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Les bonnes pratiques des nations start-up

29.09.2015
Les bonnes pratiques des nations start-up

“L’important est d’avoir des “early adopters”: des personnes qui ne sont résistantes ni à la tech, ni aux nouveaux produits”. Pour Roxanne Varza, responsable d’un programme d’accompagnement des start-ups chez Microsoft, tel est l’un des ingrédients indispensables des start-up nations. Depuis quelques années, cette expression fleurit au gré des articles de presse pour désigner ces pays avant-gardistes de l’innovation où se pressent les investisseurs en quête de jeunes pousses à fort potentiel:

Outre la Silicon Valley, la palme revient souvent à l’Angleterre, forte de son Seed Enterprise Investment Scheme, dispositif de réduction d’impôts généreux à l’adresse des business angels, ou encore à l’Allemagne et son écosystème numérique berlinois qui a vu naître le site de rencontre e-darling ou la plateforme de vente de chaussures Zalando.

Terre de technologie

Sur la plus haute marche du podium, on retrouve Israël, estampillé start-up nation depuis le succès en librairie du livre de Dan Senor et Saul Singer, paru en 2009, Start-up nation : the story of Israël’s economic miracle

“Ce pays concentre tout ce qu’il faut pour développer des start-ups locales: une éducation tech très avancée, des investisseurs de haut niveau et des entreprises qui investissent massivement dans la R et D”, commente Roxanne Varza. Un pays petit d’une superficie comparable à celle de la Bretagne, certes, mais bénéficiant d’une quantité significative de têtes bien faites: 46% des Israëliens ont ainsi reçu un enseignement supérieur contre 30% seulement des citoyens de l’OCDE. Conscients d’évoluer sur un marché restreint, fort seulement de 8, 2 millions d’âmes, les entrepreneurs israëliens ont en outre tendance à voir les choses en grand dès le départ. “Beaucoup de start-ups israeliennes s’exportent. Leur succès est aussi lié à la taille du pays, supposant une internationalisation rapide”, convient Roxanne Varza. A l’image de Mirabilis, la structure ayant élaboré en 1996 (déjà !) un système de messagerie instantanée, rachetée par AOL  pour 400 millions de dollars. Plus récemment, en Juillet dernier, Facebook n’a pas hésité à débourser des dizaines de millions de dollars pour acquérir l’application israëlienne Pebbles, développant des interfaces de réalité virtuelle. Le tout pour l’un des environnements innovants les plus performants à l’échelle mondiale, derrière la Silicon Valley. Pour arriver à un tel résultat, le gouvernement met la main à la poche: l’innovation est financée par l’intermédiaire de quelque 21 centres de recherche et développement, à l’image du très réputé Institut Weizmann. 

Un dynamisme boosté par un environnement géographique mais aussi parfois pour des raisons culturelles. Rien qu’à Londres, ville-mère de l’application Candy Crush, on dénombre une trentaine d’accélérateurs et incubateurs de start-ups. La capitale britannique est ainsi forte 35 000 entreprises de technologie, enregistrant en moyenne 28% de croissance sur cinq ans et générant 156 000 emplois. Une étude américaine publiée en Août, la « Startup Ecosystem Ranking 2015 », réalisée par la société Compass, classait l’écosystème parisien des start-ups à la onzième place mondiale, celui de Londres à la sixième.

Une perception de l’échec déterminante

Un différentiel qui s’explique probablement par un rapport à l’échec différent. En 2014, Pierre Kosciusko-Morizet déclarait à Business O Féminin: « les Français vivent mal leur propre défaite. Ici, une personne qui échoue a tendance à battre sa coulpe. » Or, selon le fondateur de Price Minister : « Le propre d’un entrepreneur est de lancer régulièrement des tas de projets. Dans le lot, il y en a forcément qui échouent. » A croire que dans la culture française, la peur du qu’en dira-t-on, le regard des autres inhiberaient fortement les vocations entrepreneuriales là où Outre-Manche la prise de risque serait valorisée. Une différence qui se retrouve d’ailleurs dans la sémantique des deux pays, et particulièrement dans la traduction de l’expression « VC », « Venture Capital », renvoyant à ces fonds qui investissent dans des jeunes entreprises. Littéralement, VC signifie « capital-aventure ». Curieusement, la France a opté pour la traduction « capital risque ».

De son côté, Roxanne Varza est pourtant loin d’être fataliste : « j’observe des changements radicaux en France depuis quelques temps », observe-t-elle, citant les exemples de Blablacar, fort d’une récente levée de fonds de 200 millions de dollars, Deezer et son ambition d’entrer en Bourse ou encore Leetchi racheté par la banque Arkéa.

France, Israël, Angleterre, Californie… Quoiqu’il en soit, le choix de se lancer dans tel ou tel pays est loin d’être anodin : « Cela a un impact très fort sur le développement de l’entreprise », commente Roxanne Varza. « Un pays peut ne pas avoir beaucoup de fonds d’investissement mais proposer à la place des dispositifs de recherche avantageux. Il va alors avoir tendance à attirer des projets orientés vers ce type d’aide. » C’est notamment le cas de la France et son très attractif CIR (Crédit Impôt Recherche), ayant engendré la création de quelque 32 000 emplois en R et D depuis 2008. « Beaucoup de projets ambitieux se mettent en place en France, » rebondit Roxanne Varza, avant de conclure : « Reste encore le challenge de l’internationalisation… » 

@clairebauchart

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