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Carrière et bien-être: le nouveau duo gagnant

04.05.2015
Carrière et bien-être: le nouveau duo gagnant

3 millions de Français seraient au bord du burn-out. Soit 7 à 10% des actifs selon une étude publiée en janvier dernier. Des travailleurs pris dans les filets d’une culture d’entreprise occidentale rythmée par le stress et le manque de sommeil. Face à cette déferlante d’angoisse, de nombreuses voix s’élèvent comme celle d’Arianna Huffington pour dire stop… En quête d’une autre définition de la performance.

« Le 6 Avril 2007 au matin, j’étais allongée sur le sol de mon bureau, chez moi, dans une mare de sang. » Huit ans plus tard, Arianna Huffington se souvient avec précision de cette chute survenue dans son bureau. « Je m’étais effondrée, victime de la fatigue et du sommeil. Nous avions fondé le Huffington Post en 2005 et, deux ans plus tard (…) j’avais été sélectionnée parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde », relate l’Américaine dans les premières pages de son dernier livre S’épanouir : réussir sans défaillir (Fayard). « Il a pourtant fallu que je m’interroge, poursuit-elle, était-ce là le vrai visage de la réussite ? Etait-ce la vie dont j’avais rêvé ? »

L’entrepreneure de 64 ans, emblème de la réussite au féminin outre-Atlantique, bouscule au fil des pages la définition insidieuse du succès dans nos sociétés occidentales. L’argent et le pouvoir sont loin d’être suffisants, argue-t-elle. Il faut y rajouter un troisième paramètre, celui du bien-être.

                                                                                   

Arianna Huffington, première invitée des masterclass Business O Féminin en Juin 2014

Stress et burn-out dans le viseur

Une pensée salutaire à l’heure où stress et burn-out rythment la vie professionnelle de bon nombre d’entre nous. Des chercheurs de l’université de Carnegie Mellon ont ainsi mis en évidence qu’entre 1983 et 2009 les niveaux de stress ont grimpé de manière vertigineuse, passant de 10 à 30% dans toutes les couches de la population américaine. Une augmentation critique lorsque l’on sait que le cortisol, hormone générée par un état d’angoisse, a des effets néfastes sur l’organisme : réduction de la formation osseuse, défense immunitaire affaiblie ou encore affaiblissement des cellules de la mémoire.

Des maux auxquels les femmes semblent particulièrement exposées: celles angoissées par leur travail voient leur risque de souffrir d’une maladie cardiaque augmenter de 40% par rapport à la moyenne. Un taux qui monte à 60% pour le diabète.

Autre donnée alarmante: 30% des Britanniques et des Américains ne dorment pas suffisamment selon le Centre américain pour la prévention et le contrôle des maladies.  Un manque de sommeil entraînant une perte de confiance en soi, une réduction du sentiment d’indépendance ou d’empathie.

L’hyperconnexion, le mal 3.0

Une tendance au stress et au surmenage fortement accentuée par le fait d’être joignable tout le temps, à tout moment, le tout agrémenté d’une addiction de plus en plus généralisée aux mails et réseaux sociaux. Une connexion à outrance qui affecte notre concentration et augmente notre niveau de stress, comme le démontre une étude menée par l’armée américaine. Une thématique qu’Arianna Huffington aborde en profondeur dans son ouvrage : « être connecté superficiellement au monde entier peut nous empêcher d’être connecté en profondeur à ceux qui nous sont le plus proches-nous-mêmes compris. »

Or, la proximité aux autres, l’affection que l’on donne, celle que l’on reçoit sont des éléments cruciaux à notre équilibre. « Lorsque quelqu’un vous touche avec affection, votre corps sécrète de l’ocytocine, surnommée hormone de l’attachement, provoquant de fait un état de bien-être », explique Céline Rivière, auteure de Calinothérapie : une prescription pour le bonheur (Michalon). Et ce d’autant que plus le taux d’ocytocine augmente, plus celui du cortisol diminue. « Le rapprochement à l’autre, le toucher, abaisse considérablement le niveau de stress, insiste Céline Rivière. Il faut revenir à des choses simples dans cette société devenue très complexe. »

Quid de la connexion… à soi-même ?

