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Mais pourquoi les nordiques sont-ils plus heureux ?

Les pays scandinaves se positionnent en tête des pays les plus heureux au monde. Leurs habitants sont-ils réellement plus doués pour le bonheur ? Décryptage d’un état d’esprit très “hygge”.

En tête des classements internationaux mesurant le niveau de bonheur des populations, les pays scandinaves font souffler sur notre société un vent du Nord. Comme le souligne très justement la journaliste Valérie Robert, auteure de l’ouvrage Les clés du bonheur qui vient du Nord, nous assistons aujourd’hui à une « doudounisation de la société face à l’adversité grandissante du monde (…) bien sûr, cela se voit clairement dans les grandes tendances déco, mais aussi dans cette envie de tapisser son rapport aux autres et au monde d’une épaisseur cotonneuse : on veut de la douceur, du moelleux, de la ronronthérapie, de la chaleur, du cosy, des hugs et du hygge ».

Il faut dire que le World Happiness Report des Nations Unies a de nouveau couronné un pays scandinave puisque la Norvège a chipé la première place au Danemark, qui recule sur la seconde marche du podium, tandis que la Finlande, les Pays-Bas et la Suède se positionnent parmi les 10 nations les plus heureuses. Quant à la France, elle ne cesse de reculer et rétropédale à la 31ème place. Drôle de paradoxe pour un pays dont le patrimoine hors norme lui vaut d’être la première destination touristique au monde. Alors oui, continuons à nous convertir aux pyjamas en flanelle et au pain d’épices !

Le hygge – ou l’art de vivre à la Danoise- fait effectivement de plus en plus d’émules dans la société. Les intérieurs se parent de fourrures et s’éclairent à la bougie, véritables cocons pour les familles qui se retrouvent le dimanche après-midi autour d’un bon gâteau maison. Mais la recette du bonheur à la sauce danoise ne saurait se réduire au lifestyle. Valérie Robert cite ainsi un ami danois : « le hygge, c’est créer un moment spécial où rien n’est agressif. Tout le monde y met du sien pour que tout se passe bien. C’est en fait comme un pacte de non-agression ». 

Nul besoin d’être fortuné

La vraie flamme serait donc intérieure. Ce halo de bonheur devrait illuminer notre vie en dépit des conditions matérielles. Bien sûr, comme le note Meik Wiking, CEO de The Happiness Research Institute à Copenhague, l’accès à la santé est un facteur important dans ces classements internationaux, et l’argent joue un rôle, mais jusqu’à un certain niveau. « Lorsque la pauvreté n’est plus une menace et que les besoins basiques sont comblés, une augmentation des revenus ne va pas être corrélée avec une augmentation du niveau de bonheur », soutient l’expert. Même son de cloche du côté de Malene Rydahl, auteure du best-seller Heureux comme un Danois : « l’accumulation des plaisirs ne fonde pas cette base de bonheur qui est au contraire enracinée selon moi dans l’harmonie entre ce que vous êtes, votre moi profond, et ce que vous faites dans la vie. C’est de cette « base de bonheur » que découle aussi la qualité des relations humaines que nous nouons ». C’est ce que l’on peut nommer la congruence, c’est-à-dire cette capacité à embrasser nos valeurs à travers nos actes.

Le vrai trésor des Danois résiderait donc avant tout dans leurs relations humaines. Des relations basées sur la sincérité et l’honnêteté. « Il est essentiel d’avoir au moins une personne qui sera toujours là pour nous, et à qui l’on pourra se fier », note Meik Wiking. « Au Danemark, le soleil est dans la voix ! J’ai été maintes fois étonnée par l’intimité qui s’instaure dès le premier coup de fil. Les Danois se rencontrent avec, là encore, une grande simplicité dans le rapport humain », dépeint Valérie Robert. A table, on ne se coupe pas la parole et on ne tente pas par tous les diables d’imposer son point de vue.

La modestie, mère de tous les Danois

Si les rapports entre les individus semblent aussi fluides, c’est que la société Danoise porte haut les valeurs d’égalité et de modestie. « Au Danemark, l’important, c’est que chacun trouve sa place dans la société : il n’y a pas d’élites qui brillent et qui servent de référence pour le reste de la population », explique Malene Rydahl. Dans son ouvrage, l’auteure souligne une autre caractéristique de la société danoise qui révèle une nouvelle fois ce dénuement dans les relations sociales. Les Danois figurent parmi les plus grands consommateurs d’anti-dépresseurs, un comble pour le pays du bonheur me direz-vous ? Mais d’après Claus Moldrup de la faculté de pharmacie de l’université de Copenhague, cela illustre avant tout la meilleure compréhension et acceptation des dépressifs par rapport à d’autres pays. « Les Danois osent reconnaître qu’ils ne vont pas bien », souligne Malene Rydahl. Et n’oublions pas qu’en hiver, le soleil se couche à 15H, de quoi incliner sérieusement le moral.

Par delà leurs solides relations amicales dont ils cultivent avant tout la qualité et non la quantité, les Danois ont aussi un très fort niveau de confiance au niveau de leurs pairs dans la société toute entière (80%). De façon générale, dans les pays nordiques, la société civile est très forte. Le volontariat y est très pratiqué, et la participation politique élevée. Au Danemark, on estime que 88% des salariés sont syndiqués. « Les Danois se sentent individuellement responsables de leur vie, et aussi responsables du projet commun : c’est là le devoir de tous que de maintenir un système social, l’Etat providence, qui protège et qui donne sa chance à tout le monde », explique Malene Rydahl. Un Etat providence financé par un taux d’imposition à …. 60% ! La démocratie, la sécurité et la liberté y sont fécondes, tandis que la corruption n’a pas sa place dans la société.

Heureux à la ville, comme au travail

Et parce que le bonheur est un cercle vertueux, comme le soulignait très justement le documentaire Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion, 62% des Danois se déclarent heureux au travail. 45% sont même très satisfaits. A titre de comparaison, seuls 5% des salariés français se disent pleinement satisfaits et impliqués dans leur entreprise, selon une étude réalisée par Steelcase. Aie. Dans les entreprises danoises, on aménage des pauses de gym de 10 minutes au bureau, ou on finance des sessions massage une fois par mois. Le team building y est encouragé. Pour autant, les Danois ne mettent pas d’affect dans leurs relations au travail afin justement d’éviter toute tension. Le midi, les employés se retrouvent à la cantine, et comme le relate Valérie Robert dans son ouvrage, il serait mal vu que le boss ne s’attable pas à côté de ses employés ! Comme il est mal vu de quitter le travail après 17H.

Car oui, les Danois ont une vie, et notamment une vie familiale après le travail. Les parents disposent de 52 semaines de congé par an, englobant le congé parental, de maternité et de paternité. Depuis 2002, travailler à temps partiel constitue un droit pour les salariés danois. Le taux d’emploi des femmes est extrêmement élevé. Dans le même temps, l’éducation est au cœur du système et l’Etat n’hésite pas à mettre la gomme sur sa jeunesse (7% du PIB danois, idem pour la Suède avec 6,5%). « Les Danois ont un système scolaire qui donne la priorité au développement de la personnalité et du développement du potentiel de chaque enfant. La mobilité sociale est une réalité comme la liberté de pouvoir choisir sa propre vie », affirme Malène Rydahl.

Concluons ce voyage en terre nordique par un saut au dessus de l’Atlantique avec une citation de Robert Kennedy datant de 1968 : « Le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. (…) Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. (…) En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ».

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@Paojdo

 

 

 

 

 

 

 

 

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