Boostez votre vie avec nos tips Carrière, Business, Lifestyle !

illustration

Newsletter
Boostez votre vie avec nos tips Carrière, Business, Lifestyle !

Femme & Tech : le livre blanc « must read » pour une culture plus inclusive

Que vous soyez recruteur, manager ou investisseur, il vous incombe la responsabilité d’accroître la présence des femmes dans la Tech. Pour vous y aider, Welcome to the Jungle vient de publier un livre blanc qui dresse un état des lieux de la situation et met en avant les bonnes pratiques.

>>Retrouvez ICI l’intégralité du Livre Blanc Welcome to the Jungle.

Les femmes ne représentent que 16% des salariés dans les métiers Tech. Et les statistiques ne sont pas plus reluisantes du côté des startups avec 8% d’entrepreneurEs évoluant dans ce milieu. Des chiffres qui s’expliquent notamment par leurs difficultés à obtenir des fonds puisqu’en moyenne, elles lèvent deux fois moins que les hommes. Pire encore, les investissements dans les startups féminines ont même chuté depuis 2016. Alors que certains voudraient nous faire croire que les questions de parité deviennent dépassées, ce constat est en réalité plus grave qu’il n’y paraît. Comme nous le confiait très justement Sinead Bunting, Directrice Marketing Angleterre de Monster : « J’ai réalisé que puisque 90% des codeurs sont des hommes, et qu’ils développent la langue du futur, les femmes ne feront pas partie de la conversation ».

A l’heure où les défis sont de plus en plus grands, se priver du meilleur des cerveaux disponibles dans les deux sexes est logiquement fort dommageable. D’abord au sein des entreprises, puisque la mixité est génératrice de performance, mais aussi pour les investisseurs quand on sait que les entreprises dirigées par des femmes génèrent plus de revenus (voir plus bas).

Trop peu de jeunes filles en filière scientifique

Les raisons d’une telle désertion sont multiples, à commencer par le manque de rôle modèles pour les jeunes filles qui n’envisagent pas de telles carrières alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses en bac scientifique. Si des domaines comme la chimie et la médecine comptent une proportion supérieure de femmes, l’ingénierie et plus particulièrement la Tech ne parviennent toujours pas à les séduire. Constat plus inquiétant encore, la présence des filles dans l’informatique a même connu un déclin en 40 ans. «L’informatique est le seul domaine où, après avoir été proportionnellement bien représentée, la part des femmes est en nette régression, alors que, dans toutes les filières scientifiques et techniques, elle augmente de 5% en 1972 à 26% en 2010», remarque Isabelle Collet, maîtresse d’enseignement et de recherche en sciences de l’éducation à l’université de Genève.

Un déclin depuis les années 70

Durant la Seconde Guerre mondiale, en l’absence des hommes, les femmes ont dû prendre les devants et s’investir dans différents milieux prépondérants, à l’image de l’informatique. C’est ainsi que dans les années 50 puis 60, des personnalités telles que Grace Hopper Katherine Johnson ou encore Margaret Hamilton ont été à l’origine d’immenses avancées dans le domaine, et qui impactent encore l’informatique aujourd’hui. Mais aussi talentueuses fussent-elles, ces femmes sont restées dans l’ombre. Pourquoi ? Car à l’époque, le software n’était pas perçu comme prestigieux, et les meilleurs développeurs masculins se ruaient vers le hardware. La bascule s’est notamment produite dans les années 70. « Les PC sont devenus des objets de consommation courante, vendus comme des jouets «masculins» et utilisés davantage par les garçons que les filles. Beaucoup plus de garçons ont appris le code informatique à partir de là. Parallèlement à l’essor des PC, l’industrie des jeux vidéos a pris de l’ampleur en promouvant des univers masculins et machos, peu accueillants pour les joueuses », analyse le Livre Blanc Welcome to the jungle.

Une culture non inclusive

Ce que l’on nomme « la culture bro » joue en effet un rôle prépondérant dans le malaise ressenti par les femmes évoluant dans des entreprises Tech. Selon le rapport «State of Startups 2018» publié par First Round, 59,9% des femmes dans la Tech déclarent avoir déjà fait l’expérience de harcèlement sexuel au travail, ou connaître quelqu’un qui en a déjà fait l’expérience. Comme le souligne Joël Courtois, directeur de l’Epita, les remarques sexistes peuvent malheureusement sembler anodines aux yeux des hommes. « Nous disons clairement aux garçons : « attention, vous êtes majoritaires, la moindre remarque, même si elle n’est pas malveillante, peut générer un sentiment de harcèlement», car les filles l’auront peut-être déjà entendue dix fois dans la même journée».

C’est pourquoi il est grand temps d’agir. Voici plusieurs pistes déjà initiées par les géants de la Silicon Valley.

