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Yoelle Maarek : “On peut être meilleur que les hommes, on a d’autres atouts”.

03.12.2015

La directrice de Yahoo Israël et inde, présentée comme l’une des femmes ingénieures les plus puissantes au monde. D’un naturel très discret, la pionnière du web est pourtant propulsée malgré elle en tête des archétypes féminins du leadership.

Yoelle Maarek affiche un CV impeccable. A 46 ans, cette mère de famille de trois enfants s’est hissée à la troisième place des femmes israéliennes ingénieures les plus puissantes au monde. Après avoir décroché son diplôme à l’université de Technion – un haut lieu de l’enseignement technologique-, elle fonde Google Israël. Aujourd’hui, la geekette (monomaniaque d’informatique) prend les rênes en Israël de la société concurrente. Vice-presidente de Yahoo, elle dirige désormais le pionnier du web déchu Yahoo Research, un laboratoire de recherche dédié aux nouvelles opportunités technologiques. Femme dans un monde d’hommes, comment l’incontournable de la startup a-t- elle imposé sa pate dans ce milieu très fermé ? Portrait d’une trajectoire atypique et fulgurante, qui ne doit rien au hasard.

Des patronnes de l’informatique, on en connait assez peu. Pourtant, Yoelle Maarek est une de celles qui en a écrit l’histoire. De l’Ecole des Ponts et Chaussées en passant par un DEA d’informatique à l’université Pierre et Marie Curie jusqu’ à sa thèse au technion, la Franco- israélienne a un intérêt prononcé pour les sciences et les mathématiques. Et sa scolarité de surdouée ne l’empêche pas de turbiner à 100 à l’heure. Mais, c’est à New-York, au département des sciences de l’informatique à la prestigieuse université de Columbia que tout commence pour la pionnière du net. Là- bas, la trilingue Français-Anglais- Hébreu y découvre les engins de recherche et y consacre sa thèse. C’était en 1985. A l’époque, Internet n’en était qu’à ses débuts et commençait lentement à se démocratiser aux Etats-Unis.

De Paris à Haïfa, l’exil israélien
“Ce n’était pas une prophétie, je ne savais pas qu’il y allait avoir Google mais c’était juste un domaine qui me fascinait” explique-t-elle. Et très vite, tout s’enchaine. En 1989, l’ingénieure devenue poids lourd de l’économie internet est engagée à la division de recherche d’IBM à New York où elle met au point le premier engin de recherche et monte rapidement tous les échelons. En 1993, elle est choisie pour diriger une division de recherche IBM à Haïfa, surnommée la sillicon valey israélienne. D’une superficie comparable à celle de la Bretagne, le pays dispose pourtant de la plus grande concentration de startups par habitant au monde, ainsi que de sociétés étrangères côtées au NASDAQ, pour une valeur totale de plus de 40 milliards de dollars. Avec plus de 250 multinationales disposant des centres de recherche et développement sur le territoire, Israël porte haut son titre de “Start-up Nation”. Après un travail de fourmi et un emploi du temps quasi présidentiel partagé entre Israël et les Etats-Unis, elle s’entoure d’une équipe de presque 100 personnes. Approchée en 2006 par Google, le titan du web lui propose une offre qu’elle ne peut pas décliner. Elle devient, alors, la première ingénieure en Israël et se consacre au développement informatique. Elle participe à la création des produits phares de la société comme Google suggest, une fonction permettant d’affiner une recherche par suggestions « intelligentes ». Aujourd’hui, elle dirige l’incubateur d’entreprises Yahoo où elle travaille sur des projets comme Yahoo Weather ou New diggest APP.

Femme dans un monde d’hommes
Pourtant, le cliché qui attribue les sciences humaines aux femmes et les sciences techniques aux hommes reste vivace. ” Je me bas en Israël pour avoir plus de jeunes filles qui à 15 ans, à l’âge de la seconde peuvent choisir si elles veulent faire des études scientifiques. Faire des études scientifiques ce n’est pas cool”, dit-elle. Car, le secteur informatique ne compte pas assez de femmes et les clichés ont la vie dure. Selon une étude de Crunchbase publiée en mai dernier, seules 18% des start-ups aux Etats-Unis (16% à San Francisco) sont dirigées par une femme. Mais être une femme peut aussi constituer un avantage pour l’ingénieure. Ses conseils ? “Rester persévérante. ” Si on continue à être bon et à travailler pour soi-même, le succès arrive et peut être plus durable que ceux des hommes” confie-t-elle. Une chose est sûre, Yoelle Maarek a de quoi faire bouger les ligne et inspirer les femmes de la génération slash.

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