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La Tech, nouveau bastion du machisme ?

06.09.2017

Le poids des mots, le choc des photos ! Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment et interrogent cette absence totale de femmes. Un tableau qui fleure bon le machisme et vire à la caricature.

 

source: Capital, Août 2017

Où sont les femmes ?

Où sont les femmes dans ce palmarès de start-ups ? Ne sont-elles pas assez visibles ? Céline Lazorthes ( Leetchi, MangoPay), Bénédicte de Raphelis Soissan ( Clustree) , Rachel Delacour (BIME), Julia Bijaoui (Frichti), Rania Belkahi (Afrimarket). Ne sont-elles pas la preuve vivante que l’on peut être une femme et réussir dans la Tech ? Que doivent-elles faire pour avoir enfin une place sur la photo ? La Tech serait-elle le nouveau bastion du machisme ? Il est vrai que nous en avons eu une démonstration assez éloquente cet été avec James Damore. Cet ingénieur chez Google, tout juste sorti de Harvard a défrayé la chronique avec son memo dans lequel il tentait de justifier le peu de femmes à des positions de Leadership dans la Tech du fait de leur soi-disant « faible résistance au stress » ! On croit rêver en lisant ces lignes quand on sait que les femmes sont les reines du multi-tasking et jonglent en permanence entre leurs vies professionnelle et familiale !

Conquérantes : elles le sont !

Elles conquièrent des secteurs comme les biotech, les medtech, les fintech etc… et ont la volonté, elles aussi, de conquérir le monde comme elles l’ont notamment prouvé lors de l’appel à candidatures pour le Business O Féminin award. Ce prix, que j’ai lancé en 2017, visait justement à récompenser une start-up à visée internationale fondée ou cofondée par une femme. Nous avons reçu pour cette première édition plus de 110 candidatures en deux mois et demi. Certaines de ces start-ups ont réalisé des levées de fonds de 70 millions de dollars. Preuve, s’il en est, que ces femmes sont des conquérantes ! Il conviendrait que les médias reflètent cette réalité et cessent d’entretenir ce phénomène de « boys club ». Cela ne fait que renforcer les stéréotypes de genre, en plus de dissuader les jeunes femmes de s’orienter vers les métiers du digital.

Un enjeu sociétal

Les femmes se sont toujours battues pour exister dans la sphère publique. Elles ont depuis quelques années, heureusement, un peu plus droit de cité mais semblent néanmoins de plus en plus isolées dans des secteurs qui représentent le futur : elles ne représentent que 29,8% des effectifs de la French Tech, et 8% seulement des entrepreneurs de la Tech. Par ailleurs, elles réalisent des levées de fonds de 1,8 million d’euros en moyenne contre 3,5 millions d’euros* pour les hommes ! Si ces chiffres sont aussi structurels (moins de 11% d’étudiantes dans ces secteurs, 5% de femmes dans les sociétés de capital-risque (VC)), ils n’en sont pas moins préoccupants. En effet, si les femmes ne participent pas pleinement à cette quatrième révolution technologique, elles courent le risque d’être marginalisées dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle ou la robotique. Penser le futur doit donc nécessairement impliquer hommes et femmes afin de ne pas reproduire une domination qui deviendra cette fois-ci technologique.

Inspirer la jeune génération de femmes

Selon un sondage CSA/Terrafemina, 69 % des femmes âgées de 18 à 24 ans se déclarent ouvertement « ambitieuses ». Il faut donc encourager ces jeunes femmes, leur donner envie d’entreprendre ou simplement de réaliser leur potentiel. Dans cette conquête du digital par les femmes, les médias ont encore une fois un rôle clé à jouer : celui de mettre en avant ces nouveaux « rôles modèles » aux côtés des hommes, sans les  singulariser ce qui in fine, ne fait que renforcer les stéréotypes !

@veroniqueforge

Fondatrice de Business O Féminin

* Etude KPMG/StartHer

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