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Comment attirer les talents féminins dans les start-ups ?

19.10.2016
Comment attirer les talents féminins

La fondatrice de Leetchi, Céline Lazorthes et la directrice marketing de Mangopay, Céline Winant-Pateron nous donnent les clés pour recruter plus de femmes dans la Tech.

Dans l’industrie FinTech européenne, 5% des PDG et 7% des cadres dirigeantes sont des femmes. Ainsi, le groupe Leetchi apparaît comme l’exception qui confirme la règle : deux femmes y mènent la danse. En 2009, j’ai crée leetchi.com, aujourd’hui leader européen des cagnottes en ligne, et quelques mois plus tard, Laure Némée, notre directrice technique, est venue me rejoindre dans cette aventure. En 2013, la start-up ouvre sa solution de paiement MANGOPAY aux marketplaces et aux plateformes de crowdfunding. Aujourd’hui, dans le groupe Leetchi, les femmes sont présentes dans tous les services : informatique, ventes, support, design, marketing, finances. Et c’est loin d’être le fruit du hasard. Les femmes sont sous-représentées dans le secteur financier et dans le secteur technologique : la FinTech a donc un double défi à relever!

De nombreux rapports ont souligné le lien positif entre la présence des femmes et la performance des entreprises. En septembre dernier, le McKinsey Global Institute (MGI) a publié un rapport montrant que la féminisation du monde du travail dans 92 pays pourrait augmenter de 12 milliards de dollars la croissance mondiale. Tout bien considéré, deux arguments majeurs plaident pour la présence des femmes en entreprise. En premier lieu, l’égalité homme-femme est fondée sur une forte justification morale car elle est une des facettes de l’égalité entre citoyens. Deuxièmement, plusieurs études académiques montrent que les femmes adoptent une attitude différente des hommes concernant la prise de risques, le management, la concurrence, le processus de décision et leurs motivations. A titre d’exemple, la féminisation des instances dirigeantes des grandes entreprises américaines a eu un impact positif sur les performances des entreprises investissant en recherche et développement [Cristian Dezso and David Ross, 2007]. Pour ma part, je suis persuadée que la mixité de nos équipes commerciales et techniques nous aide à mieux comprendre les besoins de nos clients.

Lorsqu’elle connaît une croissance rapide, une start-up se voit confrontée à trois problématiques où la mixité homme-femme est en jeu : le recrutement, l’internationalisation et la parentalité.

Le premier sujet à aborder avec finesse est celui du recrutement. Quand une offre d’emploi paraît en FinTech, le taux de candidatures féminines est très bas. Pour faire entrer des femmes dans l’entreprise, il est donc nécessaire de rechercher des profils à haut potentiel dans d’autres industries plutôt que de chercher un « copier-coller » de compétences. Laure Némée explique ainsi : « Il m’a fallu recruter l’ensemble de l’équipe de développeurs. Je pense que certains candidats étaient méfiants ou sceptiques parce que j’étais une femme. Un jour, l’un d’entre eux m’a même demandé « est- ce qu’on peut parler technique ? » Bien évidemment, la question était grotesque ! Mais in fine, si le fait d’avoir une femme comme directrice technique a été un critère de choix aux yeux des candidats, je ne trouve pas cela plus mal. J’aime l’idée que nos collègues masculins sont ouverts d’esprit et respectueux. » En outre, il semble qu’il y ait un cercle vertueux dans le recrutement féminin. « Le fait qu’il y ait des femmes dans l’équipe de management a été un des critères qui m’a poussée à rejoindre MANGOPAY » explique Svetlana Videnova, Responsable Support Senior au Royaume-Uni.

Le phénomène d’internationalisation des employés est allé de pair avec le développement du groupe Leetchi à l’échelle européenne. Aujourd’hui, 40% de l’équipe est binationale ou étrangère. L’arrivée dans un nouvel environnement professionnel se double ainsi d’un défi personnel : construire des liens sociaux privés dans le pays d’accueil, que ce soit la France, le Luxembourg, le Royaume-Uni ou l’Allemagne, où le groupe est présent. Maîtriser la langue est indispensable. Ainsi, l’entreprise offre à tous ses salariés des cours d’Anglais et de Français. Anastasia Heilmann, responsable Allemagne de leetchi.com explique « Nous sommes nombreux à changer de pays seuls et nos familles sont à l’étranger. Avoir des horaires de travail flexibles pour pouvoir partir plus tôt ou bien pouvoir travailler depuis chez soi est un réel avantage pour les salariés internationaux. »

Enfin, la croissance de l’entreprise implique aussi d’intégrer de plus en plus de parents et de gérer l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. En réalité, le point clé quand on évoque cet équilibre n’est pas tant de parler des femmes que de parler des hommes. En effet, une mère ne peut pas envisager de faire carrière de manière réaliste si son partenaire ne s’occupe pas des enfants. Antoine Thiriez, directeur financier de MANGOPAY et père de deux enfants de neuf et six ans, raconte : « J’aime le fait que nous ayons de la flexibilité dans l’entreprise. L’équipe managériale est jeune et considère cela normal pour un papa d’être impliqué auprès de sa famille. Dans mes précédentes entreprises, j’ai dû batailler pour partir quinze minutes plus tôt pour aller chercher mes enfants, et la première réponse à ma question a été : « Mais ta femme ne peut-elle pas le faire ? »

Pour un parent, homme ou femme, l’équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle se joue non seulement dans son rapport à l’entreprise mais aussi dans son rapport avec son conjoint. Comme David Bossard, développeur senior, le souligne : « ma femme travaille dans une entreprise de software et nous avons quatre enfants entre 3 et 11 ans. Nous sommes obligés de partager les responsabilités parentales au quotidien. J’ai choisi une entreprise dont les contraintes correspondent à mon engagement auprès de ma famille. Avant, j’étais consultant et je voyageais trois à quatre jours par semaine. C’était juste le casse-tête pour avoir une vie personnelle ! »

L’égalité homme-femme a été un objectif à part entière du groupe Leetchi, et je suis heureuse que ce soit un succès. Aujourd’hui, sur plus de 50 employés, plus d’un tiers sont des femmes, proportion largement supérieure à la moyenne du secteur. Nous devons encourager les femmes à avoir des rêves et de l’ambition. C’est cela qui motive à travailler dans un environnement très innovant comme la FinTech.

Cécile Lazorthes, fondatrice et présidente de Leetchi et Celine Winant-Pateron Marketing & PR manager de Mangopay

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