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Marjolaine Grondin vous présente Jam, votre nouvel assistant personnel

Avec plus de 90 000 utilisateurs et un million d’euros levés, l’application Jam connaît un succès grandissant. Rencontre avec sa jeune co-fondatrice et CEO, Marjolaine Grondin.

Quel a été le fil conducteur de votre parcours avant le lancement de Jam ?

Marjolaine Grondin : Certainement mes expériences à l’étranger. J’ai passé mon bac à l’Île de la Réunion, puis j’ai enchaîné avec des études à Sciences Po Paris, et un an à l’université de Berkeley durant ma troisième année. J’ai alors commencé à m’intéresser à l’entrepreneuriat, au management, et j’ai étudié la sociologie, l’anthropologie, la culture etc… En rentrant, j’ai opté pour un master HEC/Sciences Po, et j’ai fait mon stage en Afrique du Sud. J’ai lancé Jam pendant ma dernière année d’études.

Comment vous est venue l’idée de cette application ?

Marjolaine Grondin : L’idée m’est venue de mon expérience d’étudiante. C’était toujours galère de trouver une soirée, un week-end, et même un appartement ou un stage, surtout à l’étranger. J’avais l’impression de passer à côté d’un foisonnement de lieux, de bons plans etc. Avec Loïc (co-fondateur, ndlr), qui est ingénieur, nous avons imaginé une plateforme collaborative sur laquelle les étudiants pourraient partager leurs bons plans. Puis nous avons opté pour un autre modèle : un assistant personnel avec qui l’on discute par SMS, toujours disponible, qui tutoie ses interlocuteurs, et propose des idées en fonction de leur demande.

Jam ne s’adresse qu’aux étudiants ?

Marjolaine Grondin : Notre concept ne se limite plus aux étudiants depuis peu, mais 90% de nos utilisateurs ont entre 18 et 30 ans.

Quel type de bons plans peut-on retrouver sur Jam ?

Marjolaine Grondin : On retrouve des idées autour du temps libre dans la vie quotidienne. Nous nous sommes rendus compte que les demandes type appartement, stage ou emploi n’allaient servir qu’une fois par an à une personne. Nous avons finalement opté pour quelque chose de plus léger qui pourrait servir tous les jours avec des idées de bars, restaurants, soirées, concerts, restos, films ou échappées le week-end.

C’est une appli qui utilise l’intelligence artificielle ? Comment avez-vous développé cette technologie ?

Marjolaine Grondin : L’intelligence artificielle, c’est à dire la faculté de l’appli à répondre aux demandes de chacun via des conversations, n’a pas été développée du jour au lendemain. Au début, nous répondions à chaque message et allions chercher du contenu. Puis nous avons sous-traité à des étudiants en freelance. Ces recherches et ces réponses ont permis de nourrir le système d’intelligence artificielle. Cela fait seulement quelques semaines que c’est l’intelligence artificielle qui répond intégralement aux utilisateurs. Nous avons une base de données suffisamment importante, mais c’est un pari, un saut dans le vide !

Comment est-ce que Jam connaît les goûts des utilisateurs ?

Marjolaine Grondin : Au fur et à mesure, en posant des questions sur le genre de sorties qu’ils aiment, et en observant et en analysant les clics des utilisateurs. Ils peuvent aussi nous dire s’ils aiment ou pas la proposition de sortie. Au fur et à mesure, Jam apprend les préférences des utilisateurs, vraiment comme s’il devenait ami avec eux.

Comment sont sélectionnés les lieux proposés ?

Marjolaine Grondin : Nous avons deux façons de faire. La première, c’est de proposer des lieux où nous sommes nous-mêmes allés, et que nous avons aimés. La seconde est d’utiliser des agrégateurs type Yelp, Google Places, la Fourchette… Nous utilisons un algorithme qui nous permet de ne jamais proposer des lieux notés moins de 8 sur 10. Nous avons un partenariat avec ces sites.

Quel est votre Business Model ?

Marjolaine Grondin : Nous réinventons le Business Model du média. Il s’agit d’un média, mais il est conversationnel. Nous n’avons pas de régie publicitaire, mais nous allons plutôt utiliser les conversations que nous avons avec les jeunes, pour aider les marques à comprendre ce qui se dit sur elles et sur leur industrie, qu’elles détectent mieux les tendances qui plaisent le plus aux jeunes.

Quelles difficultés et quels succès avez-vous rencontré ?

Marjolaine Grondin : La première difficulté a été de développer un produit qui ne correspond pas à un usage et à ce que les gens attendent ou imaginent. Lorsque nous avons lancé la plateforme collaborative, les gens n’avaient pas le réflexe de poster. Il a aussi été dur de lever des fonds, et dur de recruter. A l’inverse, lorsque nous avons affiné le produit et qu’il répondait à un marché et à un usage, les succès se sont enchaînés. Ainsi, nous avons levé des fonds 6 mois après être passés de la plateforme collaborative au modèle de l’assistant personnel. La boîte a été lancée en 2013 et le virage s’est produit en 2015. Nous avons levé des fonds auprès de Business Angels en 2014, ce qui nous a permis de nous rémunérer, puis un million en janvier 2016 auprès du fonds d’investissements ISAI.

Vous enseignez aussi à Sciences po : comment se passe cette expérience, car vous vous adressez à des étudiants qui ont presque votre âge ?

Marjolaine Grondin : C’est très enrichissant ! J’enseigne autour de la thématique de l’entrepreneuriat : qu’est-ce qui fait qu’un projet va décoller ? Qu’une problématique est bien ciblée ? Ou alors au contraire qu’un projet stagne, que les gens perdent leur motivation, ou dépensent trop de ressources ? Cela me rappelle les bonnes pratiques, les bonnes questions à se poser, les écueils à éviter.

Quels conseils donnez-vous aux étudiants qui ont envie de se lancer ?

Marjolaine Grondin : Je leur dis deux choses. Tout d’abord, de trouver un sujet pour lequel ils sont passionnés, et deuxièmement, d’imaginer avant de se lancer l’entreprise qu’ils ont envie de construire. Quelle taille ? Combien de salariés ? Quelle vitesse de croissance ? Quelles ambitions à l’international ? Tout ce que vous souhaitez, c’est que votre boîte réussisse, et il existe des milliers de façons de réussir. Il existe autant de boîtes que d’entrepreneurs !

Quels sont vos projets avec Jam ?

Marjolaine Grondin : Nous aimerions développer Jam dans au moins un pays par an. Et puis bien sûr, nous souhaitons proposer toujours plus de contenu et avoir encore davantage d’utilisateurs.

@Paojdo

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