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Je crois en toi

07.03.2017

Et si on commençait par croire en soi, tel est le message de Caroline Bongrand en cette journée internationale des droits des femmes. A lire de toute urgence.

Les femmes se divisent en deux grandes catégories. Les femmes qui croient en elles mêmes tôt et celles pour lesquelles avoir confiance en elles participe d’un long chemin, d’une conquête, constituant un défi, parfois même, une impossibilité. La première catégorie a une chance folle. Dès le début, parce que cela leur a été instillé des l’enfance, elles se savent capables, pleines de compétences, d’intelligence. Rien ne leur est impossible, pour peu qu’elles parviennent à l’organiser. Bien sûr, il faut des efforts, de la ténacité, du courage. Quelles routes sont faciles ? Toutes tracées ? Mais le socle est là, et c’est un sol en béton armé. L’échec ne les ébranle pas ou peu, elles avancent. Et si le chemin bloque, elles prennent un itinéraire alternatif, pleines de confiance en tout : en la vie, en demain, en leur capacité de construire, en leur capacité d’avoir une prise sur les choses et sur leur existence.

J’ai rencontré de très nombreuses femmes qui répondent à ce profil, et cela fait plaisir à voir. Elles font tomber les barrières, se hissent, tiennent tête, elles sont convaincantes car convaincues. Qui leur a donné confiance ? Une mère bienveillante, un père aussi évidemment, une grand-mère, un grand-père, une tante. Cette force s’est construite jour après jour, à travers des regards admiratifs, de la confiance témoignée, des échanges, de la valorisation constante. Ces femmes là avancent, « naturellement ».

Parlons maintenant de la deuxième catégorie. Il est évidemment extrêmement difficile pour les premières d’imaginer ou de ressentir au plus profond d’elles-mêmes ce que vivent les secondes. Ont-elles été chacune perçue dans l’enfance ou l’adolescence comme une rivale, un danger, une contrariété ou un poids par leur mère? Ont-elles grandi dans un environnement dans lequel la femme est assignée à une place bien définie et ne doit pas en sortir, sous peine de ne jamais trouver sa place -avertissement et asservissement répété – à l’extérieur de ces règles établies ? Cet « entourage » a-t-il de manière régulière ou, plus cruel, de manière systématique, critiqué leur choix, moqué leurs rêves, déconstruit leurs arguments ? Ont-elles été d’une manière ou d’une autre malmenées ? Et il suffit parfois d’un adulte leur répétant « tais-toi » à chaque prise de parole pour s’être senties, juste après la peine, comme écrasées, pas à la hauteur de quoi que ce soit. Ces femmes, diminuées, sont extrêmement nombreuses. C’est un carnage. Il ne s’agit pas d’accabler qui que ce soit ici, mais de lever le voile sur une réalité. En cette journée de la femme, j’ai envie d’adresser un mot à ces femmes pour les aider à relever la tête et à y croire et à se battre.

Il y a très longtemps, j’ai lu cette phrase: lorsqu’on dit à quelqu’un qu’il est stupide, on tue des cellules dans son cerveau. A l’inverse, lorsqu’on encourage les femmes qui ne croient pas en elles, on répare, on recrée. Femmes brillantes, vous avez donc aujourd’hui deux missions. La toute première, essentielle, consiste à faire savoir ce que vous avez réussi et comment vous y êtes parvenues, c’est l’exemplarité, ce que l’on appelle être un « role-model ». Que vous y soyez arrivée donne de l’espoir à toutes, cela crée la possibilité de se projeter soi-même, particulièrement pour les jeunes filles en devenir, puisque vous en constituez le précédent incontestable. L’autre mission est de tendre la main à ces femmes. Vous engager auprès d’elles, les aider à se « reprogrammer » face à ces croyances ancrées en elles parce que reçues jour après jour d’une enfance ou d’une adolescence pas forcément malheureuse, mais finalement dévastatrice. Je connais l’une de ces femmes. Je l’ai entendu me dire mille fois « mais non, je n’en suis pas capable, je ne vais même pas essayer. Je ne suis pas assez intelligente pour ça, je n’y arriverai pas. » Notre rôle de femme n’est pas seulement de réussir nos vies mais de sortir ces femmes de cet enterrement du meilleur d’elles mêmes. Croire en soi est la chose la plus essentielle et pourtant la plus fragile. Cela détermine une existence. Il suffit parfois d’une seule personne, d’un seul sourire, d’une seule conversation pour changer une vie. On s’accroche à cela en se disant « cette femme là, elle a cru en moi, elle a vu quelque chose en moi ».

Soyons unies, dans la diversité de nos parcours, soyons unies, parce que c’est cela, et seulement cela, la réussite de la femme : la réussite de toutes les femmes. Vous le savez bien : il faut s’être conquis soi-même avant de conquérir le monde. Offrons leur cette chance, dès que nous le pouvons. Incarnons l’avenir, prenons la parole, pour elles, animons ce réseau humain féminin de cette générosité-là. Les femmes ont terriblement besoin des femmes. C’est ainsi que nous changerons véritablement le monde.

Ils nous font confiance