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Trouver la bonne idée

Trouver la bonne idée pour lancer son business, tel est l’objet du second article de notre série « Entreprendre ». A la fois philosophe de la créativité, mathématicien et senior advisor au cabinet international de conseil en stratégie BCG, Luc de Brabandere nous livre ici ses précieux conseils pour identifier LA bonne idée.

Conseil n°1 : Mettez de nouvelles lunettes pour voir le monde

Trouver des idées ne représente pas de difficulté majeure, nous en produisons chaque jour une myriade. Mais savoir identifier l’idée porteuse de succès et de créativité, voilà une autre affaire. Tel est le postulat que défend Luc de Brabandère dans son ouvrage La bonne idée existe, Thinking in new boxes co-écrit avec Alan Iny (éditions Eyrolles). « Les idées existent mais on ne les voit pas. Les meilleurs exemples se trouvent sur Internet : les plus importants succès du web ne sont pas nés au sein de grosses entreprises. Pourquoi par exemple Christie’s n’a pas lancé le concept Ebay ? Ce qui manquait, ce n’était pas un brainstorming classique, mais la capacité à voir que le monde avait changé», illustre-t-il.

Selon le spécialiste, il nous faudrait mettre de nouvelles lunettes pour voir autrement le monde, mais aussi nous-même. C’est cela, changer de modèle mental : s’extraire d’un cadre qui nous fait percevoir la réalité sous un certain prisme qui nous emprisonne de par notre culture, éducation, trajectoire professionnelle et personnelle… La réalité étant bien trop complexe, nous ne pouvons cependant nous passer de ces cadres mentaux qui nous permettent d’appréhender l’univers en le simplifiant. On ne pense donc pas « out of the boxes », mais « in new boxes ». C’est ce qu’a brillamment réussi Philips en devenant un acteur majeur de la santé avec la branche Philips Healthcare, plutôt que de voir son activité traditionnelle couler face à la concurrence asiatique. En anticipant le vieillissement de la population et en portant un regard nouveau sur la société elle-même, l’entreprise a su prendre un nouveau tournant avec succès.

Conseil n°2 : Développez la pensée inductive

Complétez la phrase : « Un exemple d’oiseau est… », « L’oiseau est un exemple de… ». En règle générale, vous aurez davantage peiné à compléter la seconde version, expliquent les auteurs dans l’ouvrage. Pourquoi ? Car la première fait appel à la déduction, tandis que la seconde sollicite l’induction. Or, la société occidentale a davantage tendance à privilégier la déduction, qui nous permet de raisonner et proposer des solutions en utilisant des modèles déjà existants. Mais pour Luc de Brabandère, la pensée créative, celle qui nous aidera à trouver l’idée neuve, est favorisée par la pensée inductive, qui laisse place à l’imaginaire, à de nouvelles associations personnelles.

Développer la pensée inductive, c’est déjà partir d’une observation sensible du monde pour créer notre propre modèle d’interprétation. C’est aussi « avoir conscience que ce que l’on voit est déformé par des biais cognitifs. Ce que l’on perçoit comme important pour nous renforce quelque chose que l’on espère. A l’inverse, on ne verra pas quelque chose qui nous menace. Ce que l’on perçoit est extrêmement subjectif », explique-t-il. En clair, notre prise de décision ne sera jamais parfaite, mais « il n’est pas rationnel d’être 100% rationnel dans ce monde ! ».

Conseil n°3 : Cherchez à être en rupture

Dans son livre, Luc de Brabandere parle de moments Eurêka !. Il s’agit ici de l’éclosion d’idées totalement nouvelles et surtout en rupture avec le cadre mental qui prédominait autrefois. Le consultant du Boston Consulting Group évoque notamment l’exemple mythique de BIC, qui de la simple production de stylos billes a imaginé vendre toutes sortes d’objets en plastique jetables (briquets, rasoirs…). On peut également citer le cas de Jonathan Rothberg qui a inventé un paradigme nouveau pour le séquençage de l’ADN, en utilisant non plus l’imagerie mais des semi-conducteurs.

Malgré tout, le spécialiste nous invite à rester prudent : on pouvait être en rupture hier et ne plus l’être aujourd’hui : « une bonne idée ne le reste jamais dans l’absolu. A un moment, on doit arrêter une stratégie, mais le monde continue à changer, et à un moment, l’écart devient trop grand entre l’idée et la réalité. C’est le problème d’industries légendaires qui meurent car leur bonne idée ne l’est plus, et ces dernières n’ont pas su se réinventer à temps ».

Conseil n°4 : Créez un climat de doute systématique

Dans son ouvrage, Luc de Brabandere propose une méthode en 5 étapes : la première consiste à douter de tout : à questionner des idées jusqu’ici fructueuses, et même à questionner les questions ! Durant cette première phase, il faut sortir de sa zone de confort, de son cadre mental comme précédemment expliqué. Il faut donc s’attendre à être déstabilisé, car le cerveau aime au contraire se rattacher à ses habitudes. Savoir identifier notre cadre mental est déjà une très bonne chose.

