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Nora Touré, fondatrice de women in 3D printing

10.01.2017

Cette jeune Française est business developer director et porte-parole de Sculpteo, start-up hexagonale spécialiste de l’impression 3D. Installée depuis 2013 dans la Silicon Valley où elle a ouvert le bureau américain de l’entreprise, Nora Touré a également créé Women in 3D printing, un groupe de femmes officiant dans son secteur. Echange avec une passionnée engagée !

Vous avez participé au dernier Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, en tant que Business Development Director de Sculpteo, dont vous êtes également porte-parole. Quels sont vos conseils pour la prise de parole lors d’événements aussi importants ?

Il est vrai que le CES constitue un enjeu important pour nous, d’autant que, cette année, nous avons présenté une innovation !
Plus jeune, j’ai pris des cours de théâtre. C’est bête, mais cela m’aide ! Surtout, prendre la parole en public devient plus facile avec le temps. Plus on le fait, plus on y prend du plaisir, et plus la boule au ventre rétrécit !
Je pense par ailleurs qu’il est bénéfique d’apprendre à se mettre en difficultés. Les études le montrent : un homme postule à un job lorsqu’il ne remplit que la moitié des critères d’embauche, là où une femme attend de cocher toutes les cases ! Concernant les opportunités de parler, je constate un peu le même phénomène : on refuse plus souvent que l’on n’accepte. Pour ma part, je mets désormais un point d’honneur à me lancer même lorsque je ne suis pas sûre de moi !

En 2014, vous avez créé la plateforme et le réseau Women in 3D Printing, visant à promouvoir les femmes de votre secteur. Pourquoi cette initiative ?

Lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis en 2013, j’ai été surprise par la manière de networker dans la Silicon Valley. J’y ai découvert de nombreux réseaux féminins, dans divers secteurs. Women in Tech en est un bon exemple. Il y avait aussi des groupes pour celles travaillant dans le manufacturing. Mais, au bout d’un moment, j’ai constaté qu’aucun de ces clubs ne correspondaient réellement à mon domaine d’activité, à la croisée de la tech et du manufacturing.
En parallèle, je commençais, de mon côté, à rencontrer quelques femmes officiant, comme moi, dans l’impression 3D. J’ai donc eu l’idée de créer un réseau fermé sur LinkedIn, baptisé Women in 3D Printing. Seules une dizaine de personnes en faisaient partie. Je ne me doutais pas que ce groupe virtuel allait grossir ! Chacune a rajouté des profils. Face à cela, j’ai décidé de créer une page Facebook et un compte Twitter pour Women in 3D Printing, ainsi qu’un site. J’y mets en avant des histoires de femmes travaillant dans l’industrie de l’impression 3D. Je cherche à montrer, à travers leurs interviews, notamment qu’il n’y a pas de voie royale pour travailler dans ce secteur. De fait, beaucoup de ces professionnelles ne sont pas ingénieures ! Moi-même, j’ai fait des études de droit et suis rentrée chez Sculpteo par le côté business.
Puis, nous organisons également nos 3D talks : des panels de trois ou quatre femmes sur un thème particulier. L’impression 3D est une industrie transverse, concernant aussi bien les domaines de la mode, de la santé, de la construction… Nous ne manquons pas de sujets !

A la base, pourquoi vous être orientée vers l’impression 3D ?

Un peu par hasard! Je suis tombée sur une annonce postée sur le site Monster. J’ai postulé. Je n’étais vraiment pas sûre de moi car je ne connaissais rien au secteur ! J’avais le choix avec un autre poste dans l’industrie pharmaceutique. Lors de l’entretien d’embauche chez Sculpteo, j’ai eu le déclic en voyant la machine d’impression qui était énorme ! J’ai trouvé cela fou !

Vous avez commencé à travailler chez Sculpteo à Paris en 2010. Vous occupez aujourd’hui un poste à responsabilités. Est-ce compliqué d’être manager dans un milieu encore essentiellement masculin ?

Chez Sculpteo, cela se fait assez naturellement ! Environ 40% de nos effectifs sont féminins. La vraie problématique se situe plus au niveau global du secteur de l’impression 3D. Mes clients, mes partenaires commerciaux, bref, mes interlocuteurs sont essentiellement des hommes. Il n’est pas rare que je sois la seule femme en salle de réunion. Il m’est également arrivé lors d’événements, d’être prise pour une hôtesse et non pour une manager de Sculpteo !

Forte de votre expérience, avez-vous des conseils leadership ?

En ce qui me concerne, les rôles modèles m’ont beaucoup aidée, notamment Sheryl Sandberg.  Je me suis notamment inspirée des prises de parole de certaines femmes influentes pour m’améliorer.
Plus généralement, je constate, comme beaucoup, que l’on reste dans un monde d’hommes blancs. Lorsque l’on est une femme (et plus encore, une femme issue des minorités), on est très loin du cadre dans lequel ont été instituées beaucoup de règles… Dans mon cas, la création Women in 3D Printing m’a permis de comprendre que je n’étais pas seule dans mon secteur. Selon moi, l’idéal serait de créer des groupes similaires dans tous les secteurs, même les plus inattendus : par exemple, il y a sûrement des tas de femmes conductrices de train qui ne se connaissent pas ! S’organiser en réseaux aide.
Puis, la création de mon groupe et du site a constitué un levier professionnel. Cela m’a permis de capter de nouveaux clients pour Sculpteo. Surtout, voir d’autres femmes évoluer a renforcé l’envie de me battre et de demander de nouvelles choses !

@clairebauchart

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