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Finances et patrimoine : ce que veulent les femmes

Banques privées et cabinets de gestion de patrimoine proposent des programmes spécifiques aux femmes afin de les aider à préparer leur avenir. Explications.

On l’oublie souvent, mais ce n’est qu’en 1965 que les femmes ont eu le droit d’ouvrir leur propre compte bancaire, sans l’autorisation de leur mari. Ce faisant, elles ont enfin pu gérer leurs biens propres. Ce petit rappel historique explique pourquoi, de manière caricaturale, « la femme gère le budget et l’homme les placements à long terme », soutient Nathalie Pillet, fondatrice de Patrimoine au féminin, une plate-forme  sur internet proposant de l’accompagnement, de la simple étude patrimoniale à la mise en place des solutions préconisées. « L’implication des femmes dans la gestion du patrimoine est relativement récente. Ceci explique qu’il y a une dizaine d’années, les hommes venaient souvent seuls se faire conseiller, ou au mieux, en couple », explique de son côté Vivianne Clauss, responsable du programme Femmes & Patrimoine au sein de la Banque de Luxembourg.

La création de programmes spécifiques

Avec les profonds changements qui ont bousculé la société, parmi lesquels le travail des femmes et l’explosion des divorces, les femmes ont été indéniablement portées à s’intéresser à la gestion de leurs finances personnelles. Spécialiste de la gestion de patrimoine depuis 20 ans, Nathalie Pillet a lancé le 8 mars 2012 Patrimoine au féminin. C’est son parcours qui l’a poussée à proposer une offre spécifique. « Naturellement, j’ai développé une clientèle féminine. Les femmes venaient avec des besoins spécifiques suite à un divorce ou à un décès, avec la nécessité de trouver des revenus complémentaires ou de mettre en place un système de gestion ».

Du côté de la Banque de Luxembourg, c’est en 2010 que le programme a éclos suite aux sollicitations croissantes des clientes sur les questions ayant trait au patrimoine, à l’épargne et à la famille. « Mais l’idée a germé bien avant sous l’impulsion de notre CEO, Pierre Ahlborn, qui souhaitait proposer un accompagnement spécifique, à l’instar d’autres banques privées dans les pays anglo-saxons ou en Suisse, par exemple », raconte Vivianne Clauss. Là encore, les besoins se sont faits sentir lors des changements familiaux ou professionnels, à l’instar d’une création d’entreprise, d’un deuil. Organisation du patrimoine, préservation de la famille lors d’une succession, protection des intérêts de ses enfants dans le cadre d’une nouvelle union avec un partenaire ayant lui aussi des enfants… les problématiques sont multiples.

Des jeunes femmes de plus en plus préoccupées par leur retraite

L’objectif du programme Femmes & Patrimoine, qui propose aussi des articles pédagogiques sur un blog et des conférences, est de sensibiliser les femmes aux conséquences d’un changement de situation et de les aider à les anticiper. « Nous les incitons à réfléchir à leur régime matrimonial par exemple. Souvent, les femmes ne pensent pas à se protéger suffisamment », soutient Vivianne Clauss.

Mais la société évolue et le travail porte ses fruits. Aujourd’hui, les clientes ne viennent plus simplement lorsqu’elles font face à des situations urgentes. Des jeunes femmes, en couple, cherchent à garantir leur indépendance financière face aux aléas de la vie, et aussi face à l’échéance de la retraite qu’elles sauront difficile en raison de carrières professionnelles souvent hachées. « Il y a 10 ans, une femme de 30 ans ne parlait pas spontanément de sa retraite, aujourd’hui, les trentenaires viennent nous voir. Elles ont conscience qu’elles ne pourront pas subvenir à leurs besoins sans revenus complémentaires », affirme Nathalie Pillet. D’ailleurs, les femmes ne sont pas si « larguées » qu’elles se l’imaginent. « La plupart d’entre elles sous-estiment leurs connaissances financières : nous nous en rendons compte quand elles remplissent le questionnaire MIFID », rapporte Vivianne Clauss.

Les femmes, un rapport différent à l’argent ?

Si des programmes spécifiques ont été créés pour les femmes, il ne s’agit pas d’un simple coup marketing, martèle Nathalie Pillet : « les femmes ne parlent pas de la même façon de l’argent, et elles entretiennent aussi avec lui un rapport différent ». De son côté Vivianne Clauss estime que les femmes parlent plus ouvertement de leur vie et osent dire « mon épargne se limite à cela, je ne veux pas spéculer ». Toutes deux ont constaté que les femmes ont effectivement davantage d’aversion au risque et s’intéressent à la responsabilité sociale de leurs investissements, à leur sens. « Elles sont davantage dans une logique de projet que de choix du type de placement et ont en général une approche à plus long terme », avance Vivanne Clauss.

Pour autant, leurs besoins restent les mêmes que ceux des hommes : « elles ont envie de faire du solidaire, mais pas forcément en soutenant d’autres projets féminins. Et surtout, elles exigent que leurs placements aient la même rentabilité », constate Nathalie Pillet. Lors de la crise, la Banque de Luxembourg n’a pas non plus constaté de différences entre le comportement des femmes et des hommes. Les responsables du programme se sont également rendus compte qu’elles n’avaient pas besoin de produits bancaires spécifiques, mais d’une prise en charge personnelle, d’un conseil, d’une écoute. Nathalie Pillet l’assure : « le feeling avec le conseiller est essentiel. Les femmes confient des choses et font entrer quelqu’un dans leur vie, il s’agit de bien plus que de l’argent ».

@Paojdo

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