celles fondées uniquement par des hommes*. Autre élément tangible qui prouve leurs performances : pour chaque dollar investi, les start-up fondées ou cofondées par des femmes rapportent en moyenne 78 centimes, contre 31 centimes pour celles créées par des hommes**. Les femmes recèlent de qualités qui font d’elles d’excellents entrepreneurs. Pourtant, elles ne représentent que 3% de l’investissement mondial du capital risque au niveau mondial et 7% en France.

#Elles se focalisent sur la rentabilité de leur entreprise

« Les femmes ont toutes les qualités d’un bon gestionnaire avec de très bon taux de rentabilité. » Si elles ont un temps de maturation de leurs projets plus long que celui des hommes et qu’elles mettent plus de temps à se lancer, « c’est parce qu’elles ont le syndrome de la perfection. In fine, elles présentent des projets bien pensés et bien réfléchis, donc souvent meilleurs. » Elles vont chercher des business qui tournent en termes de chiffre d’affaires et travaillent beaucoup leur business models. Focalisées et drivées par la recherche de rentabilité, elles passent même parfois à côté de levée de fonds qui leur permettraient d’aller plus vite. Car avant d’ouvrir leur capital, elles se concentrent sur la rentabilité pour proposer des business plan ultra réalistes.

#Avec elles, pas de « cash burn »

Du fait d’être drivé par leur business model et la construction d’un business rentable, les femmes font attention aux postes de dépenses de leur entreprise. De la même manière, lorsqu’elles lèvent des fonds, elles sont particulièrement vigilantes sur leur manière de dépenser les capitaux de leur entreprise. « Alors que d’autres entrepreneurs « burn » littéralement leur capital, les femmes sont plus enclines à dépenser pour des postes qui seront utiles à l’entreprise. Par exemple, elles se paieraient moins que leurs confrères masculins » : selon une étude de la société de comptabilité en ligne FreshBooks***, les femmes entrepreneurs gagneraient ou se payeraient en moyenne 28% de moins que leurs homologues masculins.

#Elles ont un leadership naturellement collaboratif

« Les femmes utilisent leurs qualités d’écoute et d’empathie et managent moins à l’égo » confie Caroline Ramade. Comme l’a exposé Jack Ma, fondateur et président d’Alibaba, au 48e Forum économique mondial de Davos le 25 janvier dernier, « Si une personne veut réussir, elle doit avoir un quotient émotionnel élevé et les femmes sont les meilleures pour réunir les 3 quotients, émotionnel, intellectuel et quotient d’amour ». Grâce à leur leadership collaboratif, elles incluent leurs équipes dans le processus décisionnel de l’entreprise. « Nous avons observé, dans les entreprises dirigées par des femmes, une pratique plus collaborative d’échange, où le « nous » est plus souvent prononcé que le « je » », affirme de son côté Stéphanie Chasserio, professeur de management à Skema Business School.**** « De plus en plus d’entrepreneurs vont vers ce genre de modèle. Grâce à leur quotient émotionnel fort, les femmes sont en phase avec les qualités du leader de demain puisque le management collaboratif est une des clés du succès. Elles pourront ainsi se libérer vers ces qualités intrinsèques et n’auront plus l’obligation de s’endurcir pour réussir », conclue Caroline Ramade. Si aucune étude ne prouve encore qu’un leadership plus collaboratif a un impact sur la rentabilité de l’entreprise, la fondatrice de 50inTech est convaincue que le fait d’être moins écrasant, de montrer la voie à ses équipes et d’être plus à leur écoute leur permet de se sentir embarqués. Et d’avoir une vision qui les porte.

 

*Etude First Round 10 Years Project

** Etude du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG), « Why Women-Owned Startups Are a Better Bet » de juin 2018 sur la base des données de 350 entreprises

*** Plus de 2 700 répondants aux États-Unis, employeurs et indépendants

**** Constat basé sur deux études qualitatives, la première auprès de 41 femmes entrepreneures de la région Nord Pas de Calais, la seconde auprès de 6 femmes entrepreneures de haute croissance en région Ile de France –toutes classées dans le Palmares Women Equity.

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