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Comment gérer sa prise de risques ?

L’une est la seule femme au monde à avoir traversé intégralement l’Antarctique en solitaire. L’autre est une investisseuse reconnue et pionnière de la French Tech. Réunies lors de la première édition du Festival « Les Sybelles Aventurières » (du 4 au 7 juillet au Corbier en Savoie), Laurence de la Ferrière et Laurence Bret-Stern nous livrent leur vision d’une prise de risques intelligente. A lire absolument.

Vous avez dit prise de risques ?

Prendre des risques, Laurence Bret-Stern n’en tire aucune fierté. Car la prise de risques fait partie intégrante de son ADN. « Pour moi, il y a deux types de personnes. Certains ont besoin d’un environnement stable quand d’autres se complaisent dans le changement. C’est mon cas », observe-t-elle. Quant à Laurence de la Ferrière, la prise de risques est selon elle inhérente à la nature humaine : « à partir du moment où l’on naît, on prend un risque ». Mais toutes les deux arrivent à la même conclusion : il s’agit avant tout d’une histoire individuelle car prendre des risques, c’est sortir de sa zone de confort, qu’elle soit physique ou psychologique. Et cette zone de confort est très variable d’un individu à l’autre.

Des risques mesurés

La bonne nouvelle, c’est que chacun peut apprendre à prendre des risques, sans que ceux-ci soient inconsidérés. Jadis Directrice Marketing EMEA de LinkedIn France (de 2010 à 2017), Laurence Bret a justement formé ses équipes à la « prise de risques intelligente ». « C’était obligatoire car la société a connu une croissance exponentielle. Ne pas prendre de risques, c’était comme devenir un corps étranger à l’entreprise », souligne-t-elle. Pour cela, elle s’est appuyée sur un modèle simple et efficace, permettant aux plus anxieux de rationnaliser leur prise de risques. Modèle que vous pouvez appliquer dès à présent :

1) Que se passera-t-il si vous ne prenez pas ce risque (conséquences positives et négatives) ? Le rapport entre le positif et le négatif devra être de 3.

2) Quel sera le retour sur investissement de votre prise de risques ?

3) Comment cette prise de risques s’inscrit-elle dans un contexte plus global ? Par exemple, si vous êtes en train de déménager, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour démissionner.

Une vision particulièrement pertinente pour les femmes qui ont souvent besoin d’être en pleine maîtrise de tous les tenants et aboutissants pour se lancer. « Les hommes ont davantage confiance en leur puissance et leurs capacités », affirme Laurence de la Ferrière. Mais cela ne comporte pas que des inconvénients puisque d’après notre aventurière, cela les pousse à avoir une perception plus large des choses, et à anticiper au maximum les problèmes. « Je pense que cela est intrinsèquement lié au fait que nous donnons la vie, et c’est pourquoi nous n’avons pas envie de la perdre », renchérit-elle.

Laurence Bret Stern

« Aujourd’hui, il existe de nombreux outils pour abaisser sa prise de risques », Laurence Bret-Stern

En tant qu’investisseuse, Laurence Bret-Stern observe l’écosystème depuis longtemps et constate une grande évolution. D’abord, parce qu’il existe pléthore de solutions techniques qui permettent de juguler sa prise de risques. Par exemple, il est possible de créer une fausse appli mobile pour tester son idée auprès de vrais clients. Les outils de growth hacking sont également pertinents pour tester des hypothèses grâce à la data.  Et puis on peut aujourd’hui externaliser sa compta, utiliser le crowdfunding ou encore bénéficier de subventions. Toutefois, si Laurence Bret-Stern devait mettre en garde les aspirants entrepreneurs, elle leur dirait de ne jamais oublier leur marché ! « Beaucoup se concentrent sur leur technologie, alors que celle-ci est loin d’être suffisante », analyse-t-elle. Elle invite plutôt les entrepreneurs à s’appuyer sur le modèle de Balfour pour s’assurer que leur startup est en mesure de générer de la croissance. Ainsi, les quatre piliers du modèle sont :

  1. La demande
  2. Le produit
  3. Le business modèle
  4. Les canaux de distribution

Laurence de la Ferrière

 « J’ai accepté de ne pas tout savoir et de trouver des solutions sur place », Laurence de la Ferrière

On entend de plus en plus parler de l’importance de l’intuition dans le business, et cela est d’autant plus vrai dans le monde de l’aventure que côtoie Laurence de la Ferrière. Il est certain que pour mesurer sa prise de risques, notre amoureuse des extrêmes s’est longuement préparée. Avant de s’attaquer à l’Antarctique, elle est allée au Groenland, au Sptizberg ou encore en Sibérie. « J’y ai rencontré des gens qui m’ont tout donné jusqu’à ce que je me sente suffisamment forte pour partir seule », explique-t-elle. Une volonté de solitude qui trouve ses racines dans ses précédentes expéditions. A cinq reprises, Laurence de la Ferrière a tenté l’ascension de l’Everest sans oxygène. Lors de son dernier passage, elle frôle l’exploit, mais se voit contrainte de redescendre parce que l’un de ses compagnons d’expédition, muni d’un masque à oxygène, a un problème avec celui-ci et refuse que Laurence continue son ascension seule. « J’ai vécu difficilement cet échec, c’est pourquoi j’ai voulu partir en solitaire dans le plus grand désert du monde pour voir de quoi j’étais capable. Je pense que instinctivement, on va dans des milieux qui nous correspondent. Mais pour cela, il faut être 100% honnête avec soi-même », raconte-t-elle. Une solitude qui lui a permis de faire corps avec la nature, et de parer aux imprévus : « j’ai préparé mon expédition avec beaucoup de sérieux, mais j’ai aussi voulu conserver une certaine ouverture d’esprit. J’ai accepté que je ne savais pas tout, et que je trouverai des solutions une fois sur place ».

« De la ténacité mais pas d’acharnement »

Savoir dire stop est irrémédiablement la dernière étape de la prise de risques et sans doute la plus difficile tant on a investi, que l’on soit exploratrice ou entrepreneure. Pour cela, Laurence Bret s’appuie sur trois critères essentiels :

  1. S’arrêter si l’une de ses valeurs est bafouée
  2. Se fixer des limites, qu’elles soient physiques, temporelles ou financières
  3. Poser des points de contrôle (quantitatif, volume, financier…), et toujours chercher des feedbacks de son entourage pour ne pas se laisser duper par ses propres biais.

Savoir renoncer, Laurence de la Ferrière a dû maintes fois s’y résoudre, avec ce double sentiment de passer à côté de la chance de sa vie, mais aussi d’accepter d’échouer pour repousser ses limites plus tard. Un choix difficile qui nous confronte selon elle à notre peur de perdre : « finalement, c’est un certain confort de ne pas abandonner. Car abandonner, c’est plonger dans l’inconnu ». Alors, si elle devait résumer en quelques mots où placer le curseur, Laurence de la ferrière nous conseillerait de « faire preuve de ténacité et non pas d’acharnement. D’un échec, on peut faire un grand succès ».

RETROUVEZ NOTRE SOIREE AUTOUR DE L’AUDACE AU BUSINESS O FEMININ CLUB LE 1 OCTOBRE 

INSCRIPTIONS ICI: https://events.businessofeminin.com/class/laudace-ou-comment-limpossible-devient-possible/

@Paojdo

>Linda Bortoletto : elle a tout plaqué pour devenir aventurière

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