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8 clés pour animer une séance de créativité

23.05.2019

Une séance de créativité en entreprise est un bon moyen de faire émerger de nouveaux concepts, résoudre un problème, réfléchir à des solutions techniques, élaborer une stratégie… Quelques clés pour libérer les esprits et sortir des sentiers battus !

Convaincre le dirigeant

Les séances de créativité sont accessibles à toutes les entreprises, même très techniques. Elles présentent l’avantage d’offrir un bon rapport qualité/temps passé. « Si l’animateur devait se déplacer pour consulter chaque participant individuellement, ce serait plus chronophage. Et les idées seraient souvent banales. La créativité, c’est 1+1=3. En mélangeant les points de vue, on obtient des idées qu’on n’a jamais eu auparavant dans l’entreprise », argumente Médéric Gillet, chef de produit référent en charge de l’innovation et co-auteur de « Animer une séance de créativité », aux éditions Dunod.

Déterminer ses objectifs

Faire une séance de créativité pour le principe présente peu d’intérêt. Il faut déterminer en amont avec le décideur un objectif sur lequel faire travailler le groupe : inventer un nouveau produit, lui trouver un nom, promouvoir celui-ci de manière innovante, trouver plus de clients, se distinguer de la concurrence… L’objectif aidera à tracer la trame de la séance.

Former un groupe de travail

Pour obtenir de bons résultats, selon Médéric Gillet, il faut constituer un groupe en fonction de son objectif. S’il s’agit d’un objectif concret, l’auteur préconise de travailler avec des pragmatiques (ingénieurs, scientifiques, techniciens…) et de compléter avec des polyvalents (chefs de produit, chefs de marché, secrétaire…). Si l’on travaille sur un nouveau concept, on compose un groupe avec une majorité de polyvalents, puis des pragmatiques et des imaginatifs (designers, graphiste, responsable innovation…). Enfin pour des résultats conceptuels, on recourt aux imaginatifs et on complète avec des polyvalents.

Créer une ambiance agréable

Pour que la séance de créativité se déroule bien, chacun doit s’y sentir libre. L’idéal est de casser les codes en amenant le groupe à l’extérieur de l’entreprise. Sinon, on peut configurer la salle autrement : ajouter des plantes, des éclairages, mettre des coussins au sol… On peut aussi demander de venir dans une tenue décontractée pour gommer les différences hiérarchiques.
Au début de la séance, un petit jeu permet de briser la glace entre les participants. « On peut dire que le sol est rempli d’eau. On met une feuille A4 au sol pour symboliser une île et ils doivent tous tenir dessus. Ca crée un rapprochement physique et facilite les échanges par la suite », propose Médéric Gillet. Autre jeu, si le groupe se connait déjà un peu : chacun écrit sur un post-it deux mensonges et une vérité et les autres disent ce qu’ils pensent être correct. On peut aussi demander au groupe de se classer par âge, par nombre d’enfant, par la dernière lettre de leur prénom… Yaël Hanouna-Gabison, coach et fondatrice du cabinet Smartside, cabinet de conseil en leadership, et auteure de « Animer des réunions de créativité » (éd. Eyrolles) propose de commencer en demandant à chacun de se présenter et de dire ce qu’ils aiment dans leur vie, ce qui les fait vibrer…

Refuser la censure

En séance de créativité, la règle c’est zéro censure ! On peut toujours rebondir sur l’idée de quelqu’un. On privilégie la quantité d’idées et on réveille la part d’enfant qui sommeille en soi pour partager ses suggestions farfelues sans avoir peur du regard des autres. On prévoit donc un paper board où l’animateur, interne ou externe à l’entreprise, notera toutes les idées du groupe, même celles qui semblent irréalisables, trop onéreuses, ou déjà faites par le passé…

Définir une trame

Le déroulé d’une séance de créativité reste souvent le même : on présente le sujet, on donne les règles de la séance, on fait un petit jeu pour briser la glace, puis on purge les idées standards des uns et des autres. Ensuite, on passe à une phase divergente à l’aide de divers outils (mind mapping, brainstorming, analogie, méthode inverse…). Il s’agit de s’éloigner de la réalité de la problématique de départ pour libérer la créativité de chacun. Les outils sont à choisir en fonction de son objectif et de son groupe. Pour trouver un nouveau produit, par exemple, on peut utiliser la méthode inverse. On prend alors l’opposé de la problématique réelle pour trouver une solution. « Comment pourrait-on créer un jeu dangereux ? » On s’appuiera ensuite sur ces idées pour répondre à la problématique réelle : « comment créer un jeu sécurisé ? ».

On peut aussi recourir à la méthode analogique. Elle consiste à faire un parallèle avec un autre domaine. Par exemple, pour trouver un nouveau concept d’hôtel, on peut se demander comment dorment les animaux. Puis, pendant la phase convergente on revient à la thématique réelle.
Yaël Hanouna-Gabison s’appuie pour sa part sur son expérience de scénariste pour aborder le workshop de manière narrative. Elle élabore un scénario autour d’un sujet, en proposant d’adapter le point de vue (cible, concurrent…) selon l’objectif défini en amont. « Pour savoir comment vendre et présenter un nouveau produit par exemple, j’invite le groupe à se mettre dans la peau d’un vendeur, dans sa boutique, qui doit vendre cet objet à Louis XIV ou à un martien. Je leur demande d’imaginer comment s’y prendre. On gomme ainsi la réalité et on revient au bénéfice réel du produit. On parle plus simplement, sans jargon. La créativité, c’est une bonne manière de replonger les gens dans leur vérité brute », explique l’experte. Chacun écrit individuellement ou en groupe son histoire et la joue. Lors d’une seconde séance, ces histoires sont traduites en plan d’action pour la vraie cible et le vrai produit. Quelle que soit les méthodes retenues, à la fin de la séance chaque idée en lien avec la problématique réelle se matérialise sur une fiche avec un titre, un schéma… « Quand on passe de la phase divergente à la phase convergente, on voit apparaître des idées vraiment innovantes. Il y a un effet waouh ! Les personnes sont parfois sceptiques au début, mais il y a beaucoup de résultats », reconnait Médéric Gillet.

Bien animer

L’animateur doit faire passer la parole à chacun, relancer, poser des questions, amener à rentrer dans le détail pour faire fructifier les raisonnements et les idées. Il crée une véritable dynamique de groupe. « Il ne faut être trop maîtresse d’école quand on anime une séance. Et en même temps, parfois ça donne envie à certains participants de se rebeller donc c’est profitable ! Je leur dis de me parler comme si j’avais 12 ans, comme si je ne comprenais pas. Mon objectif c’est de les pousser à éviter la langue de bois, à retirer les mots professionnels. J’ose et ça permet au groupe de faire de même sans peur du jugement ! », confie Yaël Hanouna-Gabison.

Montrer les résultats

A l’issue des séances de créativité, l’animateur récupère les nombreuses fiches idées. Il applique les filtres de l’entreprise (ressources, faisabilité…) et en retient quelques-unes. Il peut y ajouter des pistes stratégiques, un argumentaire, des recommandations et en discute ensuite avec le décideur.
« Le workshop de créativité est une technique puissante pour faire sortir des choses. Les détours amènent à des résultats que ne permet pas la ligne droite », conclut Yaël Hanouna-Gabison.

 

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