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Viviane de Beaufort nous parle de la génération startuppeuse

13.03.2017

Comment changent-elles la donne ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment appréhendent-elles le risque ? Comment veulent-elles changer le monde ? Autant de questions auxquelles Viviane de Beaufort répond dans son nouveau livre: Génération Startuppeuse, une nouvelle ère (Ed Eyrolles) . Rencontre.

Vous venez de publier « Génération startuppeuses » et nous parler dans votre livre d’une manière d’entreprendre de cette génération y et Z, en quoi changent-elles la donne ? 

Je n’avais pas l’intention d’écrire sur ce thème car si c’est un sujet d’engagement, çà n’est pas mon expertise. Mais depuis 2008 je réfléchis et ai publié sur le rapport des femmes à l’ambition et tout particulièrement sur les freins moteurs à l’entrepreneuriat, notamment dans le cadre d’Entreprendre Au Féminin- ESSEC.

J’ai vu arriver la génération #startuppeuse sur les bancs de l’ESSEC et ailleurs et, sur les réseaux sociaux. Les proportions se sont inversées entre un poste dans les grandes entreprises ou un cabinet de consulting, ils/elles sont 40% à vouloir entreprendre. Au-delà de leurs différences, on retrouve des éléments communs qui font qu’on peut évoquer « une génération ». Ces jeunes filles/ femmes ont dépassé les freins moteurs que ma génération pouvait avoir sur l’approche du risque, le rapport à l’argent, le fait d’accepter de l’aide. Elles entreprennent autrement avec une audace évidente, de la plasticité. j’ai eu envie d’en parler, de les valoriser et de délivrer le message suivant; soutenons –les !.C’est un livre de transmission, dédié à ma fille unique et toutes mes filles génériques et celles devenues mes amies (car être Y c’est dans la tête) bref à celles qui osent dont vous !

Quelles sont leurs valeurs ?

Eduquées dans l’idée d’Egalité et de réalisation personnelle par le travail, elles ont souvent vu leurs parents souffrir dans les grandes structures … Créer une entreprise est pour elles désormais quasiment un acte politique ! Elles créent pour être libre et « for doing good »car elles sont très lucides sur l’état du monde et les risques sociaux, politiques, environnementaux. Leur projet s’insère souvent au cœur de leur vie personnelle, et elles entrainent leur compagnon, leur famille dans l’aventure, au point que je me demande s’il n’y a pas une nouvelle génération d’entreprises qui émerge, créées par la GENY et auxquelles les parents participent, plutôt que des entreprises reçues en héritage.

Voyageuses, c’est la génération ERASMUS, elles sont citoyennes du monde, très ouvertes et jouent collectif, c’est peut-être le plus frappant chez elles: le partage créée de la valeur ajoutée et de l’innovation. Et puis ayant le mode du digital à portée de main, elles en utilisent les outils très largement mais sans se laisser noyer. Elles gèrent bien mieux que la génération d’avant la TECH.

Cette génération a moins de tabou quant à l’ambition féminine, elles osent ?

Oui, elles sont les « filles de » mères (parents) leur ayant construit un capital confiance plus important que celui qu’on avait nous. Ce sont les enfants reines, çà aide et l’éducation est plus égalitaire entre garçon et fille.

Mais ce qui me frappe le plus, c’est qu’elles sont souvent engagées, or l’engagement vous fait vous dépasser, donc dépasser vos blocages personnels inclus ceux sur l’ambition. Lorsqu’on est dans l’ambition de faire, il y a moins de barrières. Elles se donnent davantage les moyens et pas seulement financiers, sachant que sur cela il y a une lucidité évidente : elles structurent leur démarche en et posent clairement des étapes : fonds propres, love money, crowdfunding, BA, crowdequity. Et envisagent chaque fois, l’hypothèse d’un échec, ce qui les rend moins anxieuse car aptes à rebondir “in case” sur un raté et faire le double salto arrière.  Et puis lorsqu’elles ne savent pas, plutôt que se trouver nulles et demeurer bloquées, elles demandent carrément sur Facebook, à leur communauté…. Elles vont chercher l’autre, elles s’associent (souvent en mixte d’ailleurs). Elles ont d’ailleurs, un sens inné du réseau, une vraie sociabilité humaine (IRL). Elles arrivent à capter des bénévoles  qui viennent aider et, plus tard, les salariés sont membres de l’équipage.

Quels sont les freins restants?

Ils sont plus subtils à percevoir, mais il y en a encore notamment sur le rapport à l’argent et sur l’échec. Quant au premier, si elles relativisent l’échec et le définissent plutôt comme une expérience, et tant mieux ; sur le moment elles peuvent être entamées, détruites car elles sont dans l’affect. Leur projet c’est elle, elle le porte comme un enfant, il y a de la fragilité. Quant au second, il est clair que même si la montée en puissance financière est mieux construite, il y a des étapes difficiles lorsqu’il s’agit d’ouvrir le capital donc de risquer la perte de contrôle du projet. Elles y sont donc souvent réticentes et parfois peuvent louper les opportunités de croissance. Elles ont donc besoin d’être accompagnées sur ces aspects clés et dans leur stratégie. Comme évoqué, l’affect prend une dimension forte. La bienveillance est aussi importante que l’expertise dans l’accompagnement.

C’est la raison pour laquelle vous créez un Club pour aider ces start-ups à faire grandir leurs projets, en quoi va -t-il consister ? 

Oui. Un peu effondrée par l’immense besoin d’accompagnement – à moi seule j’en coache 12 – je cherchais un moyen de jouer collectif et d’utiliser le digital pour répondre à leur demande de soutien. Car, les startuppeuses se plaignent souvent alors même que les incubateurs pullulent que nombre d’accompagnateurs n’ont pas compris leur génération, qu’on leur demande d’avoir fait leur preuves avant même d’avoir commencé, qu’ils ne comprennent pas la puissance des outils du digital, ni l’usage des réseaux sociaux pour la communication, etc. Je lance donc un club virtuel à partir de la plate-forme d’évaluation WIRATE.

Il ne s’agit en aucun cas de se substituer aux formations, incubateurs, formations, existantes. C’est un « plus » Wirate permet à des experts ou des personnes qui en ont envie, vous ou moi, d’évaluer des projets de startups. Le concept est génial : une note collective (crowdrating) émerge qui permet à une startup de savoir comment son projet est ressenti et ses points forts et faibles. Dans une phase 2 on peut procéder à une évaluation plus détaillée avec des questions et une prise de contact.

Au sein du club « Génération Startuppeuse and WO/MEN experts en utilisant le concept et la technologie WIRATE, je voudrais aller plus loin et faire en sorte que des experts au féminin (mais je ne refuse pas les hommes et j’ai déjà quelques experts- BA, avocats) apportent leur expertise ou leur écoute bienveillante aux startuppeuses. Chacune à sa mesure et selon son temps et sur le ou les projets qu’elle choisit. Les startuppeuses étant elles –mêmes expertes dans des domaines précis je renverse la perspective et leur propose d’être experte, à leur tour, afin qu’elles s’évaluent entre elles et s’épaulent. On sait que les filles ont du mal à s’exposer. Dans une communauté bienveillante –je vais faire très attention à cela, ce sera peut-être plus facile. Et puis, le virtuel c’est très pratique mais j’ai bien l’intention de faire quelques évènements où startuppeuses et expertes pourront se rencontrer.

Je le lance aujourd’hui. Il y a déjà 10 projets et plus de 30 experts alors que le club n’est pas encore ouvert . Je ne sais pas si ça va réussir, on teste, c’est l’esprit startup. Je l’ai attrapé aux cotés de ma propre fille qui m’associe à son projet @voyagir. En pleine campagne de crowdfunding sur Ulule ces semaines –ci, elle fait partie des inscrites sur le Club Génération Startuppeuse and WO/Men experts pour identifier comment est perçu son projet et avoir des conseils en stratégie.

Je compte sur l’intérêt du projet,car la bonne volonté est bienvenue mais un tel club c’est aussi des opportunités de contact, un sourcing pour les BA et des investisseurs, des clientes pour des avocats,etc. Je vais travailler avec les réseaux féminins où je suis bien implantée ; et si çà fonctionne quelques soutiens corporate. On verra tout ca avec l’équipe wirate en mode start up : jeu collectif et test.

@veroniqueforge

 

 

 

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