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Les femmes, des entrepreneures comme les autres ?

03.05.2019

Les programmes intrapreneuriaux dans les entreprises sont un excellent moyen de favoriser l’innovation et la créativité pour imaginer de nouveaux relais de croissance et construire l’avenir. Basés généralement sur le volontariat grâce à des appels à projets, ces programmes sont une invitation à ceux qui se sentent prêts à relever de nouveaux défis ou à concrétiser une idée de projet, soit des hommes pour la grande majorité. Pourquoi se passer de la moitié des talents ? Moins de 20% des projets sont pilotés par des femmes. Une sous-représentation qui prive les entreprises de la capacité des femmes à innover dans tous les domaines, qui s’explique facilement et qui peut changer à quelques conditions.

Des dispositions naturelles à entreprendre éclipsées par des messages négatifs

Les femmes sont peu nombreuses à oser se lancer, alors que beaucoup ont envie d’entreprendre et travaillent même sur un projet. Une étude de BPI France réalisée en 2016 indique que 69% des Françaises estiment l’entrepreneuriat plus épanouissant que le salariat. Cette même étude estime à 5 millions le vivier de nouvelles entrepreneures potentielles en France.

Cela n’a rien d’étonnant, car les femmes ont des dispositions naturelles à entreprendre dont malheureusement personne ne parle. Leur formidable capacité à prendre en compte le besoin des autres les dispose naturellement à identifier des besoins non satisfaits et des opportunités d’innovation. Elles ont également une grande capacité d’écoute qui leur permet d’entendre et d’influencer le marché qu’elles adressent.

Il est donc fort à parier qu’elles détiennent des clés d’innovation quel que soit le secteur, y compris sur des sujets réputés très techniques comme c’est déjà le cas dans le démantèlement nucléaire.

Cependant, au lieu de leur rappeler à quel point elles sont des entrepreneures nées, les femmes sont systématiquement comparées aux hommes dans leurs qualités et leur manière d’entreprendre. Loin d’être constructif, ce débat ne fait qu’accentuer la perception des femmes que tout est plus difficile pour elles. Cela ressort aussi bien dans la création d’entreprise comme l’a confirmé la Fondation Entreprendre, mais également dans la réinvention de carrière en général, qu’il s’agisse de relever de nouveaux défis dans leur job actuel ou de changer de métier, comme l’a révélée une étude OpinionWay réalisée pour le Forum Elle Active en 2018.

Elles sont en plus en permanence confrontées à des signaux négatifs qui ne peuvent que les faire renoncer, comme les messages décrédibilisants sur leur capacité à faire un business plan qui circulent encore aujourd’hui dans les médias. Et que dire de la liste longue comme la muraille de chine de qualités que la femme doit avoir pour réussir à entreprendre qui dresse un portrait-robot de la femme entrepreneure qui n’existe pas dans la vraie vie, et qui pourtant fait de gros dégâts sur l’esprit d’entreprendre des femmes. Combien disent par exemple : « Je suis timide et introvertie, je ne suis pas faite pour entreprendre ». C’est faux, archi faux.

A force de véhiculer de tels messages, les femmes ne peuvent que se dire qu’elles doivent être folles de vouloir entreprendre et abandonnent.

Des freins internes empêchent les femmes d’entreprendre s’ils ne sont pas considérés

Les freins principaux acquis ou innés sont extrêmement bien décrits dans le livre « Les barrières invisibles dans la vie d’une femme » écrit par la médecin et psychothérapeute Nathalie Rapoport-Hubschman qui relate ses 30 ans d’expérience et fait le point sur ce que les études scientifiques disent sur ces sujets.

L’auteure rappelle le « confidence gap » qui se crée très tôt. Les études indiquent que dès l’âge de 6 ans, les petites filles se considèrent moins intelligentes que les petits garçons. Si le système éducatif tend à évoluer, il n’en demeure pas moins que les femmes ont généralement moins confiance en elle et en leurs capacités, et souffrent du complexe de l’imposteur. « Après des premiers travaux sur l’entrepreneuriat féminin en Europe en 2008 réactualisés en 2011,  j’ai confirmé ce complexe de l’imposteur sévissant de manière plus générale chez la gent féminine » déclare Viviane de Beaufort, Professeure à l’Essec, engagée dans l’entrepreneuriat féminin depuis plus de 10 ans.

« Les femmes s’autocensurent en permanence et je leur demande régulièrement ce que  ferait un homme dans leur situation pour les aider à avancer », indique Denis Fayolle, entrepreneur à succès (La Fourchette, Mano Mano, Adrenaline Hunter), qui investit depuis plusieurs années dans des start-ups mixtes, avec au moins une co-fondatrice.

Cette autocensure nuit à la prise d’initiative des femmes et peut les pousser à abandonner leur rêve d’entreprendre mais également à se dire que « tout a été fait » et à ne pas voir la bonne idée innovante qui se trouve pourtant juste devant elle.

Si les femmes sont réputées pour leur intelligence émotionnelle, car elles sont plus sensibles à leurs émotions et à celles des autres, la psychothérapeute Nathalie Rapoport-Hubschman expose leur déficit de gestion des émotions négatives. En effet, les femmes gèrent mal la frustration ou l’échec, et il est difficile pour elle d’aller de l’avant et d’oublier. « C’est l’effet « velcro » du négatif qui peut entraîner les femmes dans une spirale négative dont elles peuvent avoir du mal à se sortir » indique Nathalie Rapoport-Hubschman, qui poursuit « à l’inverse, on observe l’effet « Téflon » du positif, qui coule sur les femmes et qu’elles n’apprécient pas à force d’être focalisées sur le négatif ».  La rumination du négatif a un effet dévastateur sur l’ambition des femmes qui redoutent l’échec car elles anticipent la dépression et la difficulté de s’en relever.

