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Sarah Ourahmoune invite les entreprises sur le ring

A 35 ans, Sarah Ourahmoune vient de raccrocher les gants de boxe après une longue carrière et un titre de vice-championne olympique à Rio. Aujourd’hui, la sportive met son expérience au profit des entreprises et développe un projet de gants connectés.

La boxe, des valeurs insoupçonnées

Si le sport a toujours fait partie de sa vie, sa rencontre avec la boxe s’est faite par hasard à Aubervilliers. « J’avais 15 ans et je voulais pratiquer une activité seule, car jusque là je faisais du sport avec le reste de la fratrie. Je suis rentrée dans un gymnase en pensant faire du taekwondo. A la base, je n’étais pas du tout attirée par la boxe anglaise, je trouvais cela débile de mettre des coups. Finalement, je suis tombée amoureuse de ce sport », se souvient-elle.

A travers la boxe, Sarah découvre un bon moyen de travailler la vitesse, le cardio et la souplesse, mais aussi de développer un esprit d’équipe qu’elle ne soupçonnait pas. « La collaboration est essentielle, tout comme la stratégie mentale pour se placer à la bonne distance, trouver le bon timing et percer les failles, un peu comme dans un jeu d’échec », poursuit la sportive. La boxe est également un précieux outil pour apprendre à gérer le stress et la colère, car la sérénité est essentielle sous peine de faire des erreurs et de se faire instantanément punir par l’adversaire. 

Un sport peu féminin il y a 20 ans

Lorsqu’elle débute la compétition en 1996, les femmes n’ont pas encore le droit de boxer en compétition. Il faudra attendre 1999 pour que soient organisés les premiers championnats de France que Sarah remporte, sans s’être pourtant imposé cet objectif. « L’idée était juste de prendre de l’expérience », explique-t-elle.

Peu à peu, une équipe de France se constitue, mais la boxe féminine reste encore très marginale. Les filles partent combattre dans des pays où les femmes sont davantage représentées, comme le Canada ou la Suède. « Nous étions l’équipe facile à battre, nous découvrions souvent notre entraîneur à l’aéroport, nous n’avions pas de kiné, pas d’équipe médicale », raconte la sportive. Avec le temps, la fédération française de boxe alloue de plus en plus de moyens aux femmes, en leur permettant par exemple de se faire rembourser leurs congés sans soldes lorsqu’elles partent en compétition. Les choses ont notamment changé lorsque la boxe féminine est devenue un sport olympique en 2012. « Et avec Rio, il y a eu une prime à la médaille et une mensualisation pour compenser les pertes de salaire », explique-t-elle.

Un virage à 190° en tant que mompreneur

En 2012, Sarah Ourahmoune rate de peu les qualifications pour Londres, et met prématurément un terme à sa carrière. Elle se lance alors dans deux nouveaux projets qui lui tiennent à cœur : une grossesse et une entreprise. Elle suit un séminaire à Sciences Po qui confirme son désir d’entreprendre, et intègre l’incubateur de l’école. « Le monde de l’entreprise et le sport de haut niveau ont de vraies similitudes », soutient-elle. Si au départ, le public s’étonne des liens possibles entre la boxe et le monde du travail, aujourd’hui, cette approche est très valorisée, la boxe étant devenue un sport « tendance ».

En 2013, la sportive lance donc Boxer Inside, avec pour objectif d’utiliser la boxe comme un outil de développement personnel en entreprise. « Avec ce sport, on travaille sa tête, son cœur et son corps. L’idée est de se sentir bien pour être ensuite à l’aise dans sa relation à l’autre. Lorsque les groupes se connaissent déjà, cela consolide les liens. Parfois, les gens se découvrent, et doivent apprendre à travailler en collaboration. L’un peut par exemple jouer le coach et l’autre le boxeur. Lorsqu’ils se retrouvent face à face, ils ont souvent peur de donner des coups à l’autre, même si l’on ne porte pas de coups au visage. Chacun doit apprendre à observer pour bien se placer et ne pas faire de mal à son partenaire », raconte Sarah.

Parallèlement, la sportive développe aussi un projet de gants connectés. L’idée ? Pouvoir s’entraîner seul à la maison grâce à une appli ou encore combattre d’autres boxers en ligne aux quatre coins du monde. Pour l’heure, ces gants sont au statut de prototype et sont présentés lors d’animations.

La médaille à Rio

En 2014, après avoir donné naissance à sa fille, Sarah nourrit le projet un peu fou de revenir à la compétition, et de se qualifier pour les Jeux de Rio. A l’époque, personne ne croit en elle et il n’existe pas de mode de garde adapté pour sa fille. « Du coup, j’arrivais toujours en retard aux séances car je mettais 1H pour faire le trajet entre la crèche et l’INSEP. Mais j’ai eu un entraîneur qui a tout fait pour m’aider en déplaçant les séances. Mon cas a permis de faire bouger les choses car de plus en plus de sportives veulent aussi concrétiser leur désir de maternité », soutient-elle.

A force de ténacité, Sarah retrouve peu à peu son niveau. Loin de la déposséder de ses moyens, la maternité s’est au contraire avérée être une force supplémentaire. « J’étais épanouie à tous les niveaux, et je prenais du plaisir à boxer. Je me disais que je devais tout donner aux entraînements car c’était du temps en moins avec ma famille. Ne pas avoir été dorlotée m’a encore plus donné la niaque », confie la boxeuse.

Pari réussi puisqu’après avoir décroché sa qualification in extremis pour Rio, Sarah remporte la médaille d’argent aux JO de Rio. « C’était un moment très fort. Je n’avais jamais osé espérer un tel titre à mes débuts, surtout que la boxe féminine n’était pas un sport olympique », affirme-t-elle.

Le sport, outil d’insertion

Jamais en panne d’énergie, Sarah Ourahmoune livre aussi d’autres combats. Elle honore ainsi une mission pour le gouvernement jusqu’à fin décembre, qui consiste à utiliser le sport comme outil de citoyenneté et d’insertion professionnelle. Elle a notamment développé un incubateur pour les associations sportives dans le 93. La jeune maman va également bientôt ouvrir une salle de boxe dans le 13ème  à Paris, et soutient la candidature de Paris pour les JO de 2024. Une candidature en laquelle elle croît farouchement. Les atouts de la capitale ? Un site compact, des lieux emblématiques et un réel besoin d’infrastructures dans les banlieues. Un projet que la puncheuse entend bien porter jusqu’au bout !

Crédit photo : Reebok

@Paojdo

 

 

 

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