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Comment transformer votre ultrasensibilité en atout au travail ?

Comme un quart de la population française, peut-être figurez-vous dans le clan des ultrasensibles. Intuition, créativité, empathie… vous ne manquez pas de qualités. Mais comment les mettre à profit dans votre environnement professionnel ? La réponse avec Saverio Tomasella, spécialiste de l’ultrasensibilité.

Qu’est-ce l’ultrasensibilité ?

« Les personnes ultrasensibles combinent les traits des hypersensibles et hyperempathiques », nous explique en préambule Saverio Tomasella.

– D’un côté, les hypersensibles sont des personnes dont la sensibilité sensorielle est exacerbée. Par exemple, ils ne supportent pas l’exposition à une trop forte lumière, à un bruit ou une odeur spécifiques, à certaines matières, etc. Cette hypersensibilité peut être aussi émotionnelle (décorticage de la moindre information, réflexion permanente, etc.). « Cela peut rendre les hypersensibles irritables parce qu’ils saturent rapidement. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont susceptibles », précise le spécialiste.

– De l’autre, les hyperempathiques sont des individus très sensibles aux émotions des autres, qui ne supportent pas la misère ou l’injustice. « Par exemple, en visitant un malade, ils vont ressentir une douleur au niveau de l’organe concerné, alors qu’ils ne sont eux-mêmes pas atteints de la pathologie », illustre le psychanalyste.

L’ultrasensibilité encore perçue comme une faiblesse au travail ?

Si de manière générale, l’ultrasensibilité est de mieux en mieux connue et perçue dans la société, elle symbolise encore dans l’esprit de certains une faiblesse, d’autant plus que les entreprises fonctionnent encore beaucoup sur un modèle patriarcal et machiste. Toutefois, on parle aujourd’hui de plus en plus des « soft skills » (intelligence émotionnelle, relationnelle), comme étant des compétences clefs. « Je pense que les ultrasensibles déploient certaines de ces qualités qui constituent le ferment d’un renouveau pour la famille, l’école et les entreprises », souligne Saverio Tomasella.

Les 5 qualités des ultrasensibles

Lorsque les ultrasensibles vivent suffisamment bien leur grande sensibilité (ce qui n’est pas le cas de tous), ils sont en mesure d’en faire une vraie force dans leur vie. Leurs qualités sont :

  • Le sens de l’observation : les ultrasensibles perçoivent des détails qui échappent aux autres. « Cela s’avère très utile, comme dans le cas d’un appel d’offres où l’ultrasensible va être capable d’ajouter un petit détail à sa proposition, et qui va faire toute la différence », illustre l’expert.
  • Le perfectionnisme : lorsqu’il ne tue pas la spontanéité et la confiance (et ne s’immisce pas dans tous les pans de la vie), le perfectionnisme permet de se différencier des concurrents… et parfois de créer des chefs-d’œuvre comme pour Hitchcock, un grand perfectionniste !
  • L’intuition : ou la faculté de ressentir des signaux faibles, comme par exemple une micro-tendance que l’on a observée à l’étranger. « L’intuition se ressent dans le corps. Il peut s’agir d’une sensation désagréable en rencontrant une personne pour un entretien d’embauche, alors que tous les signaux sont au vert. Mon conseil est de suivre cette intuition et pas ce que dit l’entourage », affirme le psychanalyste.
  • L’empathie : parfois, l’empathie est ressentie en excès, et l’ultrasensible peut absorber les émotions de l’autre. Mais cela comporte aussi des atouts, comme la faculté pour un manager de rebooster un membre de son équipe en trouvant les bons mots. « Contrairement à l’entreprise du XXe siècle, on se rend compte aujourd’hui que ce type d’échanges n’est pas une perte de temps », renchérit l’expert.
  • La créativité : les ultrasensibles sont en général spontanés et enthousiastes, et il convient de les laisser exprimer toutes leurs idées sans filtres. A noter qu’il existe des ultrasensibles extravertis qui vont se révéler être de vrais meneurs d’équipe, des ultrasensibles introvertis qui vont prendre du recul et analyser, et des ultrasensibles qui sont les deux selon les situations.