« La première étape est de se souvenir de la manière dont on pense : penser se fait avec des règles, et donc il faut bien avoir à l’esprit que tout en nous n’est que simplification. Cela est donc un brin déroutant. On peut aussi réfléchir à ce qu’est notre zone de confort ? C’est lorsque l’on induit par le même chemin que ce qu’on a utilisé pour déduire. C’est un concept qu’on utilise tout le temps », explique-t-il. A l’inverse, « la créativité est une logique qu’on comprend a posteriori. La créativité est pour moi la logique inattendue. Il faut être capable d’aller plus vite dans la création de cette logique », soutient l’auteur.

Conseil n°5 : Explorez le monde

L’étape n°2 pour trouver la bonne idée consiste à collecter un maximum d’informations. Non, les bonnes idées ne sortent pas du chapeau. Il s’agit déjà de tester l’existant, de savoir ce qui se fait et pourquoi par exemple cela n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui, en ayant au préalable changé ses lunettes ! Durant cette étape, Luc de Brabandère évoque notamment l’importance des Megatrends : ces tendances économiques, sociales, politiques, qui sont autant de précieux indices. Certaines se trouvent sous nos yeux : comme le changement climatique, et sont si grosses que personne ne les a prises en compte. Idem pour le printemps arabe qui n’a pas été anticipé. D’autres sont plus improbables, et peuvent s’avérer pertinentes. Durant cette phase, il ne faut pas hésiter à explorer les scénarios les plus fous.

« Le point de départ de la créativité, sa vraie raison d’être : c’est le monde. On doit être créatif car en Angola, en Chine, il se passe plein de choses. Imaginez : le monde compte trois fois plus d’êtres humains depuis que je suis né, forcément, on ne peut pas fonctionner avec le même système, il faut changer les règles », martèle l’expert.

Conseil n°6 : Réfléchissez à plusieurs

Une fois que l’on aura trouvé la bonne question sur laquelle plancher, il sera temps de laisser fleurir les idées. L’étape n°3 est celle où il s’agira de laisser libre-court à son imagination, pousser les scénarios à l’extrême, et surtout, bannir les « oui mais » pour les remplacer par des « oui et ». En clair, c’est l’étape où il ne faut pas s’imposer de limites, de contraintes, en s’interrogeant par exemple sur la faisabilité économique ou juridique du projet. Laissez parler vos idées les plus folles. Il faut savoir qu’une “idée ne naît jamais bonne. Il faut la manipuler, la tourner sous toutes ses formes (changer un ingrédient, la rendre plus glamour, visuelle). Les gens considèrent qu’une idée nouvelle est forcément bonne, mais non, il faut la pousser», explique le spécialiste.

Durant cette phase, il est important d’être plusieurs à réfléchir. D’ailleurs, « je crois qu’il est très rare que des gens réussissent seuls. Souvent, derrière de grandes marques, il y a des binômes, comme on le voit pour Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ou encore Rolls-Royce. C’est une preuve d’humilité et d’intelligence de se dire que si on a une idée, on la moitié », soutient Luc de Brabandère. Et d’ajouter : « on en revient à la question des lunettes, en multipliant les perspectives (avocat, ingénieur, artiste..), on a plus de chances de voir autre chose. La divergence, c’est accepter d’écouter l’autre ».

Conseil n°7 : Prenez des risques

C’est l’étape n°4 de ce processus de création, à dissocier absolument de l’étape n°3 sous peine de ne jamais faire éclore d’idées créatives ! Car dans cette nouvelle étape, il s’agit désormais d’intégrer les contraintes comme les ressources financières, les horizons temporels, la rentabilité. Cette idée doit aussi être en cohérence avec la stratégie globale de l’entreprise, ses valeurs…

Ensuite, il faut bien garder à l’esprit « qu’il n’y a pas d’innovation sans prise de risques. Il n’y a pas de certitude dans la créativité. Il faut donc un certain courage pour encaisser les coups, les critiques, accepter de se tromper, d’échouer. Mais si on ne veut pas se tromper, alors, on n’est pas dans ce monde-là », affirme Luc de Brabandère.

Conseil n°8 : Et repartez à zéro !

Le livre comporte une étape n°5 : réévaluer. En somme, c’est repartir à l’étape n°1 pour toujours se remettre en question. L’auteur conclut : « J’aurais écrit ce livre il y a 100 ans, je n’aurais mis que ces 4 chapitres. Mais nous sommes aujourd’hui dans le monde du « re ». Plus rien n’est acquis, tout s’accélère. Désormais, c’est en reforgeant qu’on reste forgeron ! »

Crédit Photo : Remodelista

@Paojdo

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