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Deep Tech: la France est à la traîne

14.03.2019

Après les vagues des puces informatiques, d’Internet et du mobile, la deep tech semble être la nouvelle révolution technologique et attire aujourd’hui les investisseurs. Selon une étude inédite du Boston Consulting Group et Hello Tomorrow dévoilée à l’occasion du Hello Tomorrow Summit qui a lieu le 14 et 15 mars à Paris, les startups deep tech ont bénéficié de près de 18 milliards de dollars de financements en 2018 au niveau mondial, un chiffre en hausse de 22 % par an depuis 2015. Outre cette croissance, les deep techs représentent une transformation majeure du monde de la recherche et du développement.

La France bénéficie d’un potentiel important dans la deep tech avec notamment un vivier de talents et des centres de recherche dynamiques. Néanmoins, et malgré un plan de financement public ambitieux annoncé par la BPI le 30 janvier dernier, la constitution d’un écosystème – laboratoires de recherche, startups, investisseurs et grandes entreprises – est indispensable pour que la France et l’Europe profitent pleinement des opportunités offertes par ces innovations de rupture.

Des innovations à impact : les spécificités des startups deep tech

La deep tech se définit comme l’innovation de rupture fondée sur des avancées scientifiques difficiles à reproduire et qui repoussent les frontières technologiques. Elle contribue déjà au bouleversement du mode de conception et de production de nombreuses entreprises.

Les startups issues de la recherche sont des acteurs centraux de cette révolution deep tech. Elles attirent des financements considérables et en forte hausse : près de 18 milliards de dollars de financement en 2018 soit une hausse de 22% par an depuis 2015.

Leur forte intensité en R&D, leur impose des besoins et des défis spécifiques qui les distinguent des autres startups :

  • Des innovations susceptibles de bouleverser un secteur ou une industrie avec un impact sociétal et environnemental
  • Une intensité capitalistique largement supérieure aux startups issues du monde digital
  • Des délais de mise sur le marché structurellement longs

« Les innovations portées par les deep techs impactent durablement les économies et les sociétés. Par exemple, les découvertes en biotech conduisent à de nouveaux traitements médicaux et allongent l’espérance de vie. Ces innovations peuvent contribuer à résoudre les principaux défis relevés par l’ONU. Parmi les 1650 startups deep tech qui ont passé le premier tour de sélection du Global Challenge annuel de Hello Tomorrow, 51% déclarent avoir un impact sur la santé et le bien-être. 50% sur les industries et les infrastructures et 22% sur le climat. Néanmoins, seulement 6% déclarent avoir un impact sur les problématiques sociétales comme la réduction de la pauvreté ou des inégalités homme-femme, pour cela pas de solution miracle à attendre de la technologie ! » Arnaud de la Tour, Directeur Général de Hello Tomorrow et co-auteur de l’étude.

Les deep techs transforment le monde de la recherche et du développement.

Aujourd’hui, l’accessibilité aux technologies et aux datas (à titre d’exemple, la baisse du coût des imprimantes 3D ou du séquençage ADN) entraîne une rupture majeure du monde de la recherche et du développement.

Alors qu’hier les innovations technologiques étaient portées par les Etats et les grands groupes, aujourd’hui, une startup deep tech –  petite structure réunissant quelques chercheurs – peut bouleverser tout un secteur économique.

« Avec l’abaissement du coût de certaines technologies, les startups de la deep tech sont en train de révolutionner la R&D telle que nous l’avions connue jusqu’à maintenantLes grandes entreprises doivent développer une approche spécifique si elles veulent collaborer efficacement avec les startups de la deep tech et notamment passer en mode agile. C’est une vraie révolution culturelle pour elles. Il faut qu’elles saisissent cette opportunité pour conserver leur capacité d’innovation sur les grands enjeux sociétaux et environnementaux de demain » explique Antoine Gourévitch, directeur associé senior au BCG et responsable de la R&D au niveau mondial.

La course à l’innovation est désormais mondiale

Avec l’émergence de la deep tech et la baisse du coût des technologies, tous les pays sont maintenant sur la même ligne de départ pour devenir des leaders de l’innovation. Les 8682 deep techs analysées dans l’étude sont implantées dans plus de 70 pays.

Néanmoins les Etats-Unis gardent le leadership sur les technologies liées au digital ainsi que sur les biotechnologies et les matériaux de pointe. La Chine a également fait de l’investissement dans la deep tech une priorité : la part de la R&D financée par des fonds publics a augmenté de 62 % entre 2011 et 2015 alors que cette part a diminué de 6 % aux Etats-Unis sur cette même période.

La France dispose de nombreux atouts mais peine à attirer des financements 

La France représente plus d’un quart des startups deep tech en Europe : 28 % des deep techs en  photonique et l’électronique, 28 % pour les drones et la robotique, 27 % pour l’Intelligence Artificielle (IA). La France est également le territoire de nombreuses startups sur les matériaux de pointe (22 %), les biotechnologies (21 %) et la blockchain (18 %).

Mais, l’hexagone attire peu d’investissements. Un exemple : Si 13 % des deep techs en photonique et électroniques sont françaises, elles ne concentrent que 5 % des investissements. Ce chiffre tombe à 2 % dans les biotechnologies et 1 % dans les drones et la robotique ou dans la blockchain.

Les startups françaises de la deep tech souffrent d’un manque de financement privé. Si les fonds publics sont plus importants en France qu’aux Etats-Unis (1/3 des investissements dans la deeptech contre 16 % outre-Atlantique), la France ne dispose pas d’un capital-risque structuré pour répondre aux problématiques spécifiques des deep techs. Le manque de capitaux pour les deep techs françaises est significatif lorsqu’elles atteignent les stades MVP ou d’industrialisation à la différence des deep techs américaines.

« La deep tech rebat les cartes au niveau mondial : tous les pays sont maintenant sur la même ligne de départ pour devenir leader de l’innovation. La France a tous les atouts pour tenir ce rôle, notamment grâce à la qualité de ses ingénieurs. Mais, il faut que tous les acteurs de l’écosystème collaborent ensemble. Institutions académiques, grands groupes et surtout le financement privé doivent soutenir les startups qui se créent dans ce secteur » ajoute Antoine Gourévitch.

Malgré la qualité de ces universités, la France ne semble pas tirer profit de la révolution deep tech 

Pourtant, la France bénéficie d’un tissu académique qui fait référence dans le monde. C’est notamment le cas dans l’Intelligence Artificielle. Parmi les cinq premières universités/instituts européens sur l’IA, trois sont français : les universités Paris-Saclay, Pierre-et-Marie-Curie, et INRIA. Pour autant, les deep techs françaises autour de l’IA ne représentent que 6% des deep techs au niveau mondial et elles n’attirent que 13 % des investissements européens.

« La présence de grands groupes internationaux et d’institutions académiques de référence constituent des atouts importants de la France pour dynamiser le secteur de la deeptech. De nombreuses startups sont devenus des acteurs majeurs sur leurs segments, par exemple Deviallet ou Cellectis. Pour autant, certaines d’entre elles préfèrent s’installer à l’étranger, afin de bénéficier d’un écosystème plus favorable à leur développement lors de la phase d’industrialisation et de croissance. Pour que les deep techs qui émergent en France deviennent  des champions industriels et impactent  le développement économique du territoire français, le plan annoncé par la BPI est une bonne nouvelle. Mais il faut continuer, aller plus loin ! » conclut Arnaud de la Tour, Directeur Général de Hello Tomorrow et co-auteur de l’étude.

METHODOLOGIE

L’étude est basée sur un fichier unique de startups deep tech :

  • Les 10 000 startups deep tech qui ont candidaté depuis 2015 au Challenge organisé par Hello Tomorrow.
  • 8682 startups deep tech qui ont déposé un brevet dans une des 16 technologies répertoriées

Etude complète

  

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