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Dépendance affective au travail : êtes-vous concernée ?

18.02.2019

Vous avez besoin de reconnaissance dans votre métier ? C’est bien naturel. Mais quand cela devient un but en soi, on parle de dépendance affective au travail. Un besoin qui peut conduire à en faire trop, se comparer ou dénigrer ses collègues pour se démarquer. Explications.

La dépendance affective ne se cantonne pas à la sphère privée. Certaines personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes cherchent, en effet, la sécurité et l’approbation dans le regard des autres, y compris dans le monde professionnel. « N’importe qui a besoin de reconnaissance. Mais cela devient un problème quand cette recherche devient le centre de ses pensées, son objectif », prévient Geneviève Krebs, coach de performance et de transition, auteure de « La dépendance affective au travail » (éd. Eyrolles).

L’influence de l’enfance

 

C’est au cours de l’enfance et de la pré-adolescence que se construit l’estime de soi. L’enfant a besoin de se sentir aimé, en sécurité, de voir que l’on prend soin de lui, qu’on l’accompagne dans ses apprentissages. Si son parent ou son référent l’aide à se relever, l’encourage face aux échecs, il comprend qu’il a le droit à l’erreur et que celle-ci peut même le faire progresser. Cela n’entame pas sa valeur et il peut recommencer jusqu’à temps d’y arriver. Une fois adulte, il dispose des ressources nécessaires pour tenter des expériences et se relever.
« En revanche, si l’enfant a été rabaissé, critiqué, dévalorisé, il se sentira vide et cherchera à combler celui-ci dans le regard des autres. Il sera incapable de trancher, de prendre une décision car il se sentira en insécurité, rejeté, abandonné », analyse Geneviève Krebs. C’est ainsi que nait la dépendance affective.

Trois profils de dépendants affectifs au travail

 

L’experte dresse trois profils de dépendants affectifs au travail. Le premier fait tout pour être apprécié. Il se montre perfectionniste, dit oui à tout. Il devance les demandes de ses collègues et de sa direction. Il cumule les heures supplémentaires et s’investit sans compter. Il est en suractivité pour éviter le vide et la solitude. Bref, il en fait trop !
Le second profil est dans le contrôle et la manipulation. Il agit ainsi car il doute de lui et parfois des autres. Il redoute que les tâches soient mal effectuées. Il repasse derrière ses collaborateurs pour tout corriger. Il s’arrange pour que tout le monde entende que ça a été mal fait par l’autre personne. Il peut aussi colporter des rumeurs en pensant rendre service à son entreprise. Il agit ainsi pour fuir ses angoisses, pour se protéger plus que pour détruire intentionnellement comme le ferait un pervers manipulateur destructeur.
Enfin, le dernier profil, consiste à être au travail physiquement mais en ayant l’esprit ailleurs. « Sa dépendance est posée sur son partenaire. Il se demande ce qu’il fait, qui il voit, quand il n’est pas avec lui pour contrôler ? Il n’est pas productif car obsédé par ses tracas », souligne la coach.

Sauveur-victime-bourreau

Tout à tour, le dépendant affectif au travail va endosser le rôle du sauveur qui veut aider tout le monde ; de la victime qui se plaint si elle n’a pas la reconnaissance escomptée et du bourreau qui s’en prend aux autres. Un triangle infernal qui nuit au dépendant affectif, à ses relations professionnelles, à son travail et à l’entreprise.

Pourtant, il est possible de sortir de ce schéma néfaste, de décider de changer. La prise de conscience a généralement lieu quand l’histoire se répète. Malgré les changements de poste, ou d’entreprise, le dépendant affectif retrouve toujours les mêmes problèmes. Il finit par s’interroger sur son comportement. Or si celui-ci reste semblable, les résultats le sont aussi. Il doit donc s’observer, comprendre et s’auto-évaluer pour reconnaître son trouble.

Sortir de la dépendance affective au travail


Une fois cette prise de conscience faite, on peut changer de comportement. Ce travail peut se faire seul, accompagné d’un coach ou d’un psychologue et dans les cas les plus extrêmes, par un médecin. « Il faut expérimenter petit à petit ses angoisses pour les dédramatiser. Ainsi, si l’on porte un projet et que l’on a tendance à vouloir trop bien faire pour obtenir des compliments, on risque de dépasser les délais et cela peu coûter cher à l’entreprise. L’exercice consiste alors à baisser son niveau d’exigence pour rendre son projet à l’heure », suggère la coach. Cela représente un grand risque aux yeux du dépendant affectif. Il se demande ce que diront les autres s’il en fait moins. L’idée est d’observer à chaque fois le résultat produit par ce changement de comportement pour en retenir le positif, progresser et gagner en confiance en soi.
Quelles que soient les difficultés qui alimentent cette dépendance affective au travail (peur de l’échec, de la solitude, de ne pas être aimé…), travailler dessus permet d’améliorer son estime de soi et de se détacher du regard des autres pour avoir plus de facilité à agir et décider.

 

 

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