Le rapprochement aux autres, voie efficace vers le bien-être donc. A condition de ne pas s’oublier. Une faculté qui, selon Arianna Huffington, relève de plus en plus de la prouesse : « la cacophonie du notre quotidien nous permet de ne pas prêter l’oreiller à nos interrogations existentielles, écrit-elle. Avant, dès que je rentrais chez moi (…), j’avais l’habitude d’allumer immédiatement les informations. Et puis un jour (…), j’ai arrêté. » La fondatrice du Huffington Post fait ainsi place au silence. « Je n’ai rien perdu et j’ai beaucoup gagné. Je suis même devenue plus apte à écouter les autres : mes enfants, mes collègues, mon quotidien. »

Une écoute de soi accrue pour plus de sérénité, c’est aussi l’opinion de Céline Rivière. Pour la psychologue, « la relaxation et la méditation constituent des moyens efficaces de s’apaiser et de retrouver un état de plénitude. Elles permettent de reprendre les reines de sa vie, d’autant que leur pratique correspond souvent à une recherche sur soi plus générale. »

Une vision nouvelle des rapports à soi et au travail comptant de plus en plus d’adeptes aux initiatives multiples. A l’instar par exemple de Juliette Dumas. Cadre pendant de nombreuses années dans un groupe de médias, elle a quitté son poste pour lancer la Shine Academy. Le principe : en partenariat avec des entreprises, proposer aux salariés des sessions afin de leur permettre d’être écoutés avec plus d’intérêt, de faire la différence lors de prises de parole et d’obtenir de meilleurs résultats dans leurs quotidiens professionnel et personnel. Une méthode dont le but est d’augmenter le niveau d’épanouissement et de motivation, pour plus de succès à l’arrivée.
Des sessions que Juliette Dumas articule autour du bien-être et de la bienveillance, des thèmes qu’elle a développés dans son livre Shine or not shine publié chez Marabout. Cette même maison d’édition inonde depuis quelques mois les librairies de cahiers de coloriage pour adultes, arguant dans ses préfaces leurs bienfaits des crayons pour se détacher du monde extérieur et se retrouver. Loin d’être de simples gadgets, ces carnets « permettent de vider son esprit, de se calmer après des journées où le flux continu de pensées est envahissant, explique Céline Rivière. Dans nos sociétés, notre mental est très agité et finit par s’encombrer, comme un autoroute à l’heure de pointe. Ils s’inscrivent dans la même veine que les hôtels proposant des chambres sans wifi ni téléphone. »

Vers une mutation du monde du travail ?

Arianna Huffington cite elle l’exemple de la société de logiciels Full Contact accordant une prime de 7500 dollars aux employés qui respectent les trois règles suivantes : partir en vacances, ne pas travailler en congé et se déconnecter. Et l’Américaine, optimiste, de pointer les prémices d’une prise de conscience qu’elle a pu constater aux derniers forums de Davos : « en 2013, en plus encore en 2014, les nombreuses séances consacrées à la « pleine conscience en entreprise, » à la méditation, aux récentes découvertes des neurosciences, ou même à la nécessité de « repenser la vie », ont clairement montré que les pouvoirs établis commencent à reconnaître l’existence d’un lien entre notre aptitude à gérer des crises (…) et la manière (…) dont nous entretenons notre corps, notre cerveau et notre esprit. »

Repenser la vie passe donc par repenser le rapport au travail et à travers lui notre rapport à l’entreprise, à la hiérarchie. Dans cette mouvance se développent depuis 2006 aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en Europe les espaces de coworking, laboratoires de cette relation mutante à la vie professionnelle. Leur succès est grandissant : l’entreprise américaine WeWork, leader du coworking lancé en 2011, a été valorisé 5 milliards de dollars en 2015.

« Aujourd’hui, le rapport au travail est bouleversé : les gens ne veulent plus forcément être en CDI, le nombre de freelancers ne cesse de croître, idem pour les slashers, exerçant plusieurs métiers en même temps, explique Hanane El Jamali, co-fondatrice  de Remix, start-up parisienne de coworking.  Toutes ces personnes veulent désormais rejoindre des communautés professionnelles réelles, revenir vers un socle physique, dénué cependant de toute notion hiérarchique. Un endroit où l’on trouve du sens, du partage, de l’humain. »

Un rapport horizontal au travail qui laisse la part belle à la bienveillance et à l’entraide, réponse possible à cette recherche d’un autre univers professionnel, vierge de tout burn-out ? Réponse dans quelques années.

@clairebauchart

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