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Soazig Barthélemy : « Pour certaines, l’entrepreneuriat constitue l’unique chance de survie ! »

20.04.2017

En janvier dernier, le magazine Forbes l’a classée parmi les trente entrepreneurs sociaux qui comptent. Soazig Barthelemy pilote l’ONG Empow’Her visant à favoriser l’autonomisation économique et sociale des femmes dans plusieurs pays du monde. Discussion avec une entrepreneure engagée.

Quel est le principe d’Empow’Her?

Tout est dans le titre ! Empow’Her travaille sur l’indépendance des femmes, avec un fort focus sur la réussite entrepreneuriale. Il s’agit d’une ONG française aux activités réparties un peu partout dans le monde. Nous sommes actifs dans sept pays, dont la France, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Maroc ou encore le Niger. Empow’Her propose notamment du coaching, des formations aux femmes qui ont envie de se lancer, mais sont encore victimes de freins ou sont prisonnières de situations précaires. Pour certaines, l’activité entrepreneuriale, loin de leur apporter un bien-être économique ou social, constitue leur unique chance de survie.

J’en profite pour souligner que les femmes comptent pour 66% des actifs du secteur de l’économie sociale et solidaire mais n’en représentent qu’un tiers des entrepreneurs. Cela ne peut plus durer !

Comment est née l’idée de ce projet ?

Cette aventure est née lorsque j’étais encore étudiante. Les questions d’empowerment m’ont toujours intéressée. En master à l’ESCP, j’ai décidé d’organiser un projet d’études sur l’entrepreneuriat. Je suis alors partie en Asie, accompagnée d’un groupe d’amis, pendant six mois. J’y ai rencontré de nombreuses femmes. Certaines avaient énormément de force, de volonté, mais manquaient malheureusement d’outils, d’accompagnement. Or, c’est en libérant ce type de potentiel que l’on crée de la valeur ajoutée.

Du coup, après ce voyage, mes amis et moi avons créé Empow’Her. Nous étions début 2013. Au départ, nous étions tous impliqués bénévolement. Mais le projet a pris de l’ampleur. Si bien qu’en 2015, j’ai décidé de quitter mon emploi afin de prendre la direction d’Empow’Her.

A cette époque, vous travaillez en banque d’investissement… sur des sujets donc pas si éloignés que ceux d’Empow’Her.

Effectivement. Je me dédiais notamment aux financements d’infrastructures. Mais sur la forme, je suis passée d’un emploi salarié, à une aventure entrepreneuriale. Les codes ne sont pas les mêmes ! Depuis que je me consacre à Empow’Her, j’apprends à vitesse accélérée !

Quel est votre business model?

Je me suis penchée sur la question dès que j’ai fait le grand saut, en démissionnant de mon travail. Empow’Her compte une quinzaine de collaborateurs dans le monde. Nous avons à la fois des salariés, et des volontaires à l’international. Je dirais que nous fonctionnons avec le business model d’une ONG classique, basé entre autres sur les donations et le mécénat. Il faut savoir que, pour une ONG de taille moyenne, les ressources sont plus ou moins limitées. Mais nous réfléchissons à un autre business model. Nous planchons actuellement sur des sujets qui vont nous permettre d’avoir plus d’impact. Nous sommes notamment en train de créer des filières d’Empow’Her au Niger et en Côte d’Ivoire. Nous souhaitons par exemple créer des structures locales d’incubation qui devraient permettre de former des centaines de femmes. Ces établissements, dont les premiers ouvriront cette année, ne dépendront pas seulement de la charité et auront pour objectif d’être rentables à cinq ans. C’est du social business !

Qu’a changé le classement de Forbes pour Empower’Her ?

Ce fut la bonne nouvelle du début d’année ! Cela a permis de mettre l’ONG sous les projecteurs, de lui donner de la crédibilité.

 

@clairebauchart

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