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La punk mindfulness, ou l’art de méditer pour se rebeller

Vous avez sans doute déjà testé le yoga ou la méditation pour calmer votre anxiété. Mais peut-être n’avez-vous jamais pris la mesure de la puissance de la pleine conscience. A travers son approche révolutionnaire de la mindfulness, Betsy Parayil-Pezard nous invite à dire non au conformisme pour renouer avec nos valeurs profondes.

« Aïe, on nous fait croire / Que le bonheur c’est d’avoir/ De l’avoir plein nos armoires / Dérisions de nous dérisoires », chantait Alain Souchon dans son iconique Foule sentimentale. Un bon résumé de la pensée de Betsy Parayil-Pezard. Auteure de l’ouvrage Méditer, c’est se rebeller, cette coach pour dirigeants a initié ce qui pourrait devenir un mouvement planétaire : « la punk mindfulness ». En somme, une version bien moins sage de la méditation.

La méditation n’est pas un long fleuve tranquille

« Ce terme « punk » vient troubler la perception que les gens ont de la pleine conscience. Souvent, on la pense uniquement dédiée à la réduction du stress, notamment car on la connaît à travers le mouvement de Jon Kabat-Zinn et son programme MBSR. Mais en réalité, la mindfulness apporte encore davantage. Elle nous réveille et nous procure une énergie vitale. Je désire ancrer la méditation dans la vie », explique-t-elle. En d’autres termes, la mindfulness est punk dans le sens où elle nous offre un espace de liberté pour orienter notre vie vers ce qui fait sens pour nous. « On nous domine en faisant en sorte que l’on soit fatigué, occupé et constamment en quête de performance », alerte la coach. A l’inverse, la méditation nous permet de nous réapproprier notre propre attention, alors que les médias, la publicité ou les réseaux sociaux font tout pour se l’accaparer, nous laissant exsangues et incapables de nous rebeller face au modèle que l’on nous propose, ou impose.

La coach Betsy Parayil-Pezard

Etre un bon ami pour soi (pour le meilleur et surtout le pire)

La méditation peut nous mener vers des cieux ombrageux. Méditer, c’est aussi accepter d’être secoué, de faire face à nos propres démons, nos contradictions. Avec bienveillance. Une bienveillance non pas teintée d’hyperpositivité dégoulinante, qui serait devenue une injonction, mais une acceptation intérieure de notre image, aussi imparfaite soit-elle.

La méditation nous apprend à profiter de l’instant présent comme un nouveau-né qui savoure simplement le sentiment de vie qui le traverse. « Méditer, c’est accepter de s’assoir seul avec soi-même. Il y a des jours où c’est extraordinaire, et d’autres où c’est l’enfer. Mais l’idée est d’être un bon ami pour soi-même. Nous laisserait-il les jours où l’on est au plus mal ? », nous interroge-t-elle.

Accepter la responsabilité de nos actes

Avec la Punk Mindfulness, on comprend que la méditation, ce n’est pas faire le vide, ce n’est pas taire les symptômes du stress. C’est être au contact de nos émotions, chercher au fond de soi les racines de nos tourments, pour mieux avancer. « C’est difficile, car cela nous responsabilise davantage dans le sens où l’on ne peut pas accuser le monde entier d’être la source de nos souffrances puisque nos douleurs prennent racines en nous. Mais c’est aussi formidable car cela signifie que l’on possède un pouvoir de décision sur ce qui nous afflige, puisqu’il s’agit de notre monde intérieur », affirme Betsy Parayil-Pezard.

 Chuter pour se réinventer ?

« Je ne fais jamais un aussi bon travail qu’avec les personnes qui ont fait un burnout ou se sont faites licencier », rapporte la coach. Intervenante auprès de SDF ou de détenus, elle observe chez cette population un terreau fertile pour la remise en question. Non pas qu’elle nous souhaite de finir au tapis, mais, précise-t-elle, les ruptures sont le moment idéal pour nous poser les vraies bonnes questions. « Bien souvent, la réussite nous voile les yeux. En réalité, en cas de licenciement, il ne faudrait pas que l’on ressente une perte de sens, car l’on devrait avant tout travailler en étant alignés avec nos valeurs », poursuit-elle.« Racisme, pollution, sexisme… nous avons tous quelque chose qui ne nous correspond pas dans le monde, mais nous ne faisons pas le lien avec notre propre personne. Par nos choix, notre mode de vie, nous sommes tous responsables de ce qui ne tourne pas rond. A tout moment, nous pouvons choisir de nous rebeller », lance-t-elle.

Le futur est une page blanche

Si vous avez expérimenté un certain état méditatif pendant votre séance de yoga, vous pouvez tout à fait retrouver cet esprit de pleine conscience dans votre vie au quotidien, et pourquoi pas même lorsque vous animez une réunion. D’ailleurs, le monde du travail, tout comme la parentalité, sont deux excellents terrains de jeux pour expérimenter la puissance de la mindfulness. Car n’est-ce pas dans ces domaines que l’on est le plus à l’épreuve ? Que l’on façonne le monde ?  En devenant davantage présent à l’instant, une nouvelle perception du monde s’offre à nous. Face à une situation, comme une engueulade avec son boss, nous pouvons en réalité réagir de mille façons. « C’est à nous de décider notre manière de vivre ces moments qui nous semblent hors de contrôle », renchérit Betsy Parayil-Pezard.

En pratiquant la mindfulness, notre monde ne va pas changer du jour au lendemain. Mais grâce à ces micro-moments, nous allons peu à peu créer de nouveaux schémas dans notre esprit. Accepter d’être face à soi-même nous permet de mieux connaître nos valeurs, si souvent étouffées par les diktats de la société. Et cela nous procure beaucoup de courage, le courage d’être soi. Et pourquoi pas d’engager une vraie révolution sociétale. C’est en tout cas le pari de Besty, convaincue que notre posture face à la vie a le pouvoir de modifier le cours des événements. Alors, pour faire disjoncter le système, méditons !

@Paojdo

Photo : Astrid di Crollalanza

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