Ce phénomène de rumination est influencé par les cycles biologiques et hormonaux. Il est donc physiologique et s’il constitue un point de vigilance pour les femmes, il peut être facilement pris en compte et d’une manière plus efficace que la solution méprisante proposée par le coach Américain Marshall Goldsmith dans son livre « How women rise » qui suggère aux femmes qui se surprennent à ruminer de se souvenir que « Rumination is for cows » – Ruminer c’est pour les vaches !

S’ajoute la tendance naturelle des femmes à se sacrifier pour les autres qui est amplifiée en période de stress, ce qui rend difficile l’arbitrage entre leur propre bien et celui des autres, et les pousse à prendre des décisions qui vont à l’encontre de leurs intérêts.

Les femmes sont par conséquent désavantagées dans les environnements stressants et frustrants à l’heure où 85% des salariés indiquent détester leur job comme l’indique tous les ans le sondage Gallup, car elles auront naturellement plus de mal à se rendre disponibles pour proposer de nouvelles idées et relever de nouveaux défis.

Enfin, comme je le constate depuis 10 ans, les femmes ont généralement peur de se projeter dans la réussite pour diverses raisons, qui vont de leur relation à l’argent ou au pouvoir à la réaction des hommes face à leur réussite. Même si les hommes en grande majorité déclarent ne pas être gênés par la réussite de leur compagne, un test qui mesure l’estime de soi indique que les hommes interprètent automatiquement le succès de leur partenaire comme un échec pour eux-mêmes, même lorsque le domaine dans lequel elle réussit n’est pas en compétition directe avec leur domaine de prédilection. Qu’il s’agisse de réussite sociale ou intellectuelle, inconsciemment les hommes ont une moins bonne image d’eux-mêmes si leur partenaire réussit. Les femmes le ressentent et s’empêchent de réussir.

Les femmes qui osent se lancer dans l’entrepreneuriat sont courageuses, car elles continuent à faire face à ces préjugés, messages négatifs et freins tout au long de leur aventure entrepreneuriale. C’est la raison pour laquelle, celles qui réussissent, comme Karine Tardon, la fondatrice de Karine & Jeff, insistent sur l’importance de travailler sur sa psychologie interne.

Une clé de réussite qui est partagée par de nombreux entrepreneurs à succès, hommes et femmes, et qui pourtant n’est pas encore populaire à force de se concentrer uniquement sur le projet ou le business plan.

Les femmes ne sont par conséquent pas encore encouragées à faire ce travail sur elles-mêmes pour se libérer de leurs freins à entreprendre et proposer leur vision décalée et leurs business models innovants. Il est temps que cela change et les entreprises ont un rôle primordial à jouer, car pour réussir leur démarche innovation, elles doivent mobiliser l’ensemble de leurs collaborateurs.

Les entreprises ont un rôle clé à jouer pour inciter les femmes à entreprendre

Il ne s’agit pas d’agir pour être politiquement correct et dans la mouvance de l’imposition de quota, mais bien de créer un environnement favorable au sein de l’entreprise pour encourager les femmes (et les hommes qui le souhaitent) à se libérer de leurs freins, à renforcer leur confiance en elle et à booster leur créativité grâce à un programme court constitué de coaching individuel, d’ateliers, de vidéos et de mp3, qui peut se compléter par une immersion dans des start-ups fondées ou co-fondées par des femmes sous la forme de mécénat de compétences ou d’échanges avec les fondatrices. Une initiative qui se déroule sur 4 mois et qui a pour but de préparer les femmes pour qu’elles soient prêtes à participer pleinement aux programmes intrapreneuriaux existants et aux appels à projets, soit en proposant leurs innovations soit en apportant leur contribution à un projet.

On sait aujourd’hui que le QI d’un groupe dépend du nombre de femmes présentes dans le groupe comme l’a démontré le MIT (Massachusetts Institute of Technology). L’enjeu d’un projet n’est-il pas de réunir la meilleure équipe pour le mener au succès ? « Il y a des talents incroyables chez les hommes et chez les femmes. Pourquoi je me passerais de la moitié des talents ? »  s’exclame Denis Fayolle.

« Ayant élargi mon approche au titre de la sociologie et des problématiques des minoritaires quel qu’ils soient, d’une part désormais j’estime que ledit complexe de l’imposteur peut se «  soigner » en se faisant accompagner et disparaît progressivement quand le système est lui-même plus inclusif et accueille la minorité et ses qualités propres » atteste Viviane de Beaufort, qui depuis 2017 a créé le Club Génération #Startuppeuse au sein de l’Essec pour accompagner des projets « Tech for Good » fondés ou co-fondés par des femms, et qui conclut :  « Il n’est que temps de tirer parti de nos différences en faisant le choix d’accompagner spécifiquement les intra/ entre… preneurEs ».

Et si les femmes détenaient les clés d’innovation pour relever vos défis d’aujourd’hui et de demain et qu’elles ne demandaient qu’à pouvoir les exprimer ?

Pour en savoir plus sur comment encourager les femmes à entreprendre dans votre entreprise Rendez-vous sur www.sophievalicon.com

A propos de Sophie Valicon :

Sophie concentre 25 années d’expérience pour aider les femmes décidées à se lancer et réussir dans l’entrepreneuriat avec sérénité. Son point fort : allier Marketing et Coaching pour développer la confiance en soi et insuffler un état d’esprit marketing performant. Elle est Experte bénévole au Club Génération #Startuppeuse créé par Viviane de Beaufort à l’Essec, qui accompagne des projets Tech à impact social et environnemental, fondés ou co-fondés par des femmes

 

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