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Sandra Rey : « Ce n’est pas tant le projet qui importe, mais la manière dont on l’exécute. »

04.04.2017

En 2013, à l’occasion d’un projet étudiant, Sandra Rey a une idée lumineuse : recourir à la bioluminescence, en d’autres termes la production naturelle de lumière par des bactéries, pour éclairer les espaces publics. Depuis, le projet, baptisé Glowee, s’est mué en une start-up prometteuse. Au point d’être classée, en juin 2016, par le MIT parmi les jeunes pousses les plus innovantes pilotées par des fondateurs de moins de 35 ans.

Comment avez-vous eu l’idée de Glowee?

Ce projet est né en 2013, lorsque j’étais étudiante en design. J’ai participé, avec d’autres camarades, à un concours. Au même moment, une réglementation visant à interdire l’éclairage des bâtiments publics la nuit est entrée en vigueur. Avec mes camarades, nous avons cherché à imaginer un système alternatif pour illuminer les vitrines des magasins. C’est ainsi que nous nous sommes focalisés sur les poissons, capables de générer de la lumière sans électricité. Nous avons commencé à songer à un système de lumière biologique ayant recours aux propriétés naturelles  d’organismes marins.

Vous n’êtes pas issue du monde scientifique. Comment avez-vous été accueillie par le milieu ?

Effectivement, je ne suis, à la base, pas scientifique. Ceci-dit, Glowee est désormais constituée d’une équipe de quinze personnes, dont dix chercheurs. Lorsque nous nous sommes lancés, nous avons été confrontés à deux types de réactions : ceux qui pensaient dès le départ que notre idée marcherait ; et les autres, un peu incrédules. Car notre manière de gérer la recherche scientifique est différente de la recherche fondamentale. En termes de business, nous réfléchissons de manière différente. Concrètement, notre stratégie de R et D est drivée par les produits que l’on imagine, les marchés… Bref, nos cahiers des charges sont différents.

Comment avez-vous convaincu vos investisseurs?

En tout, depuis notre lancement, nous avons réuni à peu près 1, 6 millions d’euros. L’année dernière, nous avons levé 700.000 euros en crowdfunding, que nous avons complété avec un financement de la BPI.

J’ai pu convaincre mes tous premiers investisseurs grâce à un pitch d’une minute ! Je pense que ce qui les a convaincu, c’est essentiellement notre ambition. Notre projet est très technologique, certes, mais existe déjà dans la nature. La bioluminescence ne demande qu’à être exploitée et déployée !

Quelle serait, selon vous, plus grosse erreur entrepreneuriale ?

Je pense qu’il est crucial de parler de son projet. Cela permet d’avoir des retours, de mieux appréhender le marché… Echanger avec le plus de personnes possibles est très important à mes yeux ! Or, beaucoup, par crainte de se voir déposséder de leurs idées, ont tendance à ne pas communiquer. Ce n’est pas tant le projet qui importe, mais la manière dont on l’exécute.

Une autre erreur, à mes yeux, est, lors d’un recrutement, d’attacher plus d’importance aux compétences qu’à l’humain. Certes, il est  important d’avoir des collaborateurs aux compétences complémentaires, mais il est nécessaire en premier lieu de s’entourer de personnes ayant la même structure de pensée que vous.

Quelles sont les prochaines échéances pour Glowee?

Aujourd’hui, nous sommes essentiellement dans une phase d’exécution. Notre contexte est plutôt favorable : le classement du MIT nous a donné une crédibilité supplémentaire. Nous devons maintenant montrer quels sont nos résultats à la fois en termes de R et D, et de produits. Par ailleurs, nos innovations restent encore freinées par la réglementation. Certains cas d’usage n’ont pas été pensés par la loi. La biotechnologie n’a pas toujours été intégrée aux réflexions. Mais il s’agit d’une vraie ressource, qui va permettre des tas de nouvelles choses. Notre but est de commercialiser une matière première bioluminescente. Nous discutons actuellement avec des énergéticiens, des promoteurs, des constructeurs de bâtiments…

@clairebauchart

 

 

 

 

 

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