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#JamaisSansElles: le sens d’un engagement

25.10.2016

S’engager pour plus de femmes dans le numérique, s’interdire d’assister à des réunions où la gente féminine n’est pas représentée, tel est l’engagement de Guy Matou-Many, cofondateur de #JamaisSansElles, un mouvement né en octobre 2015 qui a depuis fait le tour du web. Il explique le sens de sa démarche ici.

Il y a un an, le 27 octobre 2015, l’Elysée organisait la conférence numérique franco-allemande au cours de laquelle le président français et la chancelière allemande plaidaient pour une coopération renforcée entre leurs deux pays pour permettre à l’Europe d’être “à l’avant-garde” de l’industrie du futur.

Une table-ronde avait été organisée juste après leur échange d’allocutions. Un tweet de Natacha Quester- Sémeon m’a soudainement fait prendre conscience de l’incongruité de la situation. La table-ronde était composée exclusivement d’hommes : 100% masculine. Cette évidence s’est imposée à moi dans toute sa singularité. Elle est à l’origine de mon engagement #JamaisSansElles et la confirmation de mon engagement de longue date «pro femina».

J’étais tellement consterné par ce spectacle qui nous était servi sous les ors de la République sans que personne dans l’assistance apparemment ne s’émeuve de cette absence totale de mixité que je me suis dit qu’il fallait faire cesser sans délais ce qui, de mon point de vue, s’apparentait à une mascarade de débat et qui, dans le cas d’espèce, dégradait l’image de la présidence.

C’est dans ces circonstances que j’ai pris, en mon for intérieur, la résolution suivante que j’ai aussitôt postée sur les réseaux sociaux pour donner à mon engagement la publicité qui, sinon, la rendait inaudible du moins rendait son efficacité problématique: « A partir de maintenant, je vérifierai les participants aux tables rondes et refuserai toute participation s’il n’y a pas de femmes ».

Ce tweet, d’apparence anodine, a fait depuis le tour du web. Il a rencontré un vif succès, notamment auprès de la gent masculine du numérique qui, sous couvert du hashtag #JamaisSansElles, voit son engagement à ne plus participer à des tables rondes sans présence féminine non seulement reconnu mais prendre un sens que personne n’avait anticipé.

Ces hommes, regroupés avec un comité féminin dans l’association JamaisSansElles que je co-préside avec Tatiana F Salomon se reconnaissent tous autant qu’ils sont dans la charte #JamaisSansElles et partagent cette conviction que les femmes ont toute leur place dans la société des hommes, tout particulièrement au sein du numérique.

Ils ont désormais la possibilité d’agir avec efficacité sur la toile comme dans la société pour que la mixité progresse concrètement et que les femmes parviennent – sans qu’il soit pour autant besoin de lois et encore moins de quotas qui les dévalorisent-, à trouver leur vraie place dans le monde numérique, encore souvent perçu comme réservé aux hommes.

Témoigne du succès de l’appel #JamaisSansElles qui ne tient pas au seul poids des hommes qui l’ont lancé, mais sans doute à ce qu’il n’est pas perçu comme une revendication féminine, ce tweet de Silvano Sansoni, VP Sales d’IBM, daté du 11 octobre dernier : « les femmes doivent oser les filières #numeriques. Non pour prendre la place des hommes, mais la place qu’elles méritent .#JamaisSansElles »

Je partage totalement cette idée avec Silvano selon laquelle le numérique est une formidable opportunité de rééquilibrage pour la diversité en général et la mixité en particulier. S’il fait évoluer la place des femmes, il fait aussi évoluer la place des hommes, et c’est heureux.

Nous sommes en effet dans un secteur où les femmes ne sont pas assez présentes  pour toutes sortes de raisons. Les jeunes filles ne choisissent pas ces carrières du numérique, notamment parce que des idées reçues les en dissuadent.

Ce qui personnellement me rend optimiste quant aux changements escomptés des mentalités dans notre pays s’agissant de l’équilibre hommes-femmes à trouver au sein de nos professions, c’est l’évolution du numérique lui-même dont l’empreinte dans nos existence est de plus en plus forte.

Le numérique nous conduit inéluctablement vers un changement de société, introduit dans nos organisations un rythme et une durée de travail qui n’auront que peu de chose à voir avec ce que nous connaissons. La révolution du télétravail n’a pas encore été faite. Les codes sont en train de changer. De nouvelles formes de travail collaboratif restent encore à inventer.

Toutes ces « ruptures », actuelles et à venir, vont permettre à la diversité de s’exercer. Elles requièrent plus d’ouverture d’esprit, plus d’organisation, moins de « présentéisme », toutes caractéristiques qui devraient plaire à la population féminine (mais aussi masculine) et, surtout, assurer aux femmes la place qui leur revient dans l’édification du monde de demain.

Encore faut-il pour qu’elles puissent prendre une part active à la transformation numérique en cours et pouvoir influer sur les changements économique et sociaux qui se dessinent, qu’elles représentent une proportion plus importante des emplois du secteur, ce qui ne dépend pas que de nous, les hommes.

Les femmes doivent faire la découverte à leur tour de tout le potentiel que recèle le numérique. Elles doivent se rendre compte par elles-mêmes qu’il est une source de créativité et d’inspiration bien éloignée des clichés qui ont pu les tenir éloignées du secteur

C’est tout le sens de mon engagement à leur côté.

Ils nous font confiance