=> Si vous êtes manager, le plus important est de ne pas demander aux ultrasensibles de se conformer, mais plutôt de les aider à développer leurs qualités intrinsèques, car elles sont source d’innovation.

Quelles stratégies pour être heureux au travail quand on est ultrasensible ?

  • Trouver du sens dans son travail : plus que tout autre travailleur, l’ultrasensible doit être épanoui dans son boulot. Et pour cela, il a besoin que son travail ait un impact positif sur son environnement et autrui. On trouve ainsi beaucoup d’ultrasensibles dans les métiers de relation d’aide. Certaines personnes sont également extrêmement sensibles au beau, et s’épanouissent dans des carrières artistiques. Elles recherchent aussi de l’authenticité dans leurs relations, et peuvent se révéler dans des métiers de communication comme le journalisme.
  • S’entourer de personnes positives : pour cela, demandez à travailler avec certains collègues, et protégez-vous des vampires énergétiques afin d’éviter toute contagion émotionnelle. Cela peut passer par le port de bouchons d’oreille ou un casque pour se couper d’une ambiance délétère. Il est aussi possible d’utiliser quelques gouttes d’huile essentielle pour se créer un cocon sensoriel apaisant.
  • Se créer un environnement de travail plaisant : même si vous êtes en open space, mettez des plantes sur votre bureau, des photos de personnes ou de lieux que vous aimez, des objets personnels… Tout cela vous aidera dans les moments difficiles. A noter que les ultrasensibles sont nombreux à souffrir en open space. Le télétravail, au moins un jour par semaine, peut donc être particulièrement indiqué pour cette population. Le travail indépendant est aussi souvent apprécié des ultrasensibles. Gare cependant à ne pas trop s’isoler.
  • S’organiser librement : des horaires trop contraignants sont souvent source de stress pour les ultrasensibles qui préfèrent organiser leurs rendus à leur guise. Parfois, l’intrapreneuriat peut être une bonne solution, ou carrément la création d’entreprise. En règle générale (car il existe aussi des exceptions !), les ultrasensibles sont plus heureux dans les petites entreprises que dans des grandes structures trop rigides, sauf si celles-ci se montrent agiles.
  • Se prémunir de la fatigue de compassion : pour ne pas ressentir trop fortement les émotions des autres, faites le tri entre vos propres émotions et celles qui viennent d’autrui. Pour cela, gardez vos distances en vous entourant mentalement de lumière. Aussi, les ultrasensibles ont des limites physiques et énergétiques dans l’aide qu’ils peuvent accorder aux autres, sachez donc reconnaître les vôtres (1H par jour, par semaine, etc.).
  • Prendre des pauses régulièrement : au moins 5 minutes chaque heure pour bien souffler puis en prenant une grande inspiration. Ne surchargez pas trop votre planning et accordez-vous autant que possible des moments de repos.
  • Poser des limites claires : avec gentillesse et fermeté, demandez à votre collègue de vous parler sur un autre ton, et accordez-vous quelques petits « mensonges sans conséquences » comme dire que vous devez impérativement partir à 18H pour aller chercher vos enfants alors que ce soir-là, vous vous rendez à votre séance de yoga ou vous offrez 30 minutes de marche en pleine conscience dans la forêt.
  • Profiter des bienfaits de l’eau : nager, prendre un bain aux sels d’Epsom, marcher sous la pluie… L’eau vous permettra de vous recharger en ions négatifs car les villes et notamment les équipements électroniques nous chargent d’ions positifs.
  • Manger sainement : en faisant le plein de protéines, en ne sautant pas de repas, et en évitant les mauvais glucides.
  • Libérer sa créativité : pour cela, le maître mot, c’est la liberté. Brainstormez, sortez de la rationalité, et surtout, ne vous censurez pas !

Bibliographie :

Le guide de survie des hypersensibles empathiques, Judith Orloff, collection Saverio Tomasella, éditions Leducs, 2018.

@Paojdo

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