VOUS ÊTES RECRUTEUR

  1. Quand bien même vous êtes bien intentionné(e), commencez par prendre conscience de vos biais cognitifs : votre cerveau a tendance à donner plus ou moins d’importance à certaines informations, et de ce fait à les traiter de manière personnelle. Par exemple, l’étude Howard-Heidi montre que les femmes ne peuvent pas être perçues à la fois comme sympathiques (aimables) et compétentes. Pour mettre à jour vos propres biais, vous pouvez vous référer à l’outil Project Implicit de l’université de Harvard, ou encore à l’article de Welcome to the jungle écrit au sujet de l’ouvrage What Works: Gender Equality By Design (Iris Bohnet).
  2. Bien sûr, ne vous contentez pas d’observer vos propres biais. Agissez. Pour cela, il existe des outils performants comme Gap Jumpers (recrutement à l’aveugle) ou encore Blendoor, qui utilise l’intelligence augmentée.
  3. Avant chaque entretien, il peut être intéressant de définir et d’écrire clairement les compétences attendues pour le poste que vous ouvrez.
  4. Puis pendant l’entretien, posez les mêmes questions à chaque candidat, c’est ce que Google a mis en place pour éviter que les recruteurs se reposent sur leurs impressions subjectives. Il s’agit aussi de valider la qualité des réponses selon des rubriques définies à l’avance.
  5. Veillez à ce que vos annonces soient inclusives tant dans la description de l’entreprise que des compétences requises. Pour cela, employez des expressions neutres. Par exemple, aux Etats-Unis, il s’agit d’éviter tous les mots type genius, rockstar, ninja ou wizard. La startup Textio aide justement les entreprises à analyser la performance de leurs messages afin de les rendre plus « gender neutral ».
  6. Allez chercher des talents ailleurs que dans les grandes écoles : des têtes féminines bien faites se trouvent aussi en dehors de ces réservoirs classiques.
  7. Chassez activement les développeuses sur les réseaux sociaux. Vous pouvez aussi utiliser des « referral » féminins : les femmes connaissent sûrement d’autres talents féminins !
  8. Utilisez les réseaux féminins tels que Duchess France, Girls in Tech ou Paris pionnières pour diffuser vos offres. Soyez présents pour les grands rendez-vous tels que le Women’s forum, et produisez du contenu sur vos profils féminins. Avoir des rôles modèles féminins dans votre entreprise est un précieux atout pour faire venir d’autres femmes.
  9. Intégrez les femmes dans les process de recrutement. Là encore, vous serez plus à même d’attirer d’autres femmes mais aussi d’éviter les biais.

VOUS ÊTES MANAGER

  1. De manière générale, les sociétés de la Tech doivent instaurer une culture d’entreprise plus inclusive. Concrètement, cela passe par l’abolition du présentéisme avec la mise en place du télétravail ou d’horaires flexibles. La technologie étant là, les freins ne sont plus que culturels. Cela permettra de favoriser les temps plein chez les femmes, sachant que 30% d’entre elles travaillent à temps partiel contre 8% des hommes.
  2. Stoppez les évaluations annuelles qui donnent trop de place aux intrigues politiques et biais cognitifs dans l’entreprise. Privilégiez l’appréciation du travail en équipe qui motivera davantage les femmes.
  3. Liez les primes des cadres et des recruteurs aux progrès effectués en matière de diversité. Une initiative mise en place par Intel et qui a porté ses fruits, permettant une augmentation de la présence des femmes parmi les effectifs.
  4. Luttez ACTIVEMENT contre le harcèlement dans votre entreprise, sachant que 70% des cas ne sont jamais portés à la connaissance des patrons. Il arrive que certaines entreprises protègent leurs « ingénieurs stars », ce qui peut expliquer que dans la Silicon Valley, le turnover des employées est deux fois plus important que celui de leurs homologues masculins.
  5. Mettez en avant les femmes de votre entreprise lors d’événements importants, encouragez-les à publier sur les blogs, mettez-les à l’honneur dans les vidéos de recrutement quitte à ce qu’elles soient sur-représentées. Lorsque l’entreprise Slack a reçu de Techcrunch le prix de la startup à plus forte croissance en 2016, ce n’est pas le PDG qui est venu recevoir la récompense mais un groupe de 4 femmes ingénieures noires.
  6. Rendez les règles du jeu de l’entreprise plus transparentes, ainsi que les salaires, car les femmes sont bien moins à l’aise dans la négociation salariale. Elles pensent souvent que leur réussite est liée à la chance, c’est pourquoi elles doivent pouvoir mieux comprendre les critères d’avancement dans l’entreprise. De plus, si les écarts de salaires sont criants entre les hommes et les femmes, les entreprises ne pourront plus les assumer.

VOUS ÊTES INVESTISSEUR

  1. Intéressez-vous de plus près aux statistiques : pour chaque dollar de financement dans une startup féminine, celle-ci génère 78 cents contre 31 pour une startup masculine. Pourtant, comme le souligne l’étude du BCG, les femmes ne parviennent à lever en moyenne que 44% des sommes levées par des startups fondées par des hommes.
  2. Connaître ces chiffres vous permettra de prendre davantage en considération vos propres biais cognitifs lorsque vous évaluerez un projet porté par une femme.
  3. Une fois ces biais mis à jour, essayez de les neutraliser dans vos choix d’investissement. Inspirez-vous d’autres initiatives comme ont pu le faire les grands orchestres en auditionnant les musiciens derrière des rideaux. A vous d’entrer en piste !

@Paojdo

>Comment attirer plus de femmes dans la tech ?

>Laurence Lafont (Microsoft) : les soft skills pour une IA plus éthique

>Aurélie Jean va vous faire coder

Ils nous font confiance