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Le vêtement: outil de persuasion ou de séduction?

12.01.2016

Dans cette tribune, Muriel de Saint Sauveur, fait l’éloge du vêtement féminin, à la fois outil d’affirmation de soi et attribut de la femme libre pour celles qui savent en jouer.

Le pantalon fut longtemps l’attribut des barbares, des hommes issus des milieux populaires, pour devenir celui des sans-culottes, puis pour incarner l’ordre bourgeois au milieu du XIXème siècle date à laquelle les hommes abandonnèrent aux femmes les couleurs et les ornements. Les pionnières américaines se sont emparés de ces codes masculins pour démontrer leurs compétences et c’est Yves Saint Laurent qui crée le premier pantalon à pinces élégant pour les femmes qui voient dès lors, dans le port de ce nouveau vêtement, un objet de liberté. C’est désormais l’uniforme de la femme active comme nous le dit Christine Bard dans son livre « Histoire du Pantalon* ». De même dans certaines banlieues porter un pantalon est un passage obligé si l’on ne veut pas d’ennuis avec les garçons. Mais dans mon école privée, le port du pantalon était encore interdit en 1970 et le fut jusqu’aux années 90. Le pantalon nous était autorisé sous une jupe durant les mois les plus froids, une mode qui nous horrifiait, mes amies et moi, mais que Jean-Paul Gaultier reprit plus tard à son compte.

La jupe quant à elle semble aujourd’hui être un instrument subversif ce qui n’est pas sans une certaine ironie ! Car toujours selon Christine Bard*, la jupe s’est longtemps confondue avec la robe et a désigné un vêtement de femme comme d’homme. La distinction des sexes par les vêtements a été très tardive et effectue de nouveau un total revirement selon les normes de la mode et des vêtements unisexe que l’on voit fleurir chez les grands couturiers.

Désormais, pour celles qui en ont la possibilité, les femmes veulent s’habiller comme elles l’entendent et si en 2015 les algériennes sont sorties dans la rue en montrant leur jambe afin de rappeler que la dignité ne se définissait pas à travers la longueur d’un vêtement, c’est bien que les femmes devenues des êtres autonomes doivent avoir le droit de s’habiller comme elles l’entendent. Mais le vêtement, s’il consistait à couvrir le corps au début de notre ère, puis à transmettre des valeurs, des codes et des positions sociales, est désormais un outil. De revendication, de séduction, de persuasion, d’image professionnelle ou sociale que les femmes doivent apprendre à savoir utiliser, comme toute compétence.

Parlons-nous de séduction que, immédiatement les féministes pures et dures nous renvoient à l’âge de pierre. Elles ont toujours eu du mal avec la séduction, comme nous le dit Nancy Houston* « Reflets dans l’œil d’un homme », qui nous avertit encore en 2009 de notre relation aux diktats de la mode et de notre soumission que cela implique. Les Grecs* apparentent la séduction au fait de charmer, c’est un processus d’une personne sur une autre qui consiste à convaincre l’autre en le persuadant. Persuasion et séduction s’entrecroisent ainsi de manière complexe. Alors comment savoir, et comment faire pour les femmes d’aujourd’hui. Les femmes qui en France peuvent se faire siffler pour avoir porté une robe à fleurs, ou bien au contraire décident de monter sur scène recevoir un trophée de la femme performante en ayant choisi la petite robe noire très très courte destinée aux diners en amoureux ? Comment faire lorsqu’il faut courir pour emmener les enfants à l’école, prendre le métro sans se faire harceler et courir retrouver son mari le soir, quand enfin on arrive à faire tout cela ? Oui comment faire et comment ne pas se jeter sur un pantalon noir, et ses bottines pour ne plus se poser de question.

Choisir son vêtement est pour une femme qui travaille un acte de communication. Lorsque l’on sait que l’impact d’un discours passe à 93% par le corps et la voix, et donc par le physique, il serait judicieux de passer plus de temps à choisir ce vêtement selon les jours et les rendez-vous. Persuasion, séduction, communication, élégance, différenciation sont autant de sujets qui doivent nous donner à réfléchir la veille de nos rendez-vous. Certes, nous n’avons pas toujours le temps. Et pourtant c’est bien et toujours la première image que nous donnons qui aura un impact sur la suite..

Le vêtement fait partie de la vie professionnelle des femmes et c’est une personnalité qui va se découvrir dans le choix d’une paire de chaussures originale portée avec un vêtement classique, ou d’une couleur que l’on sait significative dans le pays ou vous allez négocier. On peut prendre un adversaire par surprise en le déstabilisant par son choix vestimentaire ou au contraire se faire oublier dans d’autres circonstances. Porter le vêtement du pays dans lequel on se trouve peut vous ouvrir bien des portes, à l’inverse oublier ou l’on est peut vous en fermer rapidement.

Dans tous les cas, c’est un choix qui peut s’avérer déterminant et en user et en abuser n’est pas interdit, au contraire. Soyons coquette, sachons utiliser ce vêtement – jupe comme pantalon, soyons femme ou homme selon les circonstances, élégante ou simple, raffinée ou modeste, sportive ou femme fatale, à nous de choisir selon les circonstances. Ne nous privons pas de ce bonheur qui est désormais à la portée de toutes les bourses mais pas encore de tous les pays. Alors pour celles qui ne peuvent pas choisir, ne refusons pas notre coquetterie nous qui pouvons le faire. Et n’oublions pas que toutes les femmes libres, indépendantes et célèbres de notre histoire n’ont jamais boudé ce plaisir.

*»Une histoire politique du pantalon » par Christine Bard. Clio femmes. 2012
* » Ce que soulève la jupe. Identités, transgressions, résistances ». Par Christine Bard. Paris Autrement 2010.
* »Reflets dans l’œil d’un homme » par Nancy Houston.

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