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Maman et freelance, la panacée ? (témoignage)

Maman et freelance, la panacée ? (témoignage)

Maman d’un petit garçon de 8 mois et freelance depuis 5 ans, notre journaliste témoigne de sa vie au quotidien. Organisation, factures, vie de la maison, rentabilité… Alors, travailler de chez soi lorsque l’on a un bébé, est-ce vraiment le pied ? Elle nous répond.

Avant de vous parler de ma vie de jeune maman, je trouvais important de vous raconter mon saut dans celle de freelance.

C’était en 2013. Je quittais mon poste en CDI au sein d’une rédaction parisienne pour m’installer à mon compte hors de la capitale.  Une vraie prise de risques mais comme dans chaque grande décision de ma vie, moi qui d’ordinaire cogite et anticipe les difficultés, tout m’a semblé clair et limpide. Et puis la maladie d’un proche qui était toujours prêt à suivre ses rêves a achevé de me convaincre. C’est cliché mais tellement vrai. Lorsque l’on fait des choix, on ne subit plus mais on agit, ce qui nous donne une force insoupçonnée. Et ne dit-on pas que l’insécurité jaillit dans trop de sécurité ? Finalement, se lancer dans le vide, c’est se débarrasser de nombreuses peurs et anticipations négatives. La réalité est souvent moins rude qu’on ne l’avait imaginée.

Rythmer sa journée avec des activités plaisir

Malgré la crise économique et les avertissements de mon environnement, j’ai décidé de faire taire ces voix et de tout mettre en œuvre pour concrétiser mon projet. Les premières semaines de travail depuis mon petit bureau m’ont quelque peu déroutée, et c’est dans mes habitudes d’autrefois que j’ai trouvé du réconfort. Pour me discipliner, je continuais à aller à la gym entre midi et deux, histoire de voir d’autres têtes que le joli minois de mon chat Tadao, mon Sacré de Birmanie. J’ai aussi beaucoup prospecté, du temps où je ne produisais pas et où j’avais l’impression de ne pas travailler. Bref, il faut apprendre à fonctionner de manière autonome, et à jouer son propre arbitre. Fort heureusement, le rythme salarié de mon mari me forçait à ne pas trop traîner au lit pour ne pas me retrouver à travailler le soir.

Gérer les creux

Après le fameux cap des trois ans, me voilà bien établie avec des collaborations régulières. J’ai appris à ne pas m’affoler durant les temps morts, car ces derniers sont souvent suivis de périodes plus fastes. Par un jeu du hasard, les commandes arrivent généralement toutes en même temps, et j’essaie en permanence d’anticiper pour faire face à l’urgence. Car l’on m’a appris une règle d’or : ne jamais dire non ! L’art du freelance est de gérer ces périodes de vide. Elles mettent souvent à mal l’estime de soi. Il faut ainsi savoir prendre du recul et ne pas se flageller pour ce qui ne dépend pas (toujours) de nous. Peu à peu, j’ai trouvé mon équilibre de vie malgré ces aléas. Plutôt que de rester devant mon ordinateur en cas de coup de mou, je préfère désormais aller me balader aux côtés de mon nouveau coworker à truffe et moustache.

Faire preuve de bienveillance envers soi-même

Parce que la vie n’est que mouvement, cet équilibre bien établi en tous points a été à nouveau chamboulé par le plus gros « move » dans la vie d’une femme. Ce chamboulement s’appelle Victor et il a huit mois. Durant la grossesse, de nombreuses questions ont afflué : devrais-je prendre un poste salarié qui m’intéresse moins pour payer la nounou ? Devrais-je tenter de travailler tout en le gardant à la maison ? Parviendrais-je à faire face à l’urgence alors qu’il faudra aller le chercher à 17H30 ? Comment pourrais-je écrire sans avoir mon quota de sommeil ? Des questions qui m’inquiétaient et auxquelles je n’avais pas franchement de réponses. Pour faire taire mon angoisse, j’ai travaillé le plus tard possible, jusqu’à deux semaines avant l’accouchement. Je me disais que mon cerveau était encore viable et qu’il me fallait cumuler un maximum de gains avant de traverser une période de disette. Durant les trois mois de congés maternité, j’ai totalement déconnecté du monde du travail. Quand j’ai voulu me replonger dans le boulot, j’allaitais encore et j’étais devenue la reine des insomnies. Autant dire que l’écriture de mon premier article a été laborieuse. Pour me rassurer, je me suis souvenue de toutes ces mamans qui m’avaient confié leur impression d’avoir été lobotomisées, ou de ces paroles d’un professionnel de santé qui m’avait expliqué que le cerveau de la jeune maman était conditionné pour ne penser qu’aux besoins de son bébé. Ouf ! J’ai d’abord tenté de travailler avec mon bout’chou à mes côtés.  Autant dire que l’expérience a vite tourné court. C’était un peu la double peine ! Cette période de transition, avec la fin de l’allaitement, a été pour moi la plus difficile. Je me suis étonnée à être nostalgique de la grossesse et de cette parenthèse cotonneuse du congé maternité. J’en ai discuté avec d’autres mamans pigistes qui m’ont toutes donné le même conseil : être bienveillante envers moi-même et reprendre doucement ! Ces paroles m’ont rassurée et je me suis dit que j’allais retrouver peu à peu confiance en moi et en mon travail. Et puis, ne devrais-je pas écouter les conseils en développement personnel que je vous livre chaque semaine 🙂 ?

Trouver le juste équilibre

Quand j’ai déposé mon bébé à trois mois et demi chez sa nounou (une perle !), j’ai ressenti plus de soulagement que de culpabilité, et j’ai apprécié ces premières heures passées en tête à tête avec moi-même. J’ai choisi depuis de consacrer le mercredi matin à la pratique de ma passion parfois un peu débordante (l’équitation). Pour parvenir à maintenir un certain niveau de revenus, j’essaie de m’interdire de papillonner la journée, même si j’avoue me perdre encore trop longuement dans les méandres des réseaux sociaux… Mais là encore, nous ne sommes pas des machines ! Lorsque l’on est salarié, on n’est pas non plus en permanence à 100% de ses capacités. En revanche, je commence à sélectionner de plus en plus mes collaborations afin de privilégier la qualité de mes rendus et de mes partenaires. Car lorsque l’on est maman, le temps est compté. Si je choisis de ne pas rester avec mon fils, c’est que je prends du plaisir dans mon activité professionnelle.  Lorsque je récupère mon bébé, je tâche de passer le plus de temps avec lui, du “quality time” comme disent les anglo-saxons.

Je ne vais pas vous mentir : ma fiche de paie n’est pas toujours flamboyante, mais je chéris ma liberté. Pour l’heure, j’ai beau avoir un bébé, un crédit, et peut-être bientôt un mari lui-aussi « free », je ne me vois plus en open-space. J’ai trouvé l’équilibre qui me convient, celui qui donne du sens à ma vie professionnelle et personnelle. Alors oui pour moi, maman et freelance, c’est la panacée !

@Paojdo

 

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