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Vie professionnelle: ces cadres qui veulent changer de vie

23.05.2017

Vous vous ennuyez en plein open space après des études exaltantes? Vous êtes loin d’être la seule! Le journaliste Jean-Laurent Cassely a consacré un livre à ces jeunes diplômés qui tournent le dos à certains métiers, peu de temps après être entrés sur le marché du travail. Décryptage d’un phénomène, pour l’heure très urbain.

“Dans mon entourage, beaucoup songent à démissionner, à changer de vie, faute d’épanouissement professionnel, de déceptions quant aux missions confiées. De quoi inspirer Jean-Laurent Cassely. Des désillusions de ses camarades, il a tiré un livre, La révolte des premiers de la classe: métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines (Arkhe).

Moins à perdre, plus à tenter

Le journaliste y analyse, enquêtes et interviews à l’appui, les motivations évolutives des jeunes diplômés, dans un monde tout aussi mouvant. “Les métiers à la cons n’ont pas de définition exacte, mais ils parlent à tout le monde”, ironise-t-il, précisant qu’ils ont pour point commun de ne présenter aucun intérêt aux yeux de ceux qui les exercent. Un concept vaste, renvoyant, explique-t-il, à une crise de sens profonde, ébranlant depuis quelques années ceux qui font leurs premiers pas dans la vie professionnelle. Ainsi, selon un sondage BVA mené en avril 2016, 35% des 18-34 ans s’estiment découragés par leur travail, exploités même pour 30% d’entre eux. “Etre très diplômé protège contre le chômage, pas contre le sentiment de déclassement“, assure de son côté Jean-Laurent Cassely. Une sensation entérinée par la tempête financière de 2008, laquelle aurait par ailleurs catalysé cette fameuse quête de sens revendiquée par la génération Y. “La crise accroît certes la précarité“, commente l’auteur. “Mais, quelque part, beaucoup ont moins à perdre qu’avant… et sont donc davantage poussés à tenter de nouvelles aventures.”

L’entrepreneuriat plébiscité

Un goût du risque en augmentation donc chez certaines catégories de la jeunesse, de plus en plus tentées par l’entrepreneuriat. D’après le Moovje (Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs), plus d’un tiers des lycéens et élèves de l’enseignement supérieur envisageraient de créer leur structure. 554.000 entreprises ont par ailleurs été fondées en 2016, selon les chiffres de l’Insee. Une hausse de 6% par rapport à l’année précédente.

Le contact humain remis au goût du jour

Et le monde de la tech n’est pas le seul à profiter de cet engouement créatif. “Une partie de l’artisanat connaît une sorte de revival”, constate Jean-Laurent Cassely, citant, entre autres, les métiers de l’alimentation, du petit commerce. “Dans un univers de plus en plus digitalisé, on assiste à une revalorisation du contact humain“, poursuit-il. Des reconversions sur lesquelles s’est penchée l’Apec (l’Association pour l’emploi des cadres), dans une étude de 2015: 14% des jeunes, de niveau Bac+5 ou plus déclarent avoir réorienté leur parcours de façon significative dans les deux années suivant l’obtention de leur diplôme.

Un phénomène bobo, mais…

Des changements choisis, bien loin de ceux imposés à d’autres tranches de la population. “La plupart de ceux qui sont en reconversion y sont contraints, notamment parce que leur métier ou leur entreprise disparaissent“, reconnaît Jean-Laurent Cassely. De fait, dans son livre, il se concentre surtout sur les aspirations des urbains, “un peu bobos“, concède-t-il, mais appelées à se diffuser plus largement. “A mon sens, ces jeunes diplômés sont des défricheurs dont la quête de sens pourrait, à terme, avoir un effet d’entraînement à bien d’autres.”

 

@clairebauchart